Crédit photo : Frédéric Lebeuf
Avec ce froid de canard qui commence à s’installer au Québec, c’est nécessaire de s’envelopper chaleureusement pour ne pas pogner froid. En écoutant le premier EP de l’auteure-compositrice-interprète Sandrine St-Laurent disponible ce vendredi 19 novembre, vous aurez une bonne dose de soleil et de chaleur qui vous feront certainement du bien.
Présente-moi ton parcours musical jusqu’à ce jour.
Tout a commencé au primaire, en fait ! J’allais à Sacré-Cœur, une école de musique à Sherbrooke, et un de nos travaux vers l’âge de 11 ans était de composer une pièce instrumentale. J’ai adoré l’expérience de composition, et dès 12 ans, j’ai commencé à ajouter des paroles. On s’entend que ce n’était pas révolutionnaire comme poésie, mais bon!
J’ai continué de composer tout au long du secondaire, et je suis ensuite allée à l’École nationale de la chanson en 2015-2016. Mais ça a toujours été important pour moi d’étudier les enjeux sociaux, donc j’ai fait un baccalauréat en développement international à McGill ensuite, et j’ai fait plusieurs stages dans des organismes communautaires. J’ai adoré. J’ai décidé de me diriger en droit pour avoir encore plus d’outils pour être utile dans ma communauté.
Au fil de ces années d’étude, j’ai un peu perdu contact avec la musique. Et puis, elle est revenue naturellement, doucement lorsque j’ai commencé le droit. J’avais composé quelques petits trucs pour le plaisir au cours de l’année précédente, et j’ai renoué par hasard avec Alexis Leroy-Pleshoyano, qui est devenu mon réalisateur. Ça a été une (re)rencontre très précieuse, parce qu’avec son aide, on a pu donner à mes chansons une couleur que j’aimais.
Sur un coup de tête, je me suis inscrite au Festival de la chanson de Granby l’année suivante. J’ai été sélectionnée, et cette participation m’a permis de bâtir tranquillement mon équipe. On a travaillé sur la sortie du EP, et puis cet été j’ai eu une bourse du CALQ (merci !!!) qui m’a permis de travailler sur un album.
Comment te sens-tu à l’aube de sortir ton premier EP ?
Vraiment sereine. Ces chansons-là existent depuis un petit bout. Elles ont fait le tour de mon entourage déjà, qui les a très bien accueillies. Alors pour la suite, bien honnêtement, je n’ai pas d’attente. Si mes chansons peuvent faire du bien à d’autres personnes, c’est extraordinaire. En fait, je pense que c’est pas mal la seule chose que je me souhaite. Je n’aurais pas la prétention de penser que ce sera le cas, mais si ça arrive, je vais être aux anges !
Présente-moi ton premier EP.
Les chansons qui composent cet EP ont été écrites au fil de mon quotidien, de façon spontanée, parce que ça me faisait du bien de composer. Les textes de chansons sont très importants pour moi : certains laissent transparaître une certaine légèreté liée à l’amour et l’amitié (Pamplemousse, La chasse aux monstres), alors que d’autres abordent des réflexions sociales plus profondes (Chanson triste mais pas trop, L’éléphant).
Les arrangements sont alternatifs et folk, mais les mélodies sont assez accrocheuses pour se rapprocher de la pop. On mélange la douceur de ma voix à des guitares électriques sur certaines chansons, à des sons plus acoustiques sur d’autres. On reste toujours dans des arrangements avec beaucoup d’harmonies vocales (j’adore, j’adore les harmonies).
Pourquoi avoir décidé qu’il soit homonyme ?
J’avais déjà sorti par moi-même le EP il y a un peu plus d’un an. Il s’appelait Pamplemousse. Mon équipe a cru pertinent de réutiliser cet EP pour lui donner plus de visibilité, mais je ne voyais pas une autre chanson donner son nom au EP. Donc on y allé bien simplement, avec mon nom 🙂
Tu définis ta musique comme étant doudou-solaire, pourrais-tu nous expliquer pourquoi ?
