À l’approche de la sortie de Romin le 28 août, la distribution du film s’est réunie à la Cinémathèque québécoise à l’occasion d’un junket média le 11 août. Tourné au Québec et aux Bahamas, ce premier long métrage d’Anthony Dionne et Jassen Charron propose une aventure jeunesse autour d’un mystérieux artefact. Retour sur cette rencontre avec l’équipe du film, accompagnée d’une entrevue avec Rosalie Pépin sur cette aventure hors du commun.
Entrevue avec Rosalie Pépin, interprète de Maya
Présente-moi ton personnage.
Mon personnage s’appelle Maya. C’est une jeune femme très forte, très intelligente, qui a beaucoup de connaissances sur l’histoire en général. C’est un sujet qui la passionne. Je pense que, suite à la disparition de son père (incarné par Paul Doucet), elle s’est changé les idées dans les livres, dans l’histoire, en essayant de comprendre d’où on vient. Elle a beaucoup de connaissances sur un peu de tout. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle a de l’ambition. Elle est aussi une leader. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, elle a un bon caractère. Elle a un grand frère (Romin, interprété par Anthony Dionne), donc ça l’a habituée à justement ne pas se laisser marcher sur les pieds puis à être capable d’avoir la bonne réplique quand il faut.
Je dirais que c’est vraiment le personnage leader du film qui amène la gang de gars à avancer dans la quête avec toutes ses connaissances. Honnêtement, sans elle, ils ne seraient pas allés loin, on s’entend ? C’est avec ses connaissances puis son leadership que la quête avance. Elle a aussi, je dirais, un humour un peu sarcastique. Elle embarque dans les jokes. Elle n’est pas susceptible, elle est capable d’en prendre.
Puis elle a une dynamique avec son frère, classique frère et sœur. Ça se chicane, mais en même temps, ça s’aime fort. Je pense qu’elle aime vraiment beaucoup son frère. Elle est inquiète pour lui, pour les gens avec qui il se traîne et pour les mauvaises influences qu’ils peuvent avoir sur lui. Surtout qu’il est dans un mental un petit peu plus sensible, plus faible depuis la disparition de leur père. Il ne s’est jamais permis de vivre ça à 100 %, ce qui fait en sorte qu’il a moins guéri de ça. Donc, elle s’inquiète pour son frère, mais ils ont quand même cette dynamique-là où ils se gossent. C’est vraiment une femme super extraordinaire, une femme forte.



On voit quand même que les problèmes de Romin ont un impact sur Maya, notamment avec son ancien ami Thomas (Sid Donarski) qui la cruise d’une manière très directe et impolie. Ton personnage apporte quelque chose d’intelligent, mais aussi de sexy en même temps.
Oui, à 100 %. Ce qui est le fun d’elle, justement avec la dynamique avec Thomas, qui lui passe des commentaires pas super agréables, c’est qu’elle ne se laisse pas abattre par ça. Elle ne s’en va pas pleurer dans son coin ou dire à son frère de le battre. Elle est capable de le gérer elle-même. Elle est très indépendante. Elle n’a pas besoin d’aide. Elle sait gérer ce genre de situation par elle-même. Elle ne se laissera pas faire. Elle sait que ce n’est pas une manière de se faire cruiser. Elle tient son bout. C’est ce qui lui donne encore plus ce côté charmant, avec une tête sur les épaules.
On peut presque dire que ton personnage est plus fort que Romin par ce qu’elle dégage. Est-ce que tu trouves que Maya sait mieux réagir que lui face aux situations difficiles ?
Je pense qu’Anthony Dionne voulait enlever ce stéréotype-là du héros principal qui est fort, qui est imbattable, qui va gagner toutes les batailles. Je pense qu’il voulait amener une vulnérabilité chez le personnage masculin principal, qu’on voit moins souvent, pour que justement les jeunes puissent se reconnaître dans le personnage de Romin, tout comme des femmes peuvent se reconnaître dans le personnage de Maya. On est vraiment dans quelque chose de plus réaliste dans les personnalités.
Souvent, on a cette idée-là de la femme qui vit un deuil et qui va se morfondre, tandis que l’homme va faire comme s’il est fort et passer à autre chose. Mais dans ce film-là, on a une dynamique complètement différente où, justement, lui, il garde tout en dedans. Il vit son trauma, et on ressent sa sensibilité.
Puis Maya apporte quasiment le rôle de la grande sœur, pourtant c’est lui le grand frère. Elle peut quasiment apparaître comme l’héroïne dans ce film-là, puisqu’elle reste forte tout le long. C’est difficile pour elle aussi, mais j’ai l’impression qu’elle reste forte pour son frère parce qu’elle sait qu’il en a besoin.


