Pour son 15e album solo, intitulé Avoir su, l’auteur-compositeur-interprète Dany Placard se plonge dans la tranquillité. Le rock psychédélique de ses albums récents a été remplacé par le folk et le country, et le côté minimaliste crée une ambiance intimiste.
En effet, l’album parle beaucoup du deuil – à la suite de la mort de son chien, et de la solitude hivernale. Il y a des chansons comme Promener le chien et Stormy, qui soulignent l’importance de son animal de compagnie. Celles comme Ton sourire englobe la tristesse et le vide d’être loin de sa conjointe, Julie Doiron, et dans J’espère chaque jour et Maison on est transporté au cœur de la froideur.
Le lancement à Québec
Un lancement pour Avoir Su a eu lieu à L’Anti Bar & Spectacles, à Québec, le jeudi 26 septembre. C’était le premier spectacle d’une mini-tournée et Dany était accompagné par ses musiciens et Julie à la voix. Il a présenté de nouvelles chansons ainsi que des classiques qui faisaient chanter et bouger la foule, par exemple, Parc’qui m’fallait, Tu me manques, et Full Face. Vers la fin de la soirée, l’ambiance ressemblait à une fête, comme si on faisait partie d’un rassemblement amical dans un chalet dans les bois.
La première partie du spectacle était Érika Hagen, une auteure-compositrice-interprète de Québec. Elle a présenté ses chansons, dans lesquelles les paroles coulaient comme de la poésie et où le quotidien était raconté (qui comprenaient des histoires de fantômes dans la ville), d’une manière intime et toute souriante. Au lieu d’être rejoint par son band, ce n’était qu’elle et sa guitare électrique.
Dany Placard est aussi un grand collaborateur; il a réalisé des albums de Sara Dufour, Guillaume Bordel, Laura Sauvage, et Douance, entre autres. Le premier album d’Érika Hagen sera aussi réalisé par Dany Placard.
Derrière l’album
On lui a parlé avant son spectacle pour en savoir plus sur Avoir su.


Ton lancement ce soir à Québec est avant la sortie de l’album. Est-ce que c’était une décision consciente? Vu que la plupart des chansons seront inconnues de la foule, penses-tu que la vibe sera différente?
J’ai toujours rêvé de faire un spectacle avec des nouvelles chansons avant que l’album soit sorti. Ça va créer une surprise pour tout le monde.
Parmi les 12 chansons sur l’album, on va en jouer neuf. Il y aura aussi plein d’autres chansons de tout mon répertoire, ce qui inclut les chansons psychédéliques.
Cet album est très folk/country et c’est comme un retour aux sources. Quelle a été la motivation derrière son son?
Depuis la pandémie, je joue presque seulement de la guitare acoustique. J’avais aussi envie que les chansons soient plus intimistes et personnelles. La musique folk se prête plus à ça, je crois.
Est-ce que tu avais écrit les chansons avec le thème de l’album dans ta tête ou est-ce que tu avais rassemblé les chansons lorsque l’idée est née?
Au fond, c’est environ six mois de ma vie, avec la mort de mon chien et toutes ses affaires-là. Ensuite, le printemps est arrivé et c’est pour ça que la fin du disque est plus joyeuse. C’est après que j’ai mis les chansons en ordre et mon gérant m’a dit que, finalement, ce que j’avais fait était un album concept sur mon chien. Ce n’était pas prévu d’avance.
L’album est très introspectif et parle de moments personnels. Quel a été le rôle de la musique dans ces moments difficiles? Est-ce que tu as l’habitude d’écrire tout de suite ou après, quand tu réfléchis à ce que tu as vécu?
Ça dépend. Il faut que l’inspiration vienne puis, après ça, ce que tu vis ou ce que tu as vécu va transmettre. Je commence à écrire directement après avoir vécu quelque chose. Ensuite, le soleil sort et tout va bien.
Il y a aussi des chansons qui parlent de la mélancolie hivernale et de l’ennui des grands espaces. Pourrais-tu parler plus de ces endroits?
En fait, ça parle beaucoup de ma conjointe. Elle habite en partie au Nouveau-Brunswick, à la campagne, et parfois, on peut passer un mois ou deux mois sans se voir. Quand j’ai écrit la plupart des chansons, j’étais à Montréal. J’habite dans le quartier Petite-Patrie.
Alors cette mélancolie hivernale était plus à Montréal…
Oui, les hivers sont difficiles à Québec et à Montréal. Quand la neige fond, c’est un peu dégueulasse. Ça ne donne pas vraiment le goût de sourire et de danser.
Est-ce qu’il y a des artistes que tu as écoutés pendant ces périodes, peut-être pour le confort, qui a influencé le genre de l’album?
En fait, pour les disques précédents, j’écoutais beaucoup de musique psychédélique. Je me suis remis à écouter des disques classiques que j’écoutais avant, comme Neil Young et Bob Dylan, mais ça fait déjà partie de moi. Je n’ai pas écouté tant de musique que ça pour la création de cet album. Habituellement, quand la période de création commence, je n’écoute pas beaucoup de musique pour ne pas qu’elle m’influence, et pour essayer de trouver mon propre filon. Je vais avec mes acquis.
Pourrais-tu parler des gens avec qui tu as travaillé et comment t’ont-ils influencé?
Oui, totalement. Il y a Charles Guay, le batteur. Il a réalisé l’album avec moi. Après ça, il y a Nicolas Beaudoin, à la guitare, et Marc-Olivier Tremblay-Drapeau à la basse. Julie a fait de la voix. Léandre Bourgeois, le claviériste, est venu passer deux jours avec nous. C’était vraiment coloré. Au début, il n’y avait pas de lapsteel, donc j’ai dit à Nicolas de le jouer. Ça a vraiment donné une touche plus country. Les gens avec qui j’ai travaillé ont vraiment coloré cet album.
C’est chouette que vous jouiez tous ensemble pour ces spectacles.
Oui, c’est tout le groupe d’origine.
Étant donné qu’Avoir su est ton 15e album solo, comment le décrirais-tu par rapport aux autres?
Je pense que c’est mon disque le plus personnel et je pense que c’est le disque où j’ai fait à 100% ce que je voulais vraiment faire.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Jules Boislard Gauthier
