Entre haute gastronomie, chaos et élans très humains, Casse-Gueule s’impose comme une nouvelle comédie dramatique savoureuse qui explore les dessous fébriles de la restauration montréalaise. Les deux premiers épisodes ont été présenté lors d’un visionnement de presse tenu le 9 février, avant son arrivée sur Crave le 12 février.
Découvrez nos entrevues avec Mylène Mackay, Zouheir Zerhouni et Estelle Fournier ainsi qu’un extrait d’une entrevue réalisée antérieurement avec Émile Schneider.


Distribution
Émile Schneider (Clovis Lambert)
Présente-moi ton personnage ?
Clovis, c’est un jeune chef. J’ai ce rôle-là depuis janvier, à peu près. J’ai décidé de me consacrer uniquement à la création de ce personnage, qui a traversé une vie particulière, tumultueuse. C’est un gars qui a fait toutes les étapes en cuisine. La cuisine, ça l’a sauvé — il venait de la délinquance, d’un contexte familial complexe. Il a commencé avec son oncle dans une binerie à Saint-Henri, il a fait les écoles, il a roulé sa bosse. Il s’est même retrouvé dans un resto étoilé Michelin, où il travaille avec un chef, René Lacombe, qui devient à la fois son maître… et son tortionnaire. Il apprend à la dure, comme bien des chefs.
Mais Clovis fait partie d’une génération qui veut changer la cuisine. Il a un rapport plus humain, plus sensible à la nourriture et à la création. C’est un créateur intense, un peu fou — un genre de jeune Mozart des fourneaux. Il est encore délinquant sur les bords, il fait le party, il part sur des brosses… mais des événements vont tranquillement le forcer à se replacer.


Il va se faire crisser dehors de son grand restaurant et il va décider de partir son propre établissement. Il embarque là-dedans avec son meilleur ami et sous-chef, Ben (Zouheïr Zerhouni) — un Franco-Marocain qu’il a ramassé dans la rue, qui a commencé comme plongeur et qui est devenu un chef à part entière. Et il y a aussi Manon (Mylène Mackay), sa meilleure amie et amante. Sommelière émérite, c’est un peu le cerveau du trio.
C’est donc l’histoire de trois personnes qui décident de créer un resto ensemble… À travers tout ça, sa fille (Estelle Fournier) revient dans sa vie. Elle a 18 ans, il l’a eue quand il en avait 17. Il va devoir réapprendre à vivre à travers elle.
Mylène Mackay (Manon Lemay)
Présente-moi ton personnage.
Je joue Manon Lemay. On dit souvent dans la série que c’est la meilleure sommelière au Canada — ce n’est pas un petit titre. Ça veut dire qu’elle a énormément étudié pour en arriver là. Elle est complètement passionnée par son métier, elle a une formation en affaires et elle est brillante, ambitieuse.
Elle entretient une relation avec le personnage d’Émile, dont elle est l’amante, et il y a beaucoup de tensions entre eux. Ça vient parfois la défocaliser, alors qu’elle pourrait aller encore plus loin professionnellement. Puis elle embarque dans le projet de Clovis (Émile Schneider). On voit que pour elle, c’est difficile de dire non à Clovis. Elle veut lui dire non, elle sait que ce ne serait pas raisonnable… mais elle dit toujours oui. Ce n’est pas sa tête qui la guide, c’est son cœur. Elle sait qu’il est hyperactif, pas toujours fiable, qu’il ne lit pas ses courriels, qu’il est dans son monde — mais elle voit aussi à quel point il est talentueux. Elle perçoit le potentiel, même si elle sait que ce ne sera pas simple.
Qu’est-ce qui t’a le plus marquée de ce tournage-là ?
La passion d’Émile pour la restauration m’a énormément marquée. Sa rigueur, son travail en amont, tout ça amené sur le plateau. C’est un milieu que j’affectionne beaucoup, j’ai de la famille là-dedans et mon chum aussi, donc j’avais vraiment envie de faire honneur au monde de la restauration montréalaise, qui est culturellement incontournable.
J’aimais aussi l’idée de filmer Montréal comme ça, à l’extérieur, de sentir l’été, la ville, les personnages marcher, vivre, s’émouvoir. C’est une série très sensorielle. On dirait qu’on sent les odeurs, la chaleur, les tensions. Et même si les personnages forment une famille un peu dysfonctionnelle, ça a créé une vraie proximité entre nous.
Quel est le point fort de ton personnage ?
C’est une femme extrêmement intelligente. Elle va toujours trouver une façon de faire fonctionner les choses. Elle est brillante, travaillante, passionnée. Je pense qu’elle est trop orgueilleuse pour que son choix de suivre Clovis ne mène nulle part. Elle va vouloir prouver qu’elle a eu raison.
Sa plus grande faille, c’est probablement Clovis. Sans lui, ses affaires iraient vite et bien. Mais en même temps, ils se complètent. Elle aime le mouvement, le risque, elle a beaucoup voyagé, appris en France et ailleurs. Elle n’aime pas rester trop longtemps au même endroit. Donc partir avec lui, même si ce n’est pas rationnel, ça correspond aussi à son tempérament.


