Sept ans après avoir présenté son album 5, l’autrice-compositrice-interprète Annie Villeneuve nous dévoile « Être moi », le premier extrait d’un album que la chanteuse affirme avoir très hâte de présenter plus tard cette année. Nous en avons discuté avec elle en plus de lui parler du spectacle Et c’est pas fini.
Comment présenterais-tu « Être moi » ?
Je m’amuse à dire que c’est l’ode au bilan de l’arrivée dans la quarantaine! C’est une belle grande réflexion, un beau grand questionnement, que je vis aux décennies. Historiquement, on parle de la crise de la vingtaine, trentaine, quarantaine… « Crise » n’étant pas exactement le bon mot en fait parce que, quand on les traverse, de fois en fois, ça devient le fun (rires)! De faire un bilan, de prendre ses distances et de regarder autour, ça nous permet de plus voir qui on est. Par exemple, quand on regarde une relation amoureuse, au début on croyait que ça pouvait marcher, finalement non, et ce n’est pas grave.
C’est fait comme ça, ce bilan-là. Le fait de se choisir ou de faire des choix, c’est important. C’est inspiré d’une phrase que ma petite sœur m’avait dite. Elle m’avait dit : « Annie, tu ne penses pas que le bonheur, c’est être courageux ? » Il faut faire des choix, fermer des portes pour qu’il y en ait d’autres qui s’ouvrent. Il faut apprendre à dire non et accepter de déplaire. Je suis une fille qui n’aime pas déplaire; c’est vrai que ça prend du courage pour mettre ses limites! C’est ça, la chanson, puis je l’ai accrochée à une histoire d’amour puisqu’on en vit tous et toutes.
La chanson est très actuelle puisqu’elle aborde la reprise de confiance en soi. En quoi était-ce important pour toi d’aborder un sujet comme celui-là ?
J’ai été convaincue pendant longtemps que le bonheur ou la recherche du bonheur pour me faire aimer et accepter était d’être parfaite, de m’approcher de la perfection le plus possible. On est perdus là-dedans parce qu’on ne réussit jamais! Évidemment, ça fait qu’on est toujours déçus de nous. On trouve que c’est injuste, on pense qu’on s’en approche, mais finalement ça n’arrive pas. Finalement, on se tourne vers quelqu’un qui a fait des gaffes, mais qui était plus drôle, plus attachant… Le bonheur ne réside pas dans le fait d’être parfait, et je n’ai pas compris ça tout de suite. J’ai compris ça sur le tard, donc c’était important pour moi d’en parler. C’est un des apprentissages les plus importants dans ma vie à date. Donc pour revenir en musique avec des chansons originales, je trouvais que c’était un très bon thème (rires)!
Le vidéoclip est d’ailleurs empreint d’authenticité puisque ce sont de vraies amies qui y figurent avec toi. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Je trouvais que ça représentait bien de façon honnête le retour aux sources. Qu’est-ce qu’il y a autour de moi quand je suis bien ? Il y a mes amies qui traversent le temps avec moi, avec mes bons et mes moins bons côtés, peu importe mon assiduité à leur téléphoner ou à leur rendre visite (rires)! Je trouvais que ça me représentait bien. On comprenait du premier coup d’œil ce que ça voulait dire. Quand j’ai fait écouter le vidéoclip aux gens autour de moi, les premières réactions que je notais étaient les sourires. Je me disais que c’était réussi!
« Être moi » est le premier extrait d’une série de nouveautés musicales à paraître cette année. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
D’ici la fin de l’année, c’est certain qu’il y a un nouvel album qui sera proposé. D’ici là, c’est sûr que ça ne sera pas le seul et unique extrait. Pour l’instant, j’ai trois chansons réalisées et prêtes, mais il va y en avoir plusieurs autres évidemment à suivre. Donc un album d’ici la fin de l’année et le plus tôt sera le mieux parce que j’ai hâte de monter sur scène pour présenter ces chansons-là. J’ai un bel horaire qui se dessine devant moi pour plusieurs belles années grâce à ce nouveau matériel! Ça va me permettre justement d’aller en salles, de rafraîchir les chansons que je peux faire devant le public quand je suis en festival aussi par exemple. C’est le fun, la nouveauté. Ça fait aussi du bien et c’est rafraîchissant!
Même si tu es toujours demeurée dans le paysage culturel, ça fait quand même sept ans que tu as fait paraître du matériel original. Dirais-tu que c’est important pour toi de prendre du temps entre les projets ?
Je veux vivre des choses. Je suis de ceux et celles qui ne se mettent pas de pression sur le temps entre deux projets. À l’opposé de moi, il y a d’autres artistes comme Roxane Bruneau qui sortent des albums rapidement, qui ont le goût de sauter d’une tournée à l’autre. Moi, j’aime ça quand c’est un peu plus aéré. Ce que j’aime de ma carrière, c’est que je peux faire plein de choses. Je touche à la radio, j’ai touché à l’animation télé et j’aimerais y revenir. J’ai plusieurs ambitions à la fois. Donc je ne suis pas une artiste qui ne fait que son matériel exclusif et qui passe d’un album à l’autre. Je n’ai pas ça en moi. J’aime mon métier parce que c’est un accordéon, un éventail de possibilités, et j’aime les exploiter, ces possibilités-là!

