Le 16 juin 2024, MILANDREA sera en performance lors de la Fête de la musique de Québec. Voici une entrevue réalisée avec l’autrice-compositrice-interprète d’origine colombienne qui offrira son spectacle gratuitement sur le coup de 16h sur la scène du parvis de l’église de Saint-Jean-Baptiste**.
Parle-moi de ton parcours musical jusqu’au processus de ton premier EP.
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé chanter et écrire. Quand j’étais plus jeune, je me proposais toujours pour divers concours et spectacles de chant. C’est vers l’âge de 16 ans que j’ai eu la piqûre pour la scène, en faisant du théâtre. À 19 ans, j’ai sorti mon premier single Together, l’été juste avant de commencer mes études en médecine. C’était une chanson en collaboration avec un producteur colombien que j’ai eu l’opportunité de rencontrer lors de mon premier voyage solo en Colombie. C’est là que j’ai compris ce qu’était tout le processus de création, de composition et de production d’une chanson. J’avais beaucoup aimé, mais à ce moment-là, j’étais dédiée à mes études, alors je n’avais pas pu poursuivre ma recherche artistique. En 2022, j’ai simultanément obtenu mon diplôme de doctorat de premier cycle en médecine et été sélectionnée pour faire partie de la 3e cohorte du Projet Échelon à Québec. Cette initiative de l’Ampli de Québec qui permet à des artistes émergents issus de la diversité culturelle de produire un EP