Une véritable “meilleure sommelière au Canada” choisirait-elle de suivre un chef comme Clovis, qui n’est pas encore réputé ?
C’est justement ce qui ne fait pas de bon sens… et c’est pour ça que c’est intéressant. Elle est au Panaché, dans un environnement stable, et tout à coup elle décide de suivre Clovis. Il faut vraiment qu’elle ne soit pas capable de lui dire non. Ce n’est clairement pas sa tête qui la guide à ce moment-là.
En même temps, je pense qu’elle avait envie de lancer quelque chose à elle depuis longtemps. Peut-être pas exactement comme ça, mais il y a en elle ce désir d’indépendance. Certains éléments de son passé viendront expliquer pourquoi elle en est rendue là.
Comment as-tu vécu la scène où tu rencontres le personnage d’Estelle, une scène marquée par une certaine intimité ?
Cette scène est très drôle et très bien écrite. C’était d’ailleurs ma scène d’audition, donc j’avais très hâte de la refaire. Elle montre parfaitement les paradoxes de Manon. Clovis se fait renvoyer, elle lui avait dit la veille qu’elle voulait aller plus loin dans leur relation, il lui répond non… et au lieu de tourner la page, elle revient avec des croissants et des fromages.
Elle fait semblant que c’est pour lui faire plaisir, mais au fond, c’est pour elle. Elle sait que ça ne marchera pas, il vient de le lui dire clairement, et pourtant elle continue. Il y a une forme de dépendance affective et de défi dans leur relation. C’est qu’elle est complètement dépendante de leur vie sexuelle, je crois. Lui aussi ne s’avoue pas qu’elle lui fait de l’effet. Je pense que si Clovis lui disait oui trop facilement, elle serait peut-être moins intéressée. Elle aime le défi et semble attirée par ce qui lui résiste. Si tout lui était offert sans effort, elle perdrait sans doute l’élan et le défi qui la stimulent.
Zouheir Zerhouni (Benjamin «Ben» Bouzaida)
Présente-moi ton personnage.
Ben est un Français installé à Montréal depuis quelques années. Il est le sous-chef de Clovis au restaurant Le Panaché. Il a un petit passé un peu sulfureux — que je ne peux évidemment pas divulguer — mais c’est surtout le meilleur ami de Clovis. Ils forment une très belle équipe tous les deux.
On va les suivre dans leurs aventures lorsqu’ils décident d’ouvrir le restaurant de Clovis. Ben devient alors l’un de ses meilleurs alliés pour lancer le Casse-Gueule.
Qu’est-ce qui t’a le plus marqué de ce tournage-là ?
Ça a été un véritable tourbillon d’émotions. C’était la première fois que je mettais les pieds à Montréal. Je rêvais de venir ici, mais je n’aurais jamais imaginé que ce soit pour un tournage québécois, et encore moins qu’on m’invite à faire partie d’un projet comme celui-là. J’étais extrêmement honoré.
J’étais à la fois très investi dans le travail et dans la découverte de la ville. C’était un été chaud, il y avait des festivals, de nouvelles amitiés se sont créées — j’ai presque plus d’amis ici qu’à Paris maintenant. Les journées de travail étaient très intenses : ici, on travaille dur, longtemps, fort. Le soir, j’avais à peine le temps de rentrer, de revoir mes textes, manger un petit quelque chose et me coucher. C’était beaucoup de rires, beaucoup d’excitation et énormément de moments marquants.
Est-ce un classique d’avoir un Européen dans une cuisine ? Tu incarnes cette figure en étant le seul Français à la fois au Panaché et au Casse-Gueule ?
Ça ne me mettait pas vraiment de pression, au contraire. J’étais fier de représenter ça d’une certaine manière. J’étais très heureux de pouvoir jouer un cuisinier français. Paris, c’est quand même la capitale mondiale de la gastronomie, donc il y avait quelque chose de très valorisant là-dedans.


