Parmi les nouvelles séries à surveiller de la programmation 2025-2026 de Crave en français, le drame psychologique Empathie attirera certainement beaucoup d’attention. La fiction de Florence Longpré se déroule à l’Institut psychiatrique Mont-Royal, et met en vedette plusieurs acteurs talentueux. Dix épisodes de 60 minutes seront mis en ligne dès le 10 avril sur la plateforme de Crave en français.
Voici une entrevue réalisée avec Florence Longpré lors du lancement de la programmation présenté le 14 janvier. En plus de ses fonctions de scénariste, elle interprètera le personnage principal de Suzanne, psychiatre de l’Institut.
Présente-moi ta nouvelle série.
Empathie se déroule dans un hôpital psychiatrique qui est un peu calqué sur Pinel ou Louis-H. L’unité où se déroule la série accueille des patients qui ont soit commis des crimes graves ou qui sont considérés comme un danger pour les autres ou pour eux-mêmes. Donc, il y a des cas assez lourds. La série essaie de comprendre qu’est-ce qui fait que quelqu’un se retrouve à cet endroit-là et c’est quoi les circonstances qui peuvent mener à ça. On suit toute leur réhabilitation et le traitement qui peut être thérapeutique ou médicamenteux. On suit aussi le personnel soignant de cette unité-là dont un intervenant, qui s’appelle Mortimer, qui est l’un des rôles principaux. Celui qui l’incarne est un acteur originaire de la France, soit Thomas N’Gijol. C’est un grand humoriste français qui interprète pour la première fois un rôle assez dramatique. Il est drôle quand même évidemment, mais il nous présente autre chose. De mon côté, je joue une psychiatre. Ces deux protagonistes ont eux-mêmes des enjeux de santé mentale. Comme quoi, le principe du cordonnier mal chaussé peut atteindre tout le monde.
C’est encore tabou de parler de santé mentale, et surtout d’aller dans un institut psychiatrique. Comment te sens-tu d’attaquer ce sujet qui est un puits sans fond ?
C’est un puits sans fond, exactement. C’est sensible aussi, mais je pense que c’est nécessaire. J’ai beaucoup appris en écrivant ça. J’ai été suivie par deux psychiatres qui m’ont aidée à écrire tous les scénarios, ils ont été présents pendant le tournage aussi. J’ai rencontré beaucoup de patients qui étaient passés par un institut psychiatrique ou qui avaient, dans un moment dans leur vie, eu des épreuves au niveau de leur santé mentale ou qui étaient atteints de schizophrénie, par exemple. Ils m’en ont parlé ouvertement. Sans faire de mauvais jeu de mots avec le titre de la série, mais déjà comme autrice, j’avais une certaine empathie parce que j’ai rencontré des gens qui l’ont vécu. Ils m’ont expliqué comment ils se sentaient, comment ils sentaient le regard des autres sur eux et ils m’ont dit ce qu’on peut faire quand on n’est plus en contact avec la réalité.
Voudrais-tu définir un peu ton personnage ?
C’est quelqu’un de très spécial. Elle a un côté très rigide et académique dû à son éducation et sa spécialisation, mais elle a aussi une approche complètement originale. C’est une originale à qui il est arrivé toutes sortes d’épreuves qui ont fait qu’il y a une espèce de laisser-aller chez elle. Ces deux trucs-là ne vont pas nécessairement ensemble, mais c’est intéressant de les voir se côtoyer. De jouer ça, c’était le fun aussi. Autant c’est une médecin qui connaît ses patients, autant elle se promène en basket, elle a comme d’autres manières de travailler qui peuvent déranger un peu parfois.
Et pourquoi la série s’appelle-t-elle Empathie ?
Pour toutes sortes de raisons. Parce que, parfois, on n’en a pas assez. Parce que, parfois, on en a trop. Parce que c’est tellement important en ce moment d’être capable de se mettre à la place de l’autre. Parce que l’on comprend aussi que, parfois, les circonstances dans nos vies mènent à certaines finalités. Donc, il faut être capable de se mettre à la place de l’autre pour comprendre ça. Je pense que, comme public, notre empathie va être challengée, parce qu’on se met à aimer des criminels, parfois, parce que l’on comprend d’où ils arrivent; que ce n’est pas leur vie ! On n’excuse pas leurs gestes, mais, du moins, on les comprend. Je pense qu’ici, on a de l’empathie pour certains patients de l’Institut.
Généralement, les personnes ayant des problèmes de santé mentale n’attirent pas nécessairement l’empathie. Alors, tu as l’impression de donner quelques …
… clés pour l’être, du moins, pour le comprendre. C’est sûr que ça va être différent. Chacun à son niveau. Par son vécu, il y a des choses qui nous rebutent plus, aussi. Il y a des gens qui ont tué des gens dans la série, ça peut être challengeant.
Qu’est-ce qui a été le plus grand défi pour toi?
Je dirais que le texte de cette série a été un grand défi parce qu’il y a une partie qui a été tournée assez rapidement dans mon cas. J’étais dans toutes les scènes. C’est un jargon médical. Parfois en fin de journée, j’inventais des mots. Je trouvais ça dur de rester concentrée pour que mon articulation sorte bien. Il y a eu de grandes scènes d’émotions, aussi, qui ont été à la fois le fun, mais aussi dures. C’est un mélange des deux.
Distribution : Florence Longpré, Thomas N’Gijol, Josée Deschênes, Denis Bernard, Lamia Benhacine, Lyraël Dauphin, Danielle Fichaud, Geneviève Alarie, Adrien Bletton, Etienne Béland, Linda Malo, Martin-David Peters, Sofia Blondin, Benoit Brière, Brigitte Lafleur, Jean-François Nadeau, Nicolas Michon, Igor Ovadis, Justine Prévost, Marie-Eve Morency, Alexandra Cyr, Jean-François Beaupré, Pascale Montpetit et Amélie Grenier.





Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Bonjour à ou aux personnes qui liront mon commentaire. Ayant travaillé dans le domaine de la maladie mentale, ça me touche beaucoup que vous ayez créé une série sur le sujet. Dans la population il y a beaucoup d’incompréhension, de jugements et de honte vis-à-vis cette maladie. Cependant je suis étonnée de l’image saisissante où Brigitte Lafleur et Benoit Brière sont photographiés côté-à-côté. La photo est une injustice de la représentation de la majorité des gens souffrant de cette maladie. Cette image où Benoit Brière et Brigitte Lafleur sont habillés et maquillés pour leur rôle dans la série ne correspond qu’à un très faible pourcentage des gens porteur d’un problème de santé de la sorte. Un sujet aussi sensible mérite d’être pris avec beaucoup de sensibilité et de tact. Ceci n’est que mon humble opinion. Cependant je serais curieuse de savoir si les gens concernés par ce problème sont d’accord avec l’image dévalorisante de la photo des 2 comédiens.