Le Festival Afropolitain Nomade a présenté au Théâtre Maisonneuve Roseline Layo, de son vrai nom Roseline Man Layo, qui apparaît comme un véritable culte pour les Africains. La « couturière » à la voix d’or, venue des montagnes de Man dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a reçu en 2023 le prix de la Meilleure artiste révélation de l’année aux Trace Urban Music Awards.
Une découverte du zouglou à Montréal
En ce 1er septembre, le public montréalais est enthousiaste et la musique zouglou, nouvelle pour moi, est fascinante. Né au début des années 1990 sur les campus universitaires d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, apparaît le zouglou, qui utilise l’argot ivoirien, le « nouchi ». C’est une fusion des beats traditionnels africains et des sonorités plus électriques actuelles. Le style zouglou témoigne des réalités sociales vécues par la jeunesse ivoirienne et porte parfois, sur un mode humoristique, des messages politiques. Il parle de justice et de paix, bien sûr, d’amour et d’amitié. Cette musique urbaine est aussi populaire en Afrique de l’Ouest, au Mali et au Burkina Faso.
Une ambiance festive et dansante
Évidemment, ça bouge et ça se trémousse librement dans la salle. On est debout, comme si on était sur une place publique en plein air, à danser et à chanter : tout le monde connaît les paroles et se bouge le popotin avec un sourire éclatant. J’avoue que c’est TRÈS motivant de se déhancher comme les Africains de la diaspora le font avec tellement de naturel et de grâce.
Des artistes de la relève sur scène
Pendant que Roseline, la star, se prépare, on accueille une chanteuse ivoirienne de 15 ans qui se débrouille très bien sur scène, flanquée de deux danseuses pieds nus parfaitement coordonnées… En fait, les performances sont tellement dynamiques que les pieds nus sont de mise. Une deuxième chanteuse au large sourire, LIDOL, arrivera pour nous éblouir avec son costume coloré étonnant et son rythme tellement puissant. Notons que la danse et les rythmes africains ont déjà conquis plusieurs adeptes ici même au Québec.
Roseline Layo en toute liberté
Quand Roseline arrive, elle demande qu’on lui enlève ses souliers dès sa deuxième chanson… Elle sera alors pleinement libre, pieds nus, pour performer avec la dynamique remarquable du zouglou. Croyez-moi, cette femme de 31 ans, aux yeux souriants et à la voix puissante, se donne entièrement à son art. Et le public est enchanté.
Une soirée inoubliable
Bref, une soirée dynamique nourrie de tellement d’énergie et de talent !

Michel Jolicoeur | Journaliste

