Le 8 décembre à la Place Bell de Laval, Papa Roach a offert une soirée aussi survoltée que rassembleuse, prouvant qu’après plus de deux décennies de carrière, le groupe n’a rien perdu de son mordant. Avec la tournée Rise of the Roach, la formation célèbre les 25 ans de son album culte Infest, tout en réunissant un public intergénérationnel venu partager un spectacle puissant, accessible et festif. Une soirée où l’énergie brute, la nostalgie et la communion avec la foule ont dominé du début à la fin, portée par une attitude profondément bienveillante, tournée vers le bien-être de soi et des autres.
Autour de 21h20, les musiciens de Papa Roach ont entamé un de leurs récents extraits, Even If It Kills Me, derrière un grand rideau blanc arborant leur célèbre coquerelle, emblème du groupe. Lorsque le rideau est tombé, les musiciens ont été révélés à un public en délire. Des jets de feu et des colonnes de fumée ont accompagné cette toute première chanson de leur prestation.
Pour célébrer les 25 ans de leur album Infest, Jacoby Shaddix et sa bande ont interprété plusieurs morceaux phares du disque, dont Blood Brothers et Dead Cell. Cependant, ma pièce préférée, Broken Home, a été laissée de côté à mon grand désarroi.
Beaucoup d’action dans le moshpit
Avant d’interpréter …To Be Loved, Jacoby a demandé la création d’un « old-school circle pit ». Durant cette même chanson, il est allé rejoindre les fans à la barrière, chantant en leur compagnie.
Ce n’est pas tout : on a eu droit à un « wall of death » sur la chanson suivante, Kill the Noise. L’énergie était intense, presque meurtrière dans le « moshpit ». Comme à son habitude, Shaddix a souligné à la foule qu’il aimait le Québec et notre énergie – comme si on était un vendredi soir et non un lundi soir. Petite note : il n’a jamais utilisé le terme « Montréal », mais plutôt « Québec » à chacune de ses interactions.
Un spectacle bienveillant
Après avoir joué Falling Apart, que le chanteur avait introduit en parlant de santé mentale, un message vidéo de Jacoby Shaddix a été diffusé : « 1 $ de chaque billet vendu est versé au Centre for Addiction and Mental Health (CAMH) et à 9‑8‑8 Canada », accompagné d’un rappel de la ligne d’aide en cas de crise suicidaire que vous pouvez rejoindre au 9‑8‑8.
Par la suite, Jacoby a demandé à ses fans d’illuminer la Place Bell. Les musiciens ont livré avec douceur le récent succès Leave a Light On (Talk Away the Dark), tandis qu’une bougie était affichée sur l’écran derrière eux.
Pour conclure ce bloc axé sur la santé mentale, le groupe a invité le public à observer une minute de silence en hommage à la sensibilisation au suicide et pour souligner le travail du CAMH, avant de reprendre l’énergie rock avec la chanson Scars.
Une dernière ligne droite à tout casser
Devant sa « meilleure audience de la tournée canadienne », Jacoby a demandé beaucoup d’action sur leur plus récente composition Braindead, qu’il a humblement qualifiée d’old-school Papa Roach.
En rappel, le chanteur s’est promené dans les gradins de la Place Bell en chantant quelques classiques du nu-metal, soit Blind (de Korn), My Own Summer (Shove It) (de Deftones) et Break Stuff (de Limp Bizkit). Mais la cerise sur le sundae a été Chop Suey (de System of a Down), sur laquelle il a « crowdsurfé » sur une bonne distance jusqu’à la scène.
Pour boucler la soirée, Papa Roach a interprété l’indémodable Last Resort, introduisant même un extrait de We Will Rock You (de Queen), et a délié ses cordes vocales une dernière fois en transformant leur plus grand hit en immense karaoké.
La tournée Rise of the Roach frappe dans le mille et élève la barre à un autre niveau. Elle propose une multitude de succès de leur répertoire, tout en incluant des pièces de leur album signature, profondément ancrées dans le cœur des fans de la première heure.
Emo revival des années 2000 avec The Used
En première partie, le groupe The Used a ravivé la flamme emo des années 2000. Le groupe a livré 12 chansons originales, toutes sorties au cours de cette décennie – dont Pretty Handsome Awkward, All That I’ve Got, The Bird and the Worm et I Caught Fire. Avant de performer Blood on My Hands, le chanteur a lancé un défi au public : créer un « circle pit » plus intense que lors d’un spectacle précédent à Toronto. Gageons que les spectateurs dans le « moshpit » devaient être complètement crinqués !
Le baptême québécois de Sleep Theory
Le premier groupe à monter sur scène a été Sleep Theory. Les Américains ont récemment connu un succès notable grâce à la viralité de certaines de leurs chansons de leur album Afterglow, qui ont atteint le top 25 du Billboard Hot Hard Rock Songs, un classement reposant sur le streaming, les ventes et l’airplay.
Face à un public qui n’était pas le leur, les musiciens ont multiplié les interactions. Le chanteur Cullen Moore est descendu dans le pit, s’est tenu debout à la barrière et a même tendu le micro aux spectateurs durant la prestation de Static. Le groupe a livré une performance solide, même si, à mon avis, elle aurait gagné en intensité et en authenticité devant leur propre public.
Liste de chansons (de Papa Roach)
- Even If It Kills Me
- Blood Brothers
- Dead Cell
- …To Be Loved
- Kill the Noise
- Getting Away with Murder
- California Love (de 2Pac)
- Liar
- Forever
- Falling Apart
- Leave a Light On (Talk Away the Dark)
- Scars
- BRAINDEAD
- Help
- Born for Greatness
- R* Between Angels and Insects
- R* Infest
- R* Blind / My Own Summer (Shove It) / Break Stuff / Chop Suey
- R*Last Resort

Frédéric Lebeuf | Journaliste
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.


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