La comédie musicale Évangéline commencera ses représentations en février 2026. Cependant, il est dès aujourd’hui possible de se mettre dans l’ambiance grâce à l’album du spectacle musical. Pour l’occasion, nous avons été conviés à une journée d’entrevues afin d’en apprendre plus sur ce magnifique projet qui dépeint d’une nouvelle manière le drame de la déportation des Acadiens ayant débuté en 1755.



Entrevues
Maude Cyr-Deschênes
Évangéline, c’est un nouveau spectacle, donc un spectacle constitué exclusivement de nouvelles chansons. Qu’est-ce que tu préfères de cette nouveauté-là ?
Moi, ce spectacle-là, c’est sûr que c’est spécial que ça soit une nouvelle création, mais en plus, ce que je trouve le plus spécial, c’est vraiment que c’est l’histoire de ma culture, des Acadiens, de mes ancêtres. C’est une histoire que je porte en moi depuis toujours. J’en ai déjà fait des spectacles où je parlais de l’histoire des Acadiens et de la déportation.
Donc, pour moi, de partager ma culture à un public qui n’est pas nécessairement au courant de ce qui s’est passé pendant le Grand dérangement, c’est vraiment spécial. D’incarner Évangéline, qui est un personnage tellement iconique, c’est encore plus spécial! En plus, comme c’est une nouvelle création, la première interprète de ce rôle, celle qui va la mettre en vie, c’est moi. C’est vraiment particulier d’en faire la première interprétation parce que, après, quand il va y avoir d’autres adaptations, elles vont se baser sur le personnage que, moi, j’aurai créé.
Justement, comment présenterais-tu ton Évangéline ?
C’est une fille fougueuse, très courageuse. Elle a une grande force intérieure. Je dirais que c’est un signe de feu! Elle veut se battre pour sa famille, pour sa culture, pour son peuple, pour retrouver son amour, Gabriel. Donc, elle n’a vraiment pas peur de s’affirmer. Je pense que c’est vraiment une femme très forte qui représente peut-être une version plus moderne de l’héroïne qu’est Évangéline. Je suis vraiment contente de la faire, puis je mets aussi un peu de Maude Cyr-Deschênes dans Évangéline, évidemment!
Dirais-tu que ça représente aussi un défi de jouer ce personnage-là qui est tellement iconique pour l’Acadie ?
C’est sûr que, oui, c’est un défi, mais, comme c’est un personnage fictif, je peux vraiment la façonner à ma façon. Dans le poème, on la voit un peu plus comme une fille romantique, plus douce. Moi, la tournure que je lui donne, ce n’est pas vraiment ça. Je pense que les gens vont être surpris. Puisque ce n’est basé sur rien, ça me stresse moins. De devoir représenter l’héroïne acadienne comme ça, je ne dirais pas que c’est un stress. Je pense que c’est plus une fierté.
Dans l’histoire, c’est sûr qu’on lui apporte des nuances. Elle a beaucoup de particularités. Tu sais, elle vit beaucoup de défis dans ce spectacle-là. Je ne vais rien dire, mais il y a beaucoup, beaucoup de péripéties (rires)! À travers ça, on voit une femme évoluer, une femme grandir et devenir de plus en plus forte et de plus en plus affirmée. Ça, je trouve ça très, très beau. Elle devient mature et gagne beaucoup en maturité rapidement. Elle n’a pas peur de se battre et n’hésite pas à ne pas plaire aux gens autour d’elle pour se battre pour ses valeurs et pour son amour. Ça, je trouve ça vraiment inspirant!
As-tu une chanson coup de cœur sur l’album, que tu as particulièrement hâte de présenter sur scène ?
« Mourir une dernière fois », je l’adore! C’est la dernière chanson du spectacle qui est très, très dramatique. La mélodie est magnifique aussi. C’est vraiment une belle chanson qui arrive à la fin de toute l’épopée du spectacle. Évangéline est au bout du rouleau et elle présente cette chanson-là. Pour moi, c’est vraiment, vraiment un honneur de pouvoir interpréter une si grande chanson devant le public. J’ai vraiment hâte que les gens l’entendent. J’attends tout le spectacle pour faire cette chanson-là! Je l’adore, je l’adore depuis le début (rires)!
En plus, avec la mise en scène, c’est magnifique! C’est vraiment une chanson épique qui a un beau potentiel! Je pense que si, à 10 ans, quand je trippais sur les comédies musicales, si j’avais entendu cette chanson-là, j’aurais voulu la chanter comme j’ai trippé sur « Le monde est stone », « Monopolis » et bien d’autres! Je ne pense pas juste ça pour cette chanson-là. Plusieurs chansons ont le potentiel de devenir marquantes dans le monde des comédies musicales et des créations québécoises. Moi, je les ai toujours dans la tête (rires)!


