En tournage cet été à Montréal, la série Casse-gueule promet une immersion aussi chaotique qu’émotive dans les coulisses de la restauration. Signée Frédéric Ouellet et Daniel Chiasson, cette comédie dramatique originale de Crave met en vedette Émile Schneider dans son premier rôle principal à la télévision, aux côtés de Mylène Mackay et Zouheir Zerhouni.
Voici nos entrevues avec Émile Schneider et Estelle Fournier, accompagnées de quelques photos captées lors de l’événement.
Distribution
Émile Schneider
Présente-moi ton personnage ?
Clovis, c’est un jeune chef. J’ai ce rôle-là depuis janvier, à peu près. J’ai décidé de me consacrer uniquement à la création de ce personnage, qui a traversé une vie particulière, tumultueuse. C’est un gars qui a fait toutes les étapes en cuisine. La cuisine, ça l’a sauvé — il venait de la délinquance, d’un contexte familial complexe. Il a commencé avec son oncle dans une binerie à Saint-Henri, il a fait les écoles, il a roulé sa bosse. Il s’est même retrouvé dans un resto étoilé Michelin, où il travaille avec un chef, René Lacombe, qui devient à la fois son maître… et son tortionnaire. Il apprend à la dure, comme bien des chefs.
Mais Clovis fait partie d’une génération qui veut changer la cuisine. Il a un rapport plus humain, plus sensible à la nourriture et à la création. C’est un créateur intense, un peu fou — un genre de jeune Mozart des fourneaux. Il est encore délinquant sur les bords, il fait le party, il part sur des brosses… mais des événements vont tranquillement le forcer à se replacer.
Il va se faire crisser dehors de son grand restaurant et il va décider de partir son propre établissement. Il embarque là-dedans avec son meilleur ami et sous-chef, Ben (Zouheïr Zerhouni) — un Franco-Marocain qu’il a ramassé dans la rue, qui a commencé comme plongeur et qui est devenu un chef à part entière. Et il y a aussi Manon (Mylène Mackay), sa meilleure amie et amante. Sommelière émérite, c’est un peu le cerveau du trio.
C’est donc l’histoire de trois personnes qui décident de créer un resto ensemble… À travers tout ça, sa fille (Estelle Fournier) revient dans sa vie. Elle a 18 ans, il l’a eue quand il en avait 17. Il va devoir réapprendre à vivre à travers elle.


C’est quand même un peu particulier que ta fille soit incarnée par Estelle …
Ça serait possible dans la vie. J’ai un enfant, j’ai 36 ans. Donc l’écart d’âge est possible. C’est quelque chose de particulier, oui. Je sais que visuellement, ça va être dur pour certaines personnes, mais ça existe. J’ai des amis à moi qui ont des enfants rendus à l’université, puis ils ont à peu près mon âge. Ça existe. Mais oui, il va y avoir un doute qui va planer.
Qu’est-ce que tu penses être la plus-value de ton personnage dans la série ? Qu’est-ce que Clovis apporte de plus ?
C’est la rigueur, le travail bien fait, la créativité. Il est très intense, mais aussi orgueilleux, un peu égocentrique. Il a plein de défauts. C’est un personnage principal dans une histoire pleine de défauts, qui veut gérer sa vie, mais qui a un cœur plein de blessures que, tranquillement, on va découvrir, même s’il ne les montre pas. Il est très fier, un peu cocky, mais en dedans, c’est un tendre, un grand enfant qui aime faire la fête et qui veut nourrir avec générosité, faire plaisir aux autres. Tous les chefs ont ce but : faire jouir les gens. Alors, c’est aussi le but de Clovis, faire jouir les gens.


