Sous les voûtes majestueuses de l’espace St Jax, le Monastère ouvrait sa saison 2025-2026 les 25 et 27 septembre ainsi que les 3 et 4 octobre avec son traditionnel Cabaret d’automne. Fidèle à sa réputation, le lieu demeure unique, vibrant, et l’événement continue de rassembler à Montréal un panel d’artistes internationaux de haut calibre. Pourtant, cette édition, si elle a brillé par la qualité des numéros, a parfois semblé manquer de souffle et de rythme.
La soirée était menée par le duo clownesque DOOP, formé de Danielle Saulnier et Kellin Hantoff-Kilian. Si leur énergie débordante était indéniable, leurs animations se sont révélées inégales : quelques facéties sont tombées à plat, peinant à entraîner pleinement le public. Leur humour, presque exclusivement en anglais malgré une volonté bilingue affichée, a laissé certains spectateurs sur leur faim. On retiendra toutefois leur spectaculaire numéro de hula hoop-anneaux chinois, à la fois précis et inventif, qui a redonné de l’élan à la soirée.
Le plateau offrait ensuite une belle diversité de disciplines. Katia Trafimava a ouvert le bal avec un puissant numéro de pole dance aérienne, alliant grâce et intensité.
Jacob Crow, avec son travail autour de la danse et des cannes d’équilibre, a offert un numéro prometteur, encore un peu « jeune », mais riche en potentiel.








Déjà remarquée cet été dans Bon Voyage du Cirque Éloize, Ilse Baryshnikov a été l’une des révélations du cabaret : à la fois dans un numéro de contorsion au raffinement esthétique et surtout lors de sa suspension capillaire finale, hypnotisante et sensuelle, qui a véritablement captivé la salle.
Thomas Rochelet, en dieu grec drapé de blanc, a subjugué avec ses sangles aériennes. Virevoltant à une vitesse vertigineuse, baigné de lumière, il a offert des images suspendues d’une beauté éclatante.
Le mât chinois de Santiago Esviza a séduit par son humour et sa créativité : son personnage timide et facétieux développe un jeu de séduction comique avec l’agrès, ponctué de cascades et d’enchaînements originaux.








Erin Cervantes, quant à elle, a proposé un captivant moment de poésie aérienne avec son cerceau, entre équilibre et lâcher-prise, sous les applaudissements d’un public conquis.
Vitor Martinez Silva a offert un numéro de diabolo énergique, mêlant danse et jonglerie. Malgré quelques maladresses techniques, sa mise en scène et son aisance scénique ont maintenu la tension, les diabolos fendant l’air alors qu’il effectuait d’impressionnantes acrobaties.
Au final, ce Cabaret d’automne a confirmé la place du Monastère comme vitrine du cirque contemporain international. Si l’ensemble a parfois manqué de liant et de rythme, les numéros, chacun pris individuellement, ont offert de véritables éclats de poésie et de virtuosité. Un spectacle qui séduira les amateurs de cirque prêts à savourer un univers délicat et contemplatif… ou à faire preuve d’un peu de patience, puisque le prochain cabaret n’aura lieu qu’en novembre.










Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Z. Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
