Sandra Contour est une auteure-compositrice-interprète qui écrit avec humour et honnêteté. Dans son premier album, J’ai pas d’visite (sorti le 10 mai), elle joue avec la solitude, que ce soit l’amour (Comme un avion de papier et J’avais pas mon téléphone), le paysage (Une heure et quart), ou le fait d’être seul.e chez soi (La maison et d’travers et Rêver c’est pour les autres). Créées dans son appartement, avec son chat à côté d’elle, les paroles coulent tranquillement, accompagnées par une guitare acoustique et l’ajout de cordes.
Le lancement de l’album a eu lieu au Pantoum de Québec le 23 mai et l’ambiance était chaleureuse et légère dès le début. Jouant avec huit instrumentistes (c’était la première fois qu’elle jouait full band), les chansons étaient présentées avec vivacité et ses musiciens ont donné des cadeaux à Sandra pendant le show pour célébrer le lancement, mais aussi pour donner l’impression d’une visite chez un.e ami.e. En effet, les interactions constituaient une grande partie de la soirée, avec des questions et des pensées entre les chansons. C’était comme si on était tous dans un salon et pas seuls du tout, comme le titre de l’album pourrait nous le faire croire. En plus des chansons sur l’album, elle a fait une reprise de Je suis une bande de jeunes de Renaud, une chanson qui s’appelle La Folle aux chats de Baie-St-Pouel (écrite avec Jérôme 50 et avec les miaulements à la fin), et un duo avec Luan Larobina qui était la première partie du spectacle.
On a parlé avec Sandra Contour après son lancement au Pantoum pour en savoir plus sur son parcours et sur son processus de création.
Pour commencer, pourrais-tu nous parler un peu de ton parcours? Alors que J’ai pas d’visite est ton premier album, tu as fait beaucoup dans le passé en tant que violoniste, non?
Je suis violoniste de formation. C’est mon premier instrument donc je suis rentrée dans la scène musicale avec le violon. J’ai joué dans Les Bâtards du Nord, qui est un groupe de folk viking donc on était tous habillé comme des vikings. Mon père m’a aussi donné sa guitare, pendant que je faisais mes études dans la composition, et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire des chansons.
Tu as gagné le concours Ma première Place des Arts cette année. Est-ce qu’il y a des choses qui ont changé pour toi depuis ce moment-là ? Ou était-ce plutôt comme une augmentation de confiance avant la sortie de ton album?
C’est sûr que ça donne un petit boost d’énergie et de confiance. En même temps, je pense qu’on doute toujours. Le doute n’arrête jamais. Je souhaite me poser à travers cette grosse année-là.
Tu as décrit ton album comme une ode à la solitude. Avais-tu ce concept dans ta tête avant la création, ou est-ce venu en cours de route?
Je n’ai pas décidé parce que j’ai abordé les chansons avec un regard plus externe. Après les avoir composées, j’ai réalisé que ce thème-là revenait beaucoup. Je n’ai pas de visite, par exemple! Il est arrivé beaucoup plus tard. Les chansons étaient composées avant la pandémie, donc on a tous vécu la solitude.
Quelle est l’importance de la solitude pour toi? Est-ce qu’il y a un moment où tu as vraiment commencé à l’apprécier?
Pendant la pandémie, je n’avais pas le choix. On était tous confrontés à ça et on n’avait pas le choix. Avec la solitude, tu peux choisir d’être vraiment triste et seul.e ou tu peux prendre soin de toi. Je me sens vraiment privilégiée de dire ça parce que je croise des gens qui vivent dans la solitude et ce n’est pas drôle, par exemple, j’ai travaillé avec des personnes âgées qui vivent seules.
L’album est vraiment un projet solo dans le sens qu’il était enregistré chez toi. À quoi ressemblait l’ambiance? Par exemple, avais-tu des espaces réservés pour la création?
J’habitais dans un 2 et demi qui était très petit. J’avais un salon et mon lit était à côté de mon réfrigérateur. Le salon était aussi mon studio, donc c’était difficile d’envisager un espace de création.
J’adore que ton chat soit présent dans la chanson Rêver c’est pour les autres. Je voulais te demander si le chat était là pendant l’enregistrement des autres chansons et pourquoi tu as choisi d’avoir les miaulements dans cette chanson, mais tu as mentionné pendant le show que c’était vraiment par hasard!
Oui, ce n’était pas prévu! Il était malade, en fait. Je ne sais pas s’il voulait de l’attention, et qu’il souffrait à ce moment-là, mais c’était tellement beau et spontané. J’ai vraiment essayé de continuer la toune, au moment où j’enregistrais la guitare et j’ai vu qu’il a commencé à miauler jusqu’à la fin. Il n’y a aucune modification.
Il était aussi présent pour toutes les autres chansons, mais il était silencieux?
Oui, c’est seulement pour Rêver c’est pour les autres qu’il a commencé à chanter.
Qu’est-ce que tu as appris pendant la création de l’album, surtout concernant l’écriture et la poésie? Je me rappelle qu’au début de l’année dernière tu as fait référence au livre Écrire une chanson de Robert Léger dans tes stories sur Instagram. Je me demandais s’il y a d’autres choses comme ça qui t’ont influencé.
Je n’ai pas écrit de chansons avant d’arriver à l’école en composition. Je suis allée en violon jazz, mais, après ça, j’ai changé à la branche de composition. C’est là où j’ai écrit ma première toune et aussi où j’ai lu le livre de Robert Léger. C’est sûr que les choses ont beaucoup évolué, mais ce livre-là m’a beaucoup marqué. Tu as l’impression que c’est facile d’écrire une chanson quand tu le lis, donc ça m’a donné envie.
En général, quelle est ton approche face à l’écriture? Est-ce que tu aimes jouer avec la langue?
Je viens du Lac Saint-Jean et j’essaie de jouer beaucoup avec ça. J’aime ramener l’accent et les expressions. Quand je retourne au Lac Saint-Jean, j’ai toujours de nouvelles expressions qui me viennent à la tête.
Ta musique est intime et douce et les touches d’humour ajoutent à cette intimité. Pourquoi, pour ton lancement, as-tu décidé de jouer full band?
J’ai trouvé que c’était important de rendre hommage à l’album et c’est comme un rêve pour moi de jouer avec tous ces gens-là. J’ai fait beaucoup d’affaires moi-même donc je trouve ça tellement magique que des gens veuillent jouer mes chansons et qu’on puisse le faire dans une gang. J’ai l’habitude de jouer avec Pierre-Antoine Tanguay (qui joue la contrebasse) dans mes shows, donc le côté intime est toujours présent.
Est-ce que le full band va être présent pour tous tes autres spectacles cet été?
J’ai un été avec plein d’affaires, comme Les escales en chanson et aussi L’Appel Montréal qui est un festival organisé par Half Moon Run, donc je ne serai pas en full band. C’est seulement pour les lancements à Québec et à Montréal.
Maintenant que l’album est sorti, à quoi as-tu le plus hâte?
Cet été, j’ai un projet au violon. Je remplace un violoniste, mon copain, et on va jouer aux Îles-de-la-Madeleine. C’est comme mon rêve de jouer pour un cirque. J’ai étudié le violon jazz dans l’espoir de jouer, un jour, avec un cirque, donc je suis vraiment contente de pouvoir enfin le faire. Sinon, avec mon projet solo, je serai en France cet été. Ce sera un gros été!

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.
