Lundi, le 22 avril, Montréal a replongé dans l’univers musical de Leonard Cohen, à la Salle Wilfrid-Pelletier. Le chanteur de Montréal, décédé en novembre 2016, a pu refaire vibrer la métropole grâce à Nathaniel Rateliff. Ce dernier, accompagné de l’extraordinaire orchestre symphonique, Wordless Orchestra, ont repris plusieurs œuvres du défunt artiste, choisies avec soin, afin de rendre un puissant hommage : Nathaniel Rateliff joue Leonard Cohen.
Le public s’est laissé bercer par la voix unique du chanteur-auteur-compositeur-interprète américain qui a été fidèle à la voix iconique de la légende montréalaise, en ne tentant pas de faire passer pour celui-ci, mais de lui faire honneur. Son respect pour Montréal ainsi que pour l’importante place que Leonard Cohen détient dans le monde du jazz ont ému les spectateurs et ont renforcé sa performance musicale.
Bien que le chanteur du groupe Nathaniel Rateliff & the Night Sweats ne pouvait égaler l’unique voix de Leonard Cohen, chose qui semble impossible pour quiconque, il a réussi à interpréter quatorze morceaux vibrant d’émotions. De sa voix grave, parfois rocailleuse, son style folk a teinté ses interprétations. Cette personnification a semblé plaire au public. En effet, les musiciens ont eu droit à deux ovations ainsi qu’une de plusieurs minutes à la fin du spectacle. Il était difficile de ne pas apprécier le chanteur américain. Le public s’est rapidement attaché grâce à ses quelques mots parlés en français, répétant qu’il tenait à venir jouer à Montréal en raison de l’attachement que Leonard Cohen détenait à sa ville natale et à ses nombreuses interactions avec les spectateurs. Le tout a produit une soirée émouvante et captivante.
Un succès d’équipe
L’hommage n’aurait pas été aussi magnifique sans la présence des autres musiciens sur la scène. Le Wordless Orchestra, les deux choristes ainsi que le batteur ont été en harmonie du début à la fin. À elles seules, leurs notes musicales jouées suscitaient des frissons et étaient remplies de douce nostalgie. Toutes les parties, d’un synchronisme à couper le souffle, ont joué avec leur amour de la musique. D’entrée de jeu, les musiciens ont interprété Bird on the Wire. Les accords ainsi que la voix de Nathaniel Rateliff ont donné le ton pour le reste de la soirée. Cela promettait une performance sans faute. Évidemment, le chanteur américain ne pouvait ignorer le succès de Hallelujah, lui-même en amour avec ce morceau. Il l’a joué avec vulnérabilité, désirant faire honneur à son admiration de la plume de Leonard Cohen. Parfois plus rythmé, comme avec la chanson Lover, Lover, Lover, le spectacle était loin d’être lassant. Le répertoire de Nathaniel Rateliff s’est assuré une soirée mémorable et à l’image de sa perception de la personnalité du regretté chanteur.
Simplicité captivante
La performance sobre des artistes était appréciée pour ce genre de spectacle. Le chanteur, parfois guitare à la main, n’a pas exagéré sa voix ni son énergie. Même les lumières sur scène étaient d’une teinte douce. Le public pouvait alors se concentrer sur la musique et l’authenticité du chanteur. À l’arrière des musiciens se retrouvait un écran qui affichait des motifs simples colorés. Ces derniers étaient plutôt décevants. L’écran aurait pu être utilisé pour immerger davantage le public dans le monde de Leonard Cohen ou pour représenter des images liées aux morceaux joués. En somme, la salle à la Place des Arts a vécu une soirée réconfortante, entraînée par les airs mélodieux et entrainants des musiciens sur la scène, guidés par leur attachement à l’immortel Leonard Cohen.










Alexandrine Roy | Journaliste
Passionnée de musique, Alexandrine écoute autant du rock que de la musique classique. Elle a rejoint l’équipe de BP Arts Média en mars 2022. Elle aime aussi rire à des spectacles d’humour et faire rayonner la culture québécoise.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
