S’enjailler est le premier texte de Stephie Mazunya qui a grandit entourée de femmes. Une pièce où on sent son amour profond pour toutes celles qui ont fait partie de sa vie. Il s’agit d’un hommage à toutes ces femmes et à l’amitié. Son regard est empreint de douceur et de respect.
Complices de longue date
Naïca, Keza, Safia et Chloé sont copines et complices depuis de nombreuses années. Ensemble, elles partagent les bons coups autant que les mauvais, dans la sincérité et, chacune à leur façon, dans leur vulnérabilité.
Elles expriment leur réalité de milléniales dans un patois bien montréalais, heureux mélange de français, d’anglais et de créole haïtien. Leurs questionnements, leurs peurs ressemblent à ce que vivent les jeunes femmes d’aujourd’hui, mais avec une couche supplémentaire puisqu’on ajoute l’immigration dans l’équation.

Scénographie et musique
Superbe scénographie avec d’immenses paravents de macramé sur lesquels sont parfois projetées des vidéos, servant un peu comme des compléments aux scènes. Que ce soit les personnages qui chantent ou qu’elle joue en arrière-plan, la musique est omniprésente.
Amitié et franche camaraderie
Cette pièce explore des thèmes qu’y divisent souvent l’opinion publique et laisse la place à un groupe souvent marginalisé, celui des femmes noires.
Il fait bon d’entendre leur voix qu’on a trop peu entendu par le passé.
Ici, elles ont toute la place qu’elles méritent. Sous le signe de l’amitié et de la franche camaraderie, les quatre personnages parlent de sexualité, de racisme, du traitement des femmes africaines et afro-descendantes en médecine et des relations amoureuses.
Le tout est fait avec élégance et humour. Parce que oui, on rit. Après tout, s’enjailler veut dire s’amuser et faire la fête.
S’enjailler jusqu’au 11 mai
À l’affiche du Centre du Théâtre d’aujourd’hui, salle Jean-Claude Germain, jusqu’au 11 mai, S’enjailler est une création de Porte débarrée.
Texte : Stephie Mazunya
Mise en scène : Sophie Cadieux
Avec : Naïla Louidort, Stephie Mazunya, Carla Mezquita Honhon, Malube Uhindu-Gingala,
Crédit photos : Valérie Remise
Texte : Tania Lamoureux
