Six mois après sa première médiatique, Évangéline est de retour à la Salle Wilfrid-Pelletier dans une version qui témoigne de toute l’évolution de cette ambitieuse création québécoise. Alors que la production vient de franchir le cap des 50 000 billets vendus, ce retour confirme autant l’engouement du public que la solidité artistique d’un spectacle qui a su gagner en assurance au fil des représentations. Après Montréal, Québec, Trois-Rivières et Moncton, cette fresque musicale inspirée de l’histoire acadienne entame son ultime parcours avant de tirer sa révérence en septembre au Grand Théâtre de Québec.
Une œuvre qui a trouvé son rythme
Lors de sa création en février, la plupart des critiques saluaient déjà l’ampleur du projet. Tous reconnaissaient l’audace d’une production capable de raconter l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire acadienne avec les moyens des grandes comédies musicales contemporaines.
Au fil de sa tournée, Évangéline s’est considérablement affinée. Les scènes s’enchaînent avec davantage de fluidité, le rythme dramatique paraît mieux maîtrisé et l’équilibre entre les moments intimistes et les grandes envolées musicales est plus naturel. On sent une distribution qui possède désormais pleinement son spectacle et qui le porte avec une confiance contagieuse.
Maude Cyr-Deschênes, une Évangéline inoubliable
S’il est un point sur lequel la critique est unanime depuis la première, c’est bien la performance de Maude Cyr-Deschênes.
Sa prestation dépasse largement la simple démonstration vocale. Elle compose une Évangéline profondément humaine, dont chaque émotion semble sincère. Sa voix puissante, parfaitement maîtrisée, sert toujours le personnage plutôt que l’effet. Dans les passages plus intimistes comme dans les grands ensembles, elle impose une présence scénique qui captive constamment l’attention.
Rarement une interprète aura porté avec autant d’assurance une création musicale originale québécoise. Son incarnation constitue le véritable cœur émotionnel de cette production.
À ses côtés, Olivier Dion livre une prestation qui gagne elle aussi en profondeur. Plus nuancé qu’aux premières représentations, il développe une chimie crédible avec sa partenaire, donnant encore plus de force à cette histoire d’amour devenue légendaire.
La distribution, complétée notamment par Matthieu Lévesque, Raphaël Butler, Océane Kitura et Nathalie Simard, contribue également à la richesse de cette grande fresque où chaque personnage participe à faire vivre la mémoire collective acadienne.
Une mise en scène spectaculaire au service de l’histoire
La grande réussite d’Évangéline demeure toutefois sa capacité à conjuguer spectacle et émotion.
La mise en scène impressionne toujours autant par son souffle cinématographique. Les décors mobiles, les projections vidéo, les éclairages et les nombreux tableaux visuels créent des images d’une grande beauté sans jamais prendre le dessus sur le récit.
Les compositions de Steve Marin, les textes de Frédérick Baron et les orchestrations signées Yvan Cassar accompagnent admirablement cette montée dramatique. Les chansons s’intègrent naturellement à l’action plutôt que de simplement l’interrompre, permettant aux émotions de se développer avec justesse.
Cette alliance entre musique, scénographie et interprétation donne naissance à une œuvre ambitieuse qui assume pleinement son statut de grande production populaire.
Un succès populaire pleinement mérité
Le cap des 50 000 billets vendus constitue beaucoup plus qu’une simple statistique. Il témoigne de l’attachement du public envers cette histoire inspirée des racines acadiennes, de l’exil, de la résilience et de la préservation d’une identité culturelle.
Peu de créations musicales originales québécoises réussissent à conjuguer un tel succès critique et populaire. Évangéline y parvient grâce à une proposition artistique accessible sans jamais sacrifier sa qualité.
Son retour à la Salle Wilfrid-Pelletier jusqu’au 9 août, avant les ultimes représentations prévues au Grand Théâtre de Québec du 3 au 13 septembre, offre une dernière occasion de découvrir une production qui s’est bonifiée tout au long de son parcours.
Au terme de cette tournée, Évangéline laisse déjà l’impression d’avoir trouvé sa place parmi les grandes créations musicales québécoises des dernières années. Plus qu’une simple adaptation historique, elle est devenue une célébration vibrante de la mémoire acadienne, portée par une distribution remarquable et une production qui a atteint aujourd’hui sa pleine maturité.
Le spectacle musical Évangéline est présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 9 août pour terminer sa tournée québécoise au Grand Théâtre de Québec du 3 au 13 septembre 2026. Pour toutes les dates et billets : https://evangelinemusical.ca/
** Les photos ont été prises lors de la première montréalaise du 5 février 2026.










































Évangéline – Le spectacle musical
- Coauteure du livret (Dialogues) : Caroline Cloutier
- Coauteur du livret (Récitatifs et paroles) : Frédérick Baron
- Metteur en scène et directeur de création : Jean-Jacques Pillet
- Compositeur : Steve Marin
- Arrangements et direction d’orchestre : Yvan Cassar
- Productions : Gestev
Distribution
Maude Cyr-Deschênes (Évangéline Bellefontaine), Olivier Dion (Gabriel Lajeunesse), Océane Kitura Bohémier Tootoo (Hanoah), Nathalie Simard (Sœur Marguerite), Raphaël Butler (Beausoleil), Matthieu Lévesque (Baptiste Leblanc), Laurent Lucas (Père Félix), Dominique Côté (Benoît Bellefontaine), Guillaume Rodrigues (François Hébert), Noémie Durand (Jeanne), Frayne McCarthy (John Winslow) et Eloi Archambaudoin (rôles multiples).

Josée Laberge | Journaliste
Passionnée de musique depuis son jeune âge et ayant une formation de pianiste, Josée a des goûts musicaux très éclectiques. Dévorant la culture sous toutes ses formes, elle adore assister à des spectacles ou événements de tous genres, afin de partager sa passion pour la richesse de la culture québécoise et de ses nombreux artistes talentueux.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
