Au milieu des Américains, Alex Labbé est le seul pilote québécois à temps plein dans la série Xfinity. Il aborde les prochaines courses, qui lui seront plus favorables, avec beaucoup de détermination. Dès ce samedi vers 15 h 30, il sera sur le circuit d’Indianapolis, où il avait fini 8e en 2020.
Alex Labbé concourt avec sa Chevrolet #36 dans la seconde division de la National Association for Stock Car Auto Racing (NASCAR). Il est actuellement 20e après 19 manches sur 33, ayant eu un accident lors de la dernière compétition sur le Pocono Raceway à Long Pond en Pennsylvanie.
Le québécois est confiant, car il reste 14 courses. Ses circuits favoris sont : celui de cette fin de semaine à Indianapolis (62 tours, 243 kilomètres), routier, et celui de Charlotte, de type ovale, où il sera le 8 octobre, à Concord en Caroline du Nord (67 tours, 249,5 kilomètres) et où il s’est déjà classé 4e et 6e.
Le pilote de Victoriaville a débuté jeune avec le karting, puis a envisagé un temps la formule IndyCar et la Formule 1. C’est finalement vers l’âge de 13 ou 14 ans qu’il s’oriente vers la NASCAR.
Explications et rencontre avec un champion agréable et ambitieux.
Comment es-tu arrivé à être encore dans la course pour le top 10 dans une compétition finalement très serrée, et dans laquelle tout est encore possible ?
Nous avons eu un bon début de saison. Mais depuis un mois, de petits soucis nous ont contrariés comme des accrochages, en dehors de notre contrôle. Nous avons fortement abimé deux voitures, mais le vent devrait tourner en notre faveur. Nous restons en bonne position au classement et notre vitesse est bonne par rapport aux autres concurrents.

Quels sont tes atouts dans ce championnat ? Et sur le circuit d’Indianapolis ce samedi à 15 h 30 ?
J’excelle surtout sur les six circuits routiers où la conduite peut vraiment faire la différence, car ils comprennent des chicanes et nous tournons des deux côtés [comparativement à des circuits entièrement en ovale où les voitures tournent uniquement à gauche]. Au Texas, un bris mécanique est survenu alors que nous étions en 4e ou 5e position. Le circuit d’Indianapolis, ce samedi, est similaire et j’ai de réelles chances d’y finir dans les cinq premiers.
Nous avons de grandes ambitions pour cette fin de semaine. Finir dans les 10 premiers serait déjà une bonne performance, mais nous pouvons aller chercher un Top 5 ou une victoire.
Je suis aussi très compétitif sur le circuit de Charlotte, mon préféré, qui arrivera à la fin en octobre.
Quelle est la plus grande difficulté en NASCAR ?
La difficulté, mais aussi un défi, c’est d’être constant. Il y a 40 voitures sur l’année et 33 courses. Il faut rester en bonne position, dans les points.

Si l’on regarde les résultats, les courses sont très disputées et ouvertes. Les sept premiers du classement général ont gagné au moins une fois, les 30 premiers ont fini au moins une fois dans les cinq premiers.
C’est un style de NASCAR avec beaucoup de spectacles, car il y a des neutralisations ou des segments. Le peloton est très souvent regroupé. Il est du coup difficile de distancer des adversaires. Il faut piloter intelligemment, minimiser les risques pour ne pas se mettre dans le pétrin, et se retrouver au milieu d’un accident.
Est-ce que tu vois des endroits à Indianapolis où tu pourras faire une différence ?
Il y a beaucoup de combinaisons différentes sur cette piste, avec des virages lents et plus rapides. J’ai toujours eu de la facilité pour y effectuer des dépassements à la sortie du virage avant la ligne droite arrière, gardant beaucoup d’initiatives pour ça. Dans les chicanes très techniques, comme les virages 6 et 7, je suis à mon aise.
Le croquis du circuit de Indianapolis

Comment te prépares-tu ?
Avec mon équipe, nous regardons les courses antérieures avec les vidéos, mais aussi celles prises de l’intérieur des véhicules. Nous avons des données d’acquisition également pour pouvoir faire des analyses et aussi des comparaisons entre nos adversaires et nous.
Avec la simulation Iracing, que j’utilise beaucoup, je fais 150 tours avant le jour J, nous courons avec d’autres personnes et nous essayons d’en retirer le maximum d’avantages. Après, jusqu’à la course, nous nous occupons avec la Team des réglages de la voiture, sans nous occuper du pilotage.
Et pour la préparation physique…
Je fais du cardio et du vélo pour mes jambes, surtout avant Indianapolis, un circuit où notre corps est fortement sollicité.
Quand vous finissez une course, comment vous sentez-vous ?
Tous les pilotes sont déshydratés. Il fait excessivement chaud dans l’habitacle, entre 45 et 50 degrés Celsius, pendant les 3 h de temps. Dans cet environnement des ampoules se forment aux mains et aux talons, ajouté à cela une exposition au monoxyde de carbone. Je m’hydrate le plus possible très rapidement après la course, et si je vois que cela ne suffit pas, je n’hésite pas à aller à l’infirmerie.

Site internet des séries Xfinity de la NASCAR : nascar.com/nascar-xfinity-series
Site internet du pilote Alex Labbé : alexlabberacing.com/fr
Photos : Courtoisie