Tu en as parlé un peu tantôt : en plus de la nouveauté musicale du spectacle, il y a aussi un aspect très historique, puisque ça raconte la déportation des Acadiens. Qu’est-ce que tu trouves le plus important dans l’idée de transmettre cette histoire-là à travers le spectacle ?
Nous, les Acadiens, on vit encore avec cette histoire-là. Au Québec, les gens se battent encore pour la place du français, c’est super important, mais c’est beaucoup plus ancré qu’en Acadie. On est vraiment dans l’incertitude en Acadie. Je pense que c’est 35% de la population, au Nouveau-Brunswick du moins, qui est francophone. On continue toujours de se battre pour notre culture et pour notre langue. Pour moi, c’est important qu’on soit conscients de cet aspect-là.
Ce n’est pas une culture qui a tout cuit dans le bec. On vit encore toutes les blessures et les cicatrices de la déportation. Je pense que c’est vraiment important de partager cette histoire-là. Aussi, ce n’est pas juste une histoire qui est propre à l’Acadie parce que de la déportation, des peuples qui se font déchirer, ça arrive encore malheureusement. On le voit à Gaza, par exemple. Je pense que ça peut vraiment toucher d’autres personnes, des gens qui ne sont pas nécessairement acadiens, mais qui ont une histoire semblable. C’est un sujet vraiment universel. Je pense que c’est important de conscientiser les gens face à ça.
En quoi dirais-tu que ce projet est différent des autres projets auxquels tu as participé ?
Tu sais, c’est la première fois que j’ai la chance d’avoir un rôle-titre, un premier rôle dans une comédie musicale. Depuis que je suis toute petite, je trippe sur les comédies musicales. J’ai fait partie de quelques-unes, mais toujours avec des rôles plus secondaires. C’est un grand travail de porter ce spectacle-là sur mes épaules parce que c’est le rôle-titre. Je travaille vraiment beaucoup dans ce spectacle-là. Je suis souvent présente sur scène. Pour moi, c’est vraiment un grand défi, mais un très, très beau défi. Non seulement c’est un premier rôle, mais en plus, c’est Évangéline, donc un rôle qui est vraiment incroyable. Cet aspect-là, ça se démarque vraiment des autres projets que j’ai eu la chance de faire!
Comment convaincrais-tu les gens qui hésitent encore à venir voir le spectacle ?
Je pense que, premièrement, ils devraient aller écouter l’album. Je pense que n’importe qui qui écoute l’album va être convaincu d’aller voir le spectacle parce que ça donne vraiment envie de voir sur scène ces pièces-là, de les entendre en direct. Aussi, l’équipe qui est sur la scène et en arrière, ce sont tous des gens vraiment incroyables qui ont énormément de talent. Sur scène, tous les comédiens et les interprètes sont magnifiques. La mise en scène est incroyable, les décors, les éclairages… Pour vrai, c’est grandiose. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup eu de spectacles de cette ampleur-là au Québec dans les dernières années, donc juste pour ça, ça vaut vraiment la peine d’aller voir ça! Peut-être que, dans 20 ans, quand Évangéline va être super populaire, les gens qui sont venus vont pouvoir dire « Moi, j’ai vu la première version » (rires)!
Olivier Dion
Évangéline, c’est un nouveau spectacle, donc un spectacle constitué exclusivement de nouvelles chansons. Qu’est-ce que tu préfères de cette nouveauté-là ?
C’est le fait que ce n’est pas une comédie musicale comme les autres. C’est une comédie musicale qui porte un message fort avec des faits vécus, avec une histoire qui a déjà existé et qui appartient à tout un peuple. Ce n’est pas du tout une comédie; on est plus dans un drame. Évangéline, c’est une histoire où, oui, il y a de l’amour, il y a de l’espoir, il y a de la résilience, mais il y a aussi un déchirement. Il y a un côté très sombre à cette histoire-là. Le metteur en scène avait vraiment cette envie-là de nous plonger dans un univers très cinématographique, très artistique. Ça donne au projet un côté vraiment super intéressant.
Dirais-tu que ça représente aussi un défi de jouer quelque chose d’historique comme ça ?
Oui, il y a de grands, grands défis! On a tous envie de faire vraiment honneur au peuple acadien et de lui rendre hommage. On veut vraiment raconter l’histoire comme il se doit. C’est une légende, Évangéline. Tout n’est pas réel, mais on doit se conformer à tous les faits historiques parce que c’est important. Je pense que c’est ce qui représente le plus grand défi de la production en général pour être fidèle à cette histoire qui a déjà existé.
Justement, qu’est-ce que ça représente pour toi de jouer un gros morceau de l’Histoire comme celui-là ?
Je trouve ça cool. C’est vraiment un privilège! Je trouve que c’est une belle occasion d’aller toucher les gens et de les emmener dans une histoire qui s’est déjà passée, mais qui est encore tellement actuelle aujourd’hui. C’est un défi pour moi, mais en plus, c’est un spectacle qui devient plus grand que nous, étant donné le message qu’il porte. En plus, les Acadiens, c’est un peuple francophone, donc on peut tous s’identifier à eux.
Dans le spectacle, tu interprètes Gabriel, l’amoureux d’Évangéline. Comment le présenterais-tu ?
Pour moi, c’est la force tranquille, c’est le romantique. C’est aussi le jeune un peu espiègle et fougueux, mais c’est un gars qui est très, très, très ancré dans ses racines. Il est très, très loyal envers ses amis, ses frères, ses sœurs, les Premières Nations. C’est un gars amoureux, mais qui, justement, n’est pas trop flamboyant, mais qui peut quand même l’être à sa façon.


