Catherine Dorion n’a jamais eu froid aux yeux. Ex-politicienne, essayiste et figure engagée, elle débarque sur scène avec son premier one-woman-show, , où elle s’exprime sans filtre, fidèle à elle-même. Passer de la politique au spectacle, c’est un pari audacieux, mais elle le relève avec son style bien à elle. Son aisance sur scène est formidable! La première montréalaise de Sciences po 101 a été présentée le 19 mars à la Cinquième Salle de la Place des Arts.
Une mise en scène épurée au service de l’authenticité
Dès qu’elle entre en scène, on comprend qu’elle n’a pas besoin d’artifices. Pas de décor extravagant, pas de mise en scène trop élaborée de la part d’Alexandre Fecteau : elle mise sur l’authenticité pure et dure. Son approche est directe, presque intime, comme si elle discutait avec des amis. Elle oscille entre confidences et coups de gueule, mêlant humour piquant et moments de vulnérabilité. Elle utilise essentiellement un projecteur sur lequel elle nous montre des images, des photos d’archives et des montages artistiques.
Une réflexion engagée sur la société
Le spectacle touche à ses thèmes de prédilection : la politique, le pouvoir, l’isolement social et la quête de sens dans un monde formaté. Avec son regard aiguisé, elle démonte les rouages du système, partage des anecdotes percutantes de son passage à l’Assemblée nationale et pose des questions sur la place des marginaux dans notre société.
Entre colère et douceur : un jeu d’équilibriste
Ce qui marque, c’est son habileté à passer de la colère à la douceur. Parfois explosive, parfois introspective, elle sait comment maintenir l’attention et faire réfléchir. Son humour arrive souvent par surprise, désamorçant un moment de tension ou soulignant l’absurdité de certaines réalités.



Une approche parfois trop simpliste
Mais par moments, le spectacle donne l’impression d’un cours de développement personnel un peu trop basique. Certaines réflexions, bien que sincères, manquent parfois de profondeur. Ceux qui aiment les grandes envolées philosophiques y trouveront peut-être des limites, tandis que d’autres apprécieront la simplicité du message.
Dans la salle, les réactions sont variées. Certains rient fort, d’autres écoutent en silence, captivés. Une chose est sûre : elle ne laisse personne indifférent. On sent qu’elle aime provoquer, susciter le débat et forcer son auditoire à sortir de sa zone de confort.
Un duo qui dynamise le spectacle
Un élément surprenant du spectacle est la présence sur scène d’un acteur, Vincent Massé-Gagné, qui partage le jeu avec elle et co-signe également l’écriture. Son rôle oscille entre complice et contrepoint, ajoutant une dynamique intéressante aux échanges. Tantôt soutien, tantôt catalyseur des réflexions de Dorion, il permet d’éviter l’effet monologue et d’apporter un peu plus de rythme à l’ensemble. Leur complicité est palpable, et son apport à la mise en scène rend le spectacle plus vivant et nuancé.
Un format hybride et personnel
Ce premier spectacle ne ressemble ni à un stand-up classique ni à une pièce de théâtre engagée. C’est avant tout une prise de parole libre, un prolongement naturel de son parcours. Catherine Dorion n’a pas fini d’étonner, et cette nouvelle forme d’expression lui va comme un gant.

Annie Roy | Journaliste
Diplômée de l’École de théâtre et détentrice d’une Maîtrise en Communication, Annie est passionnée des arts depuis sa tendre enfance. Elle est une femme déterminée et très polyvalente qui allie l’animation radio, le mannequinat, le jeu, le journalisme culturel, le chant, la gestion d’artiste et l’enseignement au primaire depuis plus de 15 ans. Grande voyageuse et très « foodie », elle aime découvrir de nouveaux endroits.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Ludovic Gauthier

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