Anthony Dionne, coréalisateur et interprète de Romin



Quelle relation penserais-tu que tu aurais avec Maya, justement, si c’était une personne vivante ?
Je ressemble quand même à Maya dans la vie. Je n’ai pas d’intérêt pour l’histoire comme elle. J’ai toujours été bonne à l’école, mais je n’ai pas cette même passion pour l’école. On est quand même assez différentes sur plein de choses, mais il y a plein de choses pour lesquelles je prendrais exemple sur Maya.
Je suis sûre que ce serait une amie. Dans la vie, je m’entoure de gens qui m’inspirent, puis Maya serait une amie parce que c’est une femme inspirante. J’aimerais ça l’avoir à mes côtés pour justement m’inspirer chaque jour, puis prendre exemple sur elle et ses comportements face à certaines situations, justement face à Thomas, ou sur la façon dont elle réagit dans ces situations-là.
C’est quand même inspirant, en tant que femme, de voir ça. De voir que ne pas accepter certains comportements, ça ne fait pas de toi une mauvaise personne. Au contraire, ça donne encore plus de charme et de personnalité. Je pense que je prendrais exemple sur elle et que je voudrais être son amie, en fait.
Comment tu as eu le rôle ? Comment ça s’est rendu jusqu’à toi ?
Ils ont contacté mon agence. Ils n’ont pas procédé par audition. Dans le sens qu’ils ne nous proposaient pas directement le rôle, c’étaient plus des entrevues. Dans le fond, ils avaient déjà vu ce que j’avais fait. Ils approchaient seulement des jeunes filles ou des femmes qui avaient déjà de l’expérience, qui savaient qu’elles allaient être capables de porter un rôle important dans un film. Mais ils voulaient plus connaître ma personnalité pour savoir si j’étais game de rentrer dans un projet comme celui-là. D’aller aux Bahamas, c’est quand même un projet pas comme tous les autres. C’était plus le vibe qu’ils voulaient aller chercher pour la personne qui interprète Maya.
Mon agente m’a contactée. Je n’ai pas vu son message pendant une couple de jours parce que j’étais occupée à l’école. Puis là, elle m’appelle : « Il y a un réalisateur qui aimerait ça te rencontrer en appel. Est-ce que ça t’intéresse ? » J’ai lu le courriel. J’étais comme : « My God, une gang de jeunes qui veulent filmer un film aux Bahamas. » Comme tout le monde, j’ai été un petit peu sceptique au début. Comment vont-ils faire ça ? Est-ce que je veux vraiment m’embarquer là-dedans ? C’est quoi cette affaire-là ?
Mais là, elle était comme : « Hey, ils t’ont envoyé le scénario. Si tu veux le lire, si tu es convaincue, demain tu pourrais le rencontrer. Lis le scénario pis reviens-moi. » J’ai lu le scénario toute la nuit parce que j’étais en fin de session d’école et je l’ai appelé. Son script, c’est incroyable. J’ai été emportée par cette aventure-là en le lisant. C’était vraiment un bon script professionnel. Je me suis demandé comment il avait fait pour écrire ça. Dès que j’ai lu le script, j’étais vraiment curieuse. Ça a piqué ma curiosité pis j’avais envie de le rencontrer.
J’ai donc rencontré Anthony au téléphone. Je ne l’avais jamais rencontré. Puis on a parlé pendant une heure, ça a super bien cliqué, sauf que je ne savais pas si j’allais avoir le rôle ou pas. La semaine d’après, avant d’avoir le rôle, j’ai rencontré les gars, l’autre réalisateur Jassen Charron, le producteur Nikita El Mouderrib et Anthony en vrai.


