Le 23 août dernier, Tilda dévoilait son nouveau mini-album réminiscences, un cinq titres aux sonorités pop électro francophone à la fois accrocheuses et fidèles à sa signature musicale. De « Paradis perdus » à « Golden Hour », ses créations s’entremêlent à la façon d’une mosaïque de souvenirs où l’âme et le cœur se croisent, se perdent et se retrouvent, invitant l’auditeur à se lover dans une bulle agréable d’optimisme. Rencontre avec l’artiste qui, à travers ses chansons, nous invite à plonger dans un univers où l’écho du passé résonne encore dans le présent et façonne sa philosophie de vie, jour après jour.
Ton album arrive où dans ta carrière ?
Ça fait déjà 15 ans que j’ai posé les pieds dans un studio d’enregistrement en contexte professionnel, et c’est mon cinquième disque en carrière – mais seulement le troisième sous le nom de Tilda. J’ai commencé initialement dans un milieu essentiellement pop acoustique, mais l’envie de prendre un virage électro a émergé en 2015… Et nous y voici aujourd’hui avec réminiscences!
Que signifie cet album pour toi?
réminiscences est sans aucun doute la plus cathartique de mes créations! Il est composé de chansons que j’ai commencé à écrire au début de la pandémie, alors que je vivais en plus des choses compliquées sur le plan de la santé : j’étais en attente d’une neurochirurgie, et c’était… effrayant! J’ai vidé tout ce qui me pesait à travers l’écriture, en même temps que je me concentrais sur ma passion et ce qui me maintenait à flots puisque le milieu culturel était complètement sur pause. Quand j’ai enfin eu mon opération, c’est une nouvelle période qui a commencé avec un gros black-out de création pendant 2 ans. J’étais drainée et anxieuse pour la suite. Je me suis demandé si j’arriverais même au bout de ce EP; mais oui, j’ai réussi et c’est ma plus grande satisfaction. La musique m’a aidée, je la recevais aussi énormément pendant ma convalescence où j’écoutais des heures de musique : je redécouvrais des chansons et ça a réactivé des aspects de ma mémoire et ma manière d’encoder l’information. J’ai donc émergé à travers ce EP, un peu comme un phœnix – petite pensée pour Charlotte Cardin 😉 !

Tous droits réservés, Tilda
Qu’aimerais-tu que les gens ressentent en écoutant ces chansons?
J’aimerais qu’ils embrassent la résilience et la force intérieure. Je suis très douce et posée en contexte social, mais à l’intérieur j’ai une flamme vive qui me drive et c’est ce qui m’a permis de traverser plusieurs épreuves, parfois très difficiles. J’espère que ça va rejoindre le cœur des gens. Je ne sais pas si tu le sais, mais le prénom Mathilde en Allemand, c’est associé à la force et au combat. J’ai même lu que c’était associé à « une main de fer dans un gant de velours », et je me suis toujours retrouvée dans cette symbolique.
Quelles ont été tes grandes lignes créatives et tes sources d’inspiration pour réminiscences?
Je voulais évoquer l’urgence de vivre, le besoin de ressentir fort les choses et de vibrer, mais aussi la force de l’espoir. Côté sonorités, je cherchais à avoir un son frais, moderne et actuel. J’apprécie les bonnes productions vintage, mais ce n’est pas le reflet de ma vision de la vie. Je suis plus que jamais tournée vers l’avant.
Dans quel contexte aimerais-tu que tes chansons prennent vie ?
J’ai envie que ma musique rejoigne les gens à différents niveaux en live. L’échange avec le public me manque énormément, car je me concentre beaucoup sur la création et la technique vocale depuis un bon moment. Je rêve d’une petite tournée au Québec avec de réelles connexions aux gens, d’un contact visuel direct pour faire passer les émotions et de créer une intimité tout en essayant de saisir comment mes chansons peuvent résonner dans le cœur et le quotidien des gens.
En tant qu’artiste tu te décrirais comment ?
Je suis perfectionniste, sûrement un peu trop, ahah. J’essaye de trouver un équilibre entre fraîcheur et sincérité dans les thématiques abordées, tout en alignant mes sujets avec les valeurs profondes qui me caractérisent et les causes qui comptent pour moi, comme les droits des femmes dans le monde ou la protection de notre planète qui souffre du réchauffement climatique. Quant aux performances sur scène, j’arrive très préparée pour livrer de belles performances, et s’il y a des imprévus, j’essaye de m’adapter sans me laisser gagner par le mode panique – pas toujours facile de let go pour moi, ahah! En tout cas, j’aime faire voyager les gens dans mon univers, qu’ils se sentent libres de contraintes et dans un safe space où chacun est bien et à sa place.
Quelle serait ta chanson favorite sur l’album?
J’hésite entre « Tout va bien » et « Golden Hour »… Mais ce que j’aime particulièrement avec « Tout va bien », c’est qu’elle réveille en moi une force dont j’ai besoin dans certaines situations, et je l’écoute régulièrement pour me donner du courage et gérer mon stress. Elle m’envoie des bonnes ondes et me fait relativiser… tout en me donnant envie de danser.

EP : Graphisme – Samuel Daigneault
Le visuel de l’album représente quoi?
Il y a un grand flou autour de moi, et aussi une lumière douce avec des teintes de bleu, violet et rose. Ça évoque bien la période à laquelle les chansons ont été créées. Maintenant, je repense aux fragments de ma vie qui y sont évoqués, et je me dis que c’était des moments nourris de ces incertitudes auxquelles je faisais face, alors que j’étais dans le flou et que je ne savais pas où je m’en allais. C’était difficile et le blackout que j’ai vécu a fait que, quand j’ai commencé à aller mieux, je n’ai jamais autant aimé la vie et la lumière. Maintenant, j’ai un bonheur et un équilibre dans ma vie que je n’avais jamais eus avant. J’apprécie plus les petites choses de la vie, je me sens connectée et disponible. Je suis prête à de nouvelles opportunités, des rencontres et des collaborations. Si on me donnait le choix à l’instant, je crois que spontanément j’aurais envie de travailler avec des artistes de la French touch, avec leurs accents électro, funky, disco et deep house que j’aime tant.
Restez à l’affût, Tilda se prépare à vous surprendre prochainement avec un concert qu’elle imagine comme une fête pour célébrer ensemble ces petits moments simples et magiques de la vie. Pour écouter ses chansons, rendez-vous ici.

Audrey-Anne Séguin | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit – Photo principale : Chloé Mc Neil
