Nous sommes allés à la rencontre de la troupe de Chicago qui était en pleine répétition pour les spectacles qui s’en viennent à l’Espace St-Denis de Montréal du 21 juin au 27 juillet 2025.
C’est plus de 15 musiciens et 35 artistes que nous retrouverons sur scène dans cette production rassembleuse. C’est définitivement unanime, Chicago saura réunir les gens, et ce malgré sa création d’il y a plus de 50 ans. La pièce fête ses 50 ans le 3 juin 2025, elle qui a été présentée pour la première fois sur Broadway le 3 juin 1975. C’est en grand que cette répétition a levé le ton, puisqu’une surprise attendait la distribution : plus de 50 000 billets vendus pour Chicago, au plus grand plaisir de tout le monde présent sur place. Une belle surprise qui a permis à Juste pour rire de libérer de nouvelles places disponibles à 50$ au deuxième balcon afin de répondre à la grande demande du public. Courez !


Mélissa Bédard
« Hey 50 000 billets ! En 2025, c’est gros ! Ça montre que les gens ont encore envie de sortir et passer une bonne soirée en compagnie d’êtres humains et seulement se rassembler et vivre un moment ensemble. »
– Mélissa Bédard.
L’expérience de « gang » et l’esprit d’équipe rappellent à Mélissa Bédard son passage à Star Académie en 2012. Je me suis entretenu avec elle pour en savoir plus sur son rôle de Mama Morton. « Une grosse production comme celle-là me fait me sentir de retour directement à Star Ac. Chacun apporte son énergie et sa couleur et c’est vraiment le plus beau des cadeaux de pouvoir faire Chicago. Le rôle de Mama, ça me colle bien. Elle est plus business que moi. C’est la boss de la prison, alors elle veut que ça lui rapporte, mais elle pense aussi au bonheur des filles qui sont là derrière les barreaux. L’instinct maternel, ça me parle. Jouer à la télé c’est vraiment différent du live chaque soir. Si on compare à M’entends-tu ? qui était très près de moi. Dans Chicago, c’est un équilibre entre être dur et ma personnalité plutôt souriante et le côté maman avant tout.


Si on me l’avait proposé il y a cinq ans, je crois que j’aurais refusé tellement c’est gros et je ne me faisais pas autant confiance, mais quand ils m’ont approché cette année je ne voulais pas m’arrêter à mes petites peurs intérieures ou à mon sentiment d’imposteur. Je me suis dit :«Il faut que je fonce. Définitivement, c’est Véronic DiCaire qui m’a mentionnée, alors je n’ai pas eu d’autres choix que d’aller de l’avant et j’ai été totalement convaincue à plonger dans ce spectacle à pied joint et relever le défi ».
Véronic DiCaire


Frédérique Mousseau
Frédérique Mousseau enchaîne les comédies musicales. De Waitress à La Corriveau : La soif des corbeaux et maintenant à Chicago, elle ne cesse de briller. Elle nous parle de son parcours et de son rôle dans l’ensemble. « Comme j’ai fait de la danse de l’âge de 4 à 17 ans, c’est vraiment un rêve qui se réalise de revenir à un rôle ou la danse est mise complètement de l’avant. J’adore les revues musicales, le chant et le jeu et je crois qu’on ne m’avait pas vu sous cet angle depuis longtemps. »
« Quand les auditions ont été annoncées, j’ai vu ça comme une opportunité en or aussi personnellement de me mettre encore plus en forme physiquement et d’être au top de mon art, tout en lâchant prise sur le résultat. Finalement dix jours plus tard j’ai eu le rôle et ça s’est aligné. C’est un spectacle qui demande énormément d’endurance, de vigueur, de concentration et d’énergie. Chicago, ça permet de mettre les femmes fortes de l’avant et ça, c’est inspirant. Notre chorégraphe de New York m’a déjà dit de ne jamais m’excuser pour ma grandeur et ma splendeur dans mon corps. » L’histoire, c’est des femmes fortes en 1920 qui, pour la première fois de leurs vies, ont le droit de s’affirmer. Malgré le fait qu’elles aient commis un crime, il y a une libération désarmante.


Ça va vite les répétitions, mais j’évolue tellement dans la bienveillance. L’esprit d’équipe est hors du commun et ça me permet de grandir et d’être fière de moi là-dedans. Tout le monde s’inspire et s’entraide selon leurs forces respectives. Pour moi, c’est les chœurs et la lecture à vue grâce à mon passé en musique. Comme il y a beaucoup de grandes danseuses, elles m’aident à peaufiner certains détails dans les mouvements et le style Fosse. L’équipe est riche d’expérience, de ressources, de bienveillance et il y a des filles qui l’ont fait il y a 20 ans, alors on est très proches les uns des autres grâce à ça. Chaque personne pense aux autres en même temps que d’apporter son unicité et sa propre expérience ou sa touche d’humour.
C’est dans les petites attentions que l’on remarque que Véronic s’occupe de nous par exemple en apposant des nouvelles paroles de dernière minute en arrière-scène pour nous aider. Parce que je le rappelle, tout va tellement rapidement. Tout le monde est gentil. Mélissa d’ailleurs est hilarante, sa personnalité rend les choses légères et drôles, elle qui n’a jamais encore fait de musical, elle ne cesse de nous éblouir. Et que dire de ses performances chantées qui nous laissent tous bouche bée. C’est un projet qui arrive dans une suite logique, mais qui en même temps semble une irréalité. L’an dernier, on a aussi eu le privilège de recevoir la plaque d’or pour les 50 000 billets vendus pour Waitress et je me dis quelle chance que je sois dans Chicago cette année et que cela me permette d’être épanouie et qui je suis à 100%. On peut s’attendre à de gros numéros marquants. »


Jose Flores
Jose Flores, que l’on a pu voir précédemment dans la comédie musicale Hair et à Révolution en 2019 nous parle des différences entre ce qu’il a fait avant et Chicago. « On se doit d’être fidèle à la création originale et Garry qui se faisait chorégraphier par Bob Fosse lui-même. Son savoir est particulier et inestimable, en plus d’être reconnu mondialement. L’essence clé dans Chicago, ça vient de là. C’est dans les détails que ça se joue. Parfois, on a envie de donner beaucoup, dû à mes expériences dans les spectacles auxquels j’ai participé avant, mais celui-ci c’est tout à l’intérieur. Ne pas tout révéler afin de donner envie d’en savoir plus. En tant qu’artiste, c’est facile de vouloir montrer sur scène et dire « Regardez-moi ! », mais on veut jouer dans les énergies. Alors c’est tout un travail qui est différent surtout au niveau de la mémoire musculaire et physique, dans la manière de faire les mouvements et contrôler l’image, et ce tout en chantant beaucoup.



L’ensemble est complètement immergé dans les scènes et on a des défis vocaux et de belles harmonies tout en laissant percevoir nos singularités et notre personnalité. Le charisme c’est le défi …. et de ne pas tout donner au complet. Ça m’amène ailleurs dans ma carrière. C’est le fun d’être choisi et d’avoir la confiance de Broadway afin de présenter un produit de haut niveau et un spectacle de haute voltige, avec un orchestre. C’est déjà bâti et on va arriver avec une assurance j’en suis certain. L’ensemble et une compagnie et c’est super challengeant et stimulant ». Son expérience avec Collective Corpus, son collectif de danse servira certainement cette cohésion d’équipe des plus chaleureuses.
Autres membres de la distribution













Photos d’une répétition












Audrey-Anne Séguin | Journaliste