C’est ton premier personnage principal à la télé. Comment tu te sens ?
Je me sens bien. Au début, c’est sûr qu’il y a une certaine pression. C’est différent d’aborder ce rôle, de plonger dedans, surtout quand tu es, d’une certaine façon, un leader. Mais au fond, c’est surtout de faire rayonner mon entourage. Ce sont tous des acteurs que tu veux voir donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est un peu comme être un pilier d’énergie, de lumière au centre d’un groupe, et tu veux que tout le monde soit excellent.
Je me concentre à être prêt, à être solide. Je suis vraiment préparé pour la cuisine. J’ai passé beaucoup de temps avec Antonin Mousseau-Rivard, qui a été mon coach. Dans la cuisine, j’ai lavé les grilles du four, fait la plonge, arraché une cinquantaine d’yeux d’agneau des carcasses. J’ai travaillé les produits, j’ai fait une grosse recherche. Je suis toujours intense dans mes rôles, je vais toujours au fond des choses. Quand j’ai fait Les armes, j’ai observé comment ça fonctionnait pendant un an. Là, ça fait six mois que je suis dans la nourriture, comme chef. C’est la même approche.
Estelle Fournier
Présente-moi ton personnage.
Alors, moi, je joue Zoé. Je suis la fille de Clovis, qui est joué par Émile Schneider. Mon père n’a jamais été présent dans ma vie. À 18 ans, je décide que je veux enfin savoir qui est cette fameuse personne. Je laisse donc tout derrière moi à la campagne et je pars pour la grande ville.
La série est centrée sur le milieu de la restauration — sur Clovis, qui ouvre un restaurant —, mais aussi sur cette relation père-fille, qui peut être assez conflictuelle. On ne se connaît pas, mais il y a une envie sincère de se découvrir… sauf qu’on ne sait pas trop comment faire. C’est une comédie dramatique, avec de très beaux enjeux. Je ne joue pas juste une adolescente en criss : il y a une vraie quête, que je trouve profondément touchante.
Tu vas travailler au resto de ton père, si je comprends bien…
Oui, je vais me joindre à la brigade. Je suis une ado, je suis jeune, j’ai une certaine naïveté… alors oui, je vais parfois les mettre dans le pétrin — mais je vais aussi, parfois, les en sortir.


Comment tu te sens d’être la fille d’Émile Schneider ?
Pour vrai, ç’a vraiment été un coup de cœur immédiat. Jouer avec Émile, c’est génial. Il a une super bonne vibe, c’est quelqu’un de tellement drôle et souriant. C’est vrai que c’est un peu drôle, parce que dans le passé, les gens qui jouaient mes parents étaient un peu plus âgés. Mais là, c’est vraiment le fun. Pour vrai, j’apprends énormément d’Émile et de tous les autres comédiens.
Qu’est-ce que tu penses être la plus-value de ton personnage dans la série ? Qu’est-ce que Zoé apporte de plus ?
Zoé apporte une drive un peu naïve. Parfois, dans la jeunesse, il y a cette volonté d’accomplir quelque chose qui vient aussi avec une certaine naïveté — le fait de ne pas encore connaître les règles, ou les impasses. On n’a pas nécessairement un gros bagage qui nous amène à se limiter ou à se décevoir. Zoé, elle amène une vibe de : « si on veut faire ça, on fonce et on le fait ». Je trouve ça vraiment cool à jouer.
Je dirais que c’est ça. Puis elle est vraiment cool, elle est chill. Elle a un sacré look gothique. Il y a un genre de clash, mais je la trouve vraiment le fun à incarner.
Comment te sens-tu de faire partie de Casse-Gueule ?
Pour vrai, c’est vraiment une belle surprise à laquelle je ne m’attendais pas. En fait, je n’avais rien prévu d’autre pour cette année, surtout pas une série comme celle-là, avec un personnage aussi important à défendre. C’est vraiment un cadeau incroyable. Je me sens vraiment choyée, pour vrai.
C’est aussi super motivant, parce qu’en jouant avec Pascale Bussières, Mylène Mackay, Émile… ce sont des comédiens que j’admire tellement. Ça me pousse à absorber tout ce que je peux, à apprendre le plus possible. C’est un vrai défi d’être entourée de comédiens de si grand talent, avec autant d’expérience.



Parce que oui, ton expérience avec Comme des têtes pas de poule t’a certainement apporté quelque chose d’enrichissant. Toutefois, ça reste principalement les mêmes comédiens de la saison 1 à la saison 4, tandis que l’aventure de Casse-Gueule te permet de travailler avec des personnes totalement différentes.
Tout à fait, et de jouer autre chose aussi. J’essaie vraiment d’aller chercher une profondeur que je n’avais jamais eu à explorer avant. J’apprivoise ce texte-là différemment. C’est un grand défi professionnel, mais c’est aussi un très bel apprentissage.
Qu’est-ce qui t’a le plus marquée jusqu’ici du tournage ?
C’est vraiment une espèce d’apprentissage constant. Je te dirais que l’équipe est absolument géniale. Je me sens tellement épaulée. C’est une équipe qui est dans le rire, dans la dédramatisation. On a tellement de fun.
Ce qui me marque, c’est de voir ces comédiens-là aborder les scènes avec autant de liberté. Je pense souvent à Pascale : elle joue avec une liberté qui est folle. Elle attaque les scènes avec un aplomb incroyable. C’est vraiment ça qui me marque le plus : observer ces comédiens-là aller… et tout absorber.
Zouheïr Zerhouni



Mylène Mackay


Guy Nadon


Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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