Jassen Charron, coréalisateur et interprète de Jeff



Nikita El Mouderrib, producteur


Est-ce que vous avez commencé le tournage aux Bahamas ?
Ouais, on a commencé par tourner là-bas. On est partis trois semaines aux Bahamas. Puis après ça, tout l’été, on tournait au Québec. Mais moi, j’étais en fin de session du cégep. Puis là, ils me demandaient : « Est-ce que t’as des indisponibilités ? » Puis je suis comme : « Non, je n’ai rien. » En fait, j’étais vraiment dans le jus avec l’école. J’étais en fin de session, ma dernière session du cégep. Mais je voulais participer à ce projet et c’était une expérience incroyable. Je suis tellement contente d’avoir cru en eux.
C’est vraiment ce script-là qui m’a accrochée. Anthony a vraiment du talent pour écrire et c’est vraiment ça qui m’a convaincue. J’étais comme : « Wow, c’est tellement quelque chose de différent au Québec. » Dans tous les cas, je leur souhaite tellement que ça marche et je souhaite au Québec que ça marche. C’est tellement le fun, un film comme ça pour les jeunes. On n’a pas ça ici. C’est quelque chose qu’aujourd’hui, j’aime regarder, mais encore un petit peu plus jeune, j’aurais tellement aimé ça. C’est vraiment un film pour tout le monde.
On a plein de films comiques le fun au Québec, mais une aventure comme ça, où ça te porte du début à la fin, on en a vraiment peu, sinon pas du tout. J’ai trouvé ça tellement intéressant qu’ils soient game d’aller là. Il m’a dit : « Si ce n’est pas nous qui voulons le faire, on attend tout le temps que ce soit quelqu’un d’autre qui le fasse. Là, nous autres, on se lance même si on n’a pas d’argent et qu’on a plein de freins. » J’ai trouvé cette ambition-là assez incroyable, leur courage et leur passion. Je suis tellement passionnée par ce métier-là que j’ai ressenti ça en eux aussi. Ça paraît dans le film qu’on a un amour pour ce qu’on fait. On a créé une belle gang qui se tient durant le tournage.
Puis vraiment là, c’est là que moi, j’ai été convaincue. Ils ont quelque chose, ces trois gars-là, de spécial. Puis moi, quand je les ai rencontrés en vrai, j’ai tellement cru à leur projet. J’étais comme : « Peu importe ce que le monde va dire, je suis sûre qu’ils vont réussir. Malgré tous les obstacles qu’ils ont devant eux, je sais qu’ils vont les traverser. » Ils avaient trois forces complètement différentes qui faisaient qu’ensemble, c’était une équipe invincible, pour moi. Ils amènent tous quelque chose de différent sur la table.
Ils sont capables de travailler en équipe. J’ai vu une passion extrême dans ces gars-là, un amour pour le cinéma, un amour pour le travail d’équipe et pour former une gang qui se tient pour un projet comme ça. Quand je les ai rencontrés, j’ai juste eu envie de me lancer dans ce projet-là avec eux et de voir où ça m’amène. Peu importe, je voulais leur donner une chance de plus de se rapprocher du but.
J’ai vraiment eu un coup de cœur pour eux. Même quand je suis sortie de là, j’espérais tellement avoir le rôle. Là, j’étais rendue comme : « Je veux l’avoir. » Je me croisais les doigts. Quelques jours plus tard, j’ai su que j’avais été choisie. Donc, c’était vraiment excitant. Puis on partait comme trois semaines plus tard aux Bahamas. C’était vraiment rapide. Moi, j’étais en fin de session.


Comment as-tu trouvé ça de travailler en équipe avec des réalisateurs qui ont à peu près ton âge ?
Honnêtement, je ne l’ai même pas tant senti… Oui, il y a cette jeunesse-là en eux. Anthony, c’est un jeune aussi, alors on se retrouve vraiment dans les personnages parce que c’est écrit par quelqu’un de jeune. C’est quelqu’un de notre génération qui a écrit ça. Déjà, je me retrouvais dans les dialogues, je me retrouvais dans le personnage.
Je ne sentais même pas que c’était moins professionnel. Ils ont été tellement professionnels durant le tournage. C’est ce qui m’a beaucoup frappée. C’était tout le temps en mode solution. On a eu toutes les bad luck possibles, mais les gars restaient focus, en mode solution. Ils ne se laissaient pas abattre. On l’a fait, ce film, malgré tout.
Côté réalisation, honnêtement, ce qui a été le fun, c’est que vu que ce sont des gens plus de mon âge, on a rapidement créé une amitié forte. Mais ça a été comme ça avec tout le monde sur le plateau. On est tous devenus vraiment amis, que ce soit entre nous, avec Emmanuel Auger ou Sonia Vachon. On était tous vraiment proches sur le plateau. Ça ne sentait pas la différence d’âge de personne.
Emmanuel Auger, interprète de Lincoln


