Le lundi 9 décembre avait lieu la première médiatique de Tootsie à l’Espace Saint-Denis de Montréal. La distribution talentueuse rehausse sans aucun doute l’histoire. C’est une première mise en scène pour Alexis Pitkevicht et on sent tout son amour et sa passion envers le théâtre musical.
On ne peut faire autrement que de s’attacher au personnage de Dorothy Michaels incarné de main de maitre par José Dufour. Son étendue vocale, son charisme et ses talents de comédiens font de lui un pilier dans ce spectacle. Il brille dans ce rôle rempli de complexité et rend avec brio la complicité entre lui et Kenia Allard dans le rôle de Julie Nichols, eux qui dévoilent une belle histoire d’amour tout au long de l’histoire.
Les doutes du personnage principal et sa quête, ses incertitudes face au métier d’acteur et à sa réussite dans le domaine nous font rapidement comprendre ses nombreux échecs et ses déceptions face à son emploi de serveur à 40 ans. Michael Dorsey, cet acteur aux grandes ambitions, désire au plus profond de lui ajouter de la complexité et de la matière à ses personnages, et ce malgré le fait qu’il puisse déplaire aux producteurs. Qu’il incarne une tomate ou un passant, il cherche à être mémorable et développer ses intentions derrière ses rôles, et ce au détriment de sa réputation.


Pour répondre à cela, il décide de se créer un alter ego féminin et auditionner pour un rôle de femme, qu’il décroche et on découvre en lui une vulnérabilité et un aplomb hors du commun. Enfin, le succès lui sourit. Rapidement, Michael comprend l’erreur qu’il a commise, mais n’arrive pas tout à fait à se sortir de ses mensonges.
Que dire du personnage de Max Van Horn incarné par Guillaume Borys, qui prouve que ce rôle a été conçu pour lui. On le voit tel un prince des temps modernes.
Chose certaine c’est un spectacle rempli d’humour, d’amour et de punchlines québécois, pour une adaptation des plus montréalaises. On porte même un clin d’œil à l’émission télévisée Si on s’aimait et Louise Sigouin. Que dire aussi de Jean-François Poulin, que l’on retrouve sous de nouvelles coutures, encore plus arrogant et hilarant que jamais dans ces chorégraphies et idées des plus extravagantes et loufoques. Il nous surprend et nous fait rire. C’est plaisant d’aimer détester un personnage qui incarne tout ce qu’on déteste du patriarcat et du monde hautain. Surtout, c’est pertinent de dédramatiser et de déstigmatiser le tout. Vaut mieux en rire qu’en pleurer comme on dit. C’est un spectacle qui, mine de rien, fait réfléchir, ouvre aux discussions et divertit.


Même s’il est parfois difficile de suivre le fil de l’histoire dans la traduction des chansons en français, on arrive quand même à cibler les énergies de chacun des personnages et voir les couleurs de Broadway dans ce spectacle. Il donne envie de faire un tour à Manhattan et montre une fois de plus de quel bois se chauffe le théâtre musical au Québec.
La comédie musicale Tootsie est présentée au Théâtre St-Denis de Montréal jusqu’au 5 janvier. Elle prendra ensuite l’affiche à la Salle Albert-Rousseau de Québec à compter du 7 août 2025, puis à la Salle Odyssée de Gatineau les 11 et 12 septembre. Pour toutes informations : spectacletootsie.com.

Audrey-Anne Séguin | Journaliste
Crédit Photos : Eric Myre

Bel article! Merci!