Quel est le point fort de ton personnage ?
Ben est quelqu’un qui travaille beaucoup. Comme dit Clovis à un moment donné, « Ben, c’est le meilleur ». C’est quelqu’un qui se déchire au travail et à qui on a laissé une chance de s’en sortir. Il est très sérieux dans ce qu’il fait, mais aussi très festif : il est souvent en lendemain de veille, comme beaucoup de chefs. Il y a beaucoup de fêtes, beaucoup d’alcool dans ce milieu-là.
Mais surtout, c’est quelqu’un d’extrêmement dévoué en amitié. C’est ce qui m’a tout de suite plu quand j’ai lu la description du personnage. J’ai connecté immédiatement, parce que je trouvais que ce n’était pas de la composition : c’est très proche de moi. Cette gratitude envers les amis, cette loyauté à la vie à la mort… Ben, c’est le genre d’ami qu’on aime rencontrer et qu’on aimerait avoir dans sa vie. Moi, en tout cas, j’aimerais avoir un Ben dans ma vie.
En écoutant le premier épisode, où ton personnage n’est pas au meilleur de sa forme, penses-tu que le public peut s’y attacher ?
Quand on m’a présenté le personnage pour la première fois, on m’a dit que c’était un rôle qui allait faire aimer les Français au Québec. J’ai répondu : « Wow !» C’est une grosse responsabilité, et je l’ai prise à cœur. Je sais que vous nous adorez, les Français, même si parfois on peut un peu vous gosser. Mais il n’y a pas ici le cliché du Français. Certes, Ben peut être un peu soupe au lait, un peu colérique, mais c’est aussi ça qu’on aime chez lui.
Estelle Fournier (Zoé McGarrigle)
Quelle vision as-tu aujourd’hui de ton personnage ?
C’est drôle d’y replonger, parce qu’on a tourné l’été dernier et que j’avais rangé tout ça dans un coin de ma tête. C’est le fun de revoir Zoé à l’écran : c’est un tellement beau rôle. Zoé est une adolescente avec de vrais enjeux, malgré toute sa drive. Elle vit des choses complexes qu’on découvre au fil de la série, notamment sa quête pour renouer avec son père (incarné par Émile Schneider). J’aime redécouvrir tout ça, puis sentir l’équilibre entre l’humour et le drame propre à cette comédie dramatique.
Qu’est-ce qui t’a le plus marquée pendant le tournage ?
Ah mon Dieu, la bouffe ! On a tellement mangé sur ce plateau, c’était lunaire. Tout ce qu’on voit à l’écran, c’est pas mal ça. La scène où on mange de l’ours, c’était vraiment de l’ours, et Antonin Mousseau a fait un travail absolument spectaculaire.
Mais surtout, de voir René-Richard Cyr, Guy Nadon, Pascale Bussières, Mylène (Mackay) et Émile à l’œuvre, c’était extrêmement formateur. J’ai vraiment l’impression d’avoir appris énormément en tant que comédienne pendant ce tournage.
Comment as-tu vécu la scène où tu rencontres le personnage de Mylène, une scène marquée par une certaine intimité ?
On a tourné ça à la semaine deux, première scène du matin. «Allô, enchantée», on se connaissait à peine. Mais ce sont des scènes qui nous rapprochent, d’autant plus que ça bascule vite vers l’humour. On a pris le temps de la construire ensemble. C’est sûr que c’est une rencontre marquante, mais on en garde surtout de très beaux souvenirs. C’était vraiment une scène le fun à faire.



Qu’est-ce que Casse-Gueule t’a permis d’apprendre comme comédienne ?
J’ai appris énormément, surtout parce que c’était la première fois que je touchais autant au drame. J’avais fait du jeunesse, donc je savais que je pouvais faire de la comédie, mais je me demandais si je pouvais aussi faire du drame.
Travailler avec des comédiens que j’admire, voir leur méthode, leur préparation et la liberté qu’ils prennent, c’est incroyablement inspirant. Je n’ai pas fait d’école de théâtre, mais d’une certaine façon, c’est ça mon école.
Ta carrière semble prendre un nouvel envol auprès du grand public grâce à une quotidienne diffusée sur une autre chaîne. Comment vis-tu ce moment ?
C’est un peu surréel. On dirait qu’il se passe quelque chose. Depuis que j’ai 9 ans, c’est mon rêve, c’est décidé : ma vie est centrée là-dessus. Alors de sentir que j’ai des opportunités de développer des personnages qui me parlent autant, et de sortir de ce que j’ai fait auparavant, c’est un immense cadeau.
Je suis tombée sur quelques articles : c’est la première fois que je reçois autant de feedback. Je me sens vraiment choyée, surtout que les retours sont positifs, même si le personnage n’est pas facile à aimer. J’essaie de garder une certaine distance, mais c’est quelque chose de nouveau.
Vlad Alexis (Dustin Pelletier)


Pascale Bussières (Simone Draper)


Laurence Dauphinais (Jennifer McGarrigle)



Arielle Mailloux (Lili D’Astous-Brison)



Melania Balmaceda-Venega (Alicia)

René-Richard Cyr (Tony Chevalier)

Derrick Frenette (Junior Steve)

Charles-Émile Legault (Arthur)


Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