Sonia Vachon, interprète de Danièle


Est-ce que c’est le rôle le plus physique que tu as eu dans ta carrière ?
Ouais, quand même, parce qu’on faisait nos cascades, nos affaires. On a sauté un cliff (une falaise). Moi, j’ai peur des hauteurs. J’ai dû un peu surmonter cette peur-là. C’était un gros cliff quand même. Ça m’a fait vraiment peur, mais je le savais avant de partir que j’allais devoir faire ça. Je ne sauterais pas des cliffs comme ça pour le fun, mais si j’avais à le faire une fois dans ma vie, dans une place paradisiaque comme les Bahamas, pour un film, c’est la meilleure occasion que je pourrais avoir de le faire de toute ma vie. Ça a été quand même un rôle assez physique, mais je pense que j’ai poussé mes limites à ce niveau-là et j’ai eu vraiment du fun à le faire.
Est-ce que c’est la scène du cliff qui a été le plus grand défi ?
Définitivement, j’avais peur ! J’avoue que cette journée-là où on le faisait, je l’appréhendais vraiment. J’ai réalisé sur place comment j’avais peur. Parce que, oh shit, tu tombes longtemps. Puis là, c’est direct qu’on le refait une deuxième fois parce qu’il faut faire d’autres plans. Puis mon cœur est encore en haut. Je suis comme : « Oh my God ! ». Je ne pense pas que je le referais, mais je suis contente de l’avoir fait pour ce film-là.
Qu’est-ce que tu retiendras de ce tournage-là en bout de ligne ?
Tellement de choses. Ça a été une des expériences les plus marquantes pour moi parce que j’ai rencontré du monde dont je suis vraiment proche aujourd’hui. On était tellement une belle gang. J’ai tellement d’amour pour ces gars-là et de fierté envers eux. Je les trouve extraordinaires. Ça se ressent à l’écran, notre chimie, tout le monde ensemble. Je me suis créé des amitiés pour la vie.
Ça a aussi été très inspirant de voir une gang de jeunes se débrouiller puis, comme je disais tantôt, malgré tous les problèmes qu’on a eus, se relever à chaque fois. Il y a bien des fois où je me disais : « C’est fini, qu’est-ce qu’on va faire ? » Mais eux, c’était jamais cette mentalité-là. C’était tout le temps : « Non, non, il y a une solution, on va y arriver. » Puis honnêtement, j’ai appris énormément. Dans tous mes projets, j’ai appris beaucoup en tant que comédienne, mais dans Romin, j’ai appris surtout en dehors du jeu. J’ai appris à être plus optimiste, puis ça m’a aussi fait grandir en tant que personne. Ce sont de belles qualités que je veux développer dans ma vie.
Puis de les voir d’aussi proche travailler à la réalisation, dans des rôles qu’ils n’avaient jamais eus eux-mêmes, puis de le faire avec un professionnalisme très impressionnant, ça m’a donné envie d’aller voir d’autres rôles dans ce milieu-là, comme la production et la réalisation, de m’aventurer dans ces autres rôles-là aussi. Ça m’a vraiment donné envie d’ouvrir mes horizons.


Est-ce que justement le fait de les voir à la fois réaliser et jouer dans le film t’a donné envie d’aller davantage vers l’arrière-scène ?
Oui, 100 %. J’étudiais en réalisation au cégep quand j’ai tourné ce film-là. C’était déjà quelque chose qui m’intéressait, mais ça m’a confirmé encore plus mon intérêt. Ça m’a même donné de l’intérêt pour la production, ce à quoi je n’aurais pas nécessairement pensé. En ce moment, je fais mon baccalauréat en production. Ça m’a donné envie de découvrir davantage ce qui se passe derrière la caméra.
De voir que même des gens passionnés par le créatif se découvrent des passions dans d’autres aspects auxquels ils n’auraient pas pensé, c’est inspirant. C’est un travail d’équipe de fou. L’esprit d’équipe sur ce plateau était comme jamais. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant. Ça a été très formateur pour moi.
Est-ce que tu veux continuer comme actrice tout en explorant la réalisation et la production, peut-être même en créant tes propres projets ?
Oui, 100 %, je veux. Le jeu, c’est ce qui reste ma plus grande passion quand même. J’ai envie de voir ce que le futur me réserve ailleurs que dans le jeu.
Je suis tellement bien entourée avec du monde qui peut me guider là-dedans, qui est parti de rien puis qui l’a fait. Là, c’est tous mes amis dans la vie maintenant. Je sais que je ne vais jamais être toute seule là-dedans. Je vais avoir du monde qui va m’encourager puis m’aider à réussir, peu importe ce que j’aie envie de faire.



Autres membres de la distribution



Simon Pigeon, interprète du commis aux antiquités


Liliane Skelly, interprète d’Amanda


Sylvain Larocque, interprète de Francis DeMario

** Certains membres de la distribution n’étaient toutefois pas présents lors du junket, dont James-Edward Métayer, Sid Donarski, Ève Salvail, Paul Doucet, Derek Johns, Hubert Gélinas, Ève Duranceau et Carmen Sylvestre.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