Dans un autre ordre d’idée, tu viens de faire deux spectacles avec les autres candidats et candidates de Star Académie 2003. Comment était-ce ?
Je pense que le temps s’est arrêté pour tout le monde, y compris nous (rires)! Ma fille était là, elle qui ne savait pas du tout de quoi ça avait l’air en 2003. C’était le fun de la voir avec ses grands yeux! C’était le fun pour nous, à l’interne, de se revoir. Les quatorze ensemble, on n’avait jamais fait ça. On ne s’était jamais tous revus comme ça. Et c’est le fun de voir que le temps n’a rien changé même s’il a continué. On s’aime profondément d’un amour fraternel. On a quelque chose en commun que personne ne va avoir au courant de leur vie. Même les autres années ne comprennent pas la première année et l’envergure que ça a eu.
Même les autres qui travaillaient sur la production peuvent saisir un peu, mais ils n’étaient pas devant la caméra à vivre ce qu’il y avait autour et ce qu’il y avait après. On est vraiment unis pour la vie. On était vraiment très, très heureux. Humainement aussi, de se retrouver et de se redécouvrir, c’était tellement le fun! On a aussi été dans les confidences parce qu’on s’est raconté comment on a vécu notre suite. On s’est vus un peu ici et là et on lisait les uns sur les autres dans les médias, mais vraiment de se revoir et pour les mêmes raisons… Tout le monde était là et en connaissance de cause! On a 20 ans de plus, plus d’expériences de toutes sortes. Cette fois, on savait que ce qu’on vivait était unique donc on a profité de chaque seconde. On était tous sur ce mode-là!
Tu as livré plusieurs de tes chansons lors de ces spectacles, mais j’aimerais te parler de « Quand tout ça sera fini », ta chanson sur l’album de l’édition qui servait de conclusion à l’aventure, d’une certaine façon. Comment était-ce de la rechanter 20 ans plus tard entourée des autres candidats et candidates pour le public ?
Les paroles avaient un impact gros comme le ciel! C’était spécial de chanter « quand la scène se démontera ». Je me demandais comment j’allais faire pour revivre ça. C’était émouvant! Il y a 20 ans, ça avait une autre signification. Cette année, c’était vraiment tout le monde qui était ému des paroles de cette chanson-là. Quand on a fait de la mise en scène, on avait tous une minute et demie, mais j’ai appelé Joël [Legendre] et je lui ai dit que cette chanson-là devait être complète. Pas parce que c’est moi qui la chante, mais elle est trop significative pour l’aventure.
On l’a fait devenir presque une chanson de groupe parce que, cette fois, les autres étaient sur scène avec moi tout le long et il y avait des images d’il y a 20 ans aussi qui étaient présentées. Comme tu l’as si bien dit, c’était vraiment une conclusion et ça ne pouvait pas être juste une minute et demie. Ça nous aurait manqué! J’étais bien fière de la refaire. C’était comme un cadeau! La production, au départ, m’a donné cette chanson-là, puis c’est vraiment une belle grande chanson. Stéphane Laporte, qui en est l’auteur, avait vraiment bien su mettre les mots sur une aventure qui était démesurée. Il voyait dans l’avenir mieux que nous (rires)!


Allons-y maintenant avec un peu de nostalgie! Partage-moi ton plus beau souvenir de Star Académie.
C’est sûr que je vais toujours me rappeler d’être allée voir Céline Dion à Las Vegas pour sa première puis d’être entrée dans les coulisses après. Elle connaissait nos noms, elle nous demandait des nouvelles. C’était spécial. On rencontrait notre idole, et elle nous reconnaissait! Ça reste un moment positivement troublant (rires)!
Si tu devais choisir une chanson que tu as interprétée pendant ton parcours, que ce soit une performance en solo, en duo ou en groupe, laquelle choisirais-tu, et pourquoi ?
C’est sûr que la première fois qu’on chante avec un artiste établi, c’est marquant. Moi, ma première chanson, c’était « Si Dieu existe » avec Sylvain Cossette. Dans les escaliers, ma robe rouge, mes cheveux frisés… Je vais toujours m’en rappeler! C’est marquant! Puis c’est marquant de recevoir sur le même show Claude Dubois qui n’est pas loin. C’est des icônes. Ça prend du temps à réaliser! Il y a aussi la chanson qu’on a fait en trio Suzie [Villeneuve] et moi, « D’aventures en aventures », avec Serge Lama. Il y en a plein (rires)! Quand j’ai fait Grease, aussi. Ça, c’était tellement le fun avec le groupe de filles et le groupe de gars! Je devenais Olivia Newton-John (rires)! Et comble de surprises, des années plus tard, je reprenais le rôle dans la comédie musicale! Il y en a vraiment plusieurs… Ces trois-là sont marquantes pour différentes raisons!
Parmi tous les apprentissages que tu as faits lors de ton parcours à l’émission, quels sont ceux qui te servent encore aujourd’hui ?
J’ai fait des apprentissages avant d’aller à Star Ac et sur la tournée avec Québec Issime, mais ça m’a confirmé que j’allais toujours vouloir arriver prête sur un plateau, tout le temps. Arrivée en étant prête, en étant sûre. Prête à ajouter du matériel au besoin, de la danse, des déplacements, des caméras, des amis, des interactions… Ça aide pour la polyvalence, aussi. Ça permet d’être capable de se revirer sur un dix cennes, le travail en amont. Star Ac a vraiment consolidé cet apprentissage-là. Je n’arrive jamais pas prête à un événement!

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Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!