As-tu une chanson coup de cœur sur l’album, que tu as particulièrement hâte de présenter sur scène ?
En fait, j’ai deux de mes chansons en solo que j’aime beaucoup, qui sont « Ma nature » et « Entre la mer et le vent ». Elles démontrent beaucoup, justement, la personnalité de Gabriel, qui est un gars très ancré et près des siens. Dans « Ma nature », on sent vraiment cette force tranquille là et ce qu’il est prêt à faire pour protéger les siens. Dans « Entre la mer et le vent », il témoigne vraiment de son amour pour Évangéline et de la force qu’il va mettre dans sa quête pour la retrouver. Ça, ce sont vraiment deux chansons qui sont super.
Une autre de mes chansons coups de cœur du spectacle et de l’album, c’est « La mémoire de l’eau » qui est une chanson de groupe qui se passe, dans le spectacle, plusieurs années après le drame de la déportation qui témoigne du fait qu’on va toujours se souvenir, que ce moment-là aura toujours un impact sur tous à jamais. Ça restera toujours dans la mémoire de l’eau, tout ce qui s’est passé. C’est une chanson qui est hyper touchante. Pour moi, c’est vraiment une des plus belles chansons du spectacle.
En quoi dirais-tu que ce projet est différent des autres projets auxquels tu as participé ?
Gabriel est plutôt différent des personnages que j’ai joués avant, mais il pourrait un peu s’apparenter à D’Artagnan que j’ai joué dans Les trois mousquetaires parce que, D’Artagnan, c’était le frondeur, c’était lui qui n’avait pas froid aux yeux. Gabriel est plus posé, quand même. Il a moins cet aspect-là de conquérant, mais il a un peu le même âge. C’est quelqu’un qui est loyal, qui est déterminé, qui est protecteur aussi, donc je peux faire ce petit lien-là entre les deux personnages. Sinon, c’est sûr que moi, dans la façon de le jouer, j’arrive avec beaucoup plus d’expérience, beaucoup plus de confiance, donc ça devient un projet encore plus intéressant à incarner parce que je me sens plus à ma place, peut-être plus ancré dans ce que je suis.
Comment convaincrais-tu les gens qui hésitent encore à venir voir le spectacle ?
C’est un show qui est unique et une histoire qui n’a jamais été racontée de cette façon-là. On nous emmène dans un univers très moderne. C’est une histoire qui date des années 1750, mais qui est racontée de façon très cinématographique, très moderne, avec un aspect justement contemporain. Le metteur en scène avait cette envie-là de présenter un spectacle où on définit des tableaux qui sont tous aussi unis et magnifiques les uns que les autres.
L’orchestration, la musicalité, les chansons sont vraiment superbes. Je pense vraiment que ça va être une belle œuvre! C’est vraiment super de pouvoir écouter l’album avant d’aller voir le spectacle et qu’il sorte plusieurs mois avant. L’album nous plonge déjà très bien dans l’univers du show. De pouvoir connaître les chansons, qui sont déjà plutôt dans l’ordre du spectacle, ça permet de comprendre un peu où ça s’en va. Après ça, je pense que, de le voir sur scène, ça va rendre ça encore plus intéressant! J’ai hâte de voir, en espérant que ça soit à la hauteur (rires)!
Photos des autres artistes du spectacle
Nathalie Simard


Raphaël Butler


Frédérick Baron, auteur


Steve Marin, compositeur


Article antérieur

Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