On me dit (très) souvent que je suis pétillante, et on me dit également (très) souvent que je suis douce. Et je pense que ça s’entend dans mes chansons. Il y a une certaine joie de vivre dans les mélodies et les arrangements, mais ma douceur reste toujours présente (parfois malgré moi hihi). Donc ça donne un mélange lumineux et chaleureux, mais toujours très délicat.
Également, c’est important pour moi de faire des chansons qui me font du bien au moral (et peut-être qu’elles feront du bien au moral des autres, qui sait!). Il y a donc, je crois, un certain côté apaisant à mes tounes, ce qui explique le choix du mot « doudou », qui réfère à un certain réconfort.
Tu as été diplômée de l’École Nationale de la chanson de Granby en 2016. Tu as ensuite lancé ton premier extrait en 2020 et ton premier EP en 2021. Est-ce que la découverte de ton identité musicale a été difficile ?
Pendant que j’étudiais à l’École nationale de la chanson, je me cherchais beaucoup plus. J’assumais moins mon style. En prenant une pause de la musique pendant mon premier Bac, j’ai pu me détacher de ces angoisses identitaires reliées à la création. Quand j’ai recommencé à créer, c’était vraiment sans me prendre la tête, simplement parce que j’avais besoin de chanter et de composer.
C’est sûr que maintenant que je fais ça de façon professionnelle, je me pose plus de questions. J’essaie de livrer un produit qui est plus recherché. Je tente tout de même de garder une certaine spontanéité dans le processus créatif, pour ne pas perdre les bienfaits de la musique sur mon moral. C’est ma priorité. J
Qu’est-ce qui t’inspire le plus lorsque tu écris ?
Les enjeux climatiques m’angoissent beaucoup, alors dans Chanson triste mais pas trop, mon texte cherche à rassembler les gens pour encourager à l’action. L’amour est aussi assez central, parce que c’est assez naturel d’écrire à ce sujet (oh! Surprise). La Chasse au monstre, je l’ai écrite en hommage à l’amitié et à la belle solidarité qui peuvent se bâtir en temps difficiles comme le confinement. Finalement l’Éléphant, c’est une réflexion sur les envers d’un rythme de vie effréné, du dépassement de soi au détriment d’un équilibre de vie.
Qu’est-ce que tes expériences au Festival international de la chanson de Granby (2020) et aux Francouvertes (2021) t’ont apporté concrètement ?
Le FICG m’a permis de bien m’entourer, puisque c’est là que j’ai rencontré mon génial agent de spectacle Alexandre Giguère. Ça m’a donné un brin de visibilité pour ensuite rencontrer mon équipe de gestion et label, L’Ours Label. Ça a une grande valeur, parce que ça me donne un coup de pouce pour continuer de porter mon projet !
Comment ses expériences ont-elles eu un impact sur ta musique et sur ton premier EP ?
J’étais tellement angoissée de me présenter à ces concours (j’avais si peu d’expérience!), que je crois que ça m’a appris le détachement. J’ai décidé de me mettre moins de pression, et de me présenter comme je suis et où j’en suis dans mon processus. J’essaie d’éviter la comparaison, pour conserver une relation saine avec l’art. Ça m’apporte tellement de beau, alors c’est important que je prenne bien soin de cette relation !
Comment s’est passé ton spectacle présenté lors du Coup de cœur francophone le 10 novembre dernier ? Qu’est-ce qui te rend le plus fière ?
Ça s’est tellement bien passé. Mes musiciens sont également de bons amis, alors c’est très plaisant de jouer ensemble sur scène, on s’amuse beaucoup! Pour être bien honnête, j’ai perdu ma maman récemment, alors seulement de réussir à monter sur scène et de livrer une performance, c’est un grand exploit pour moi présentement. Je dirais que c’est ça qui me rend le plus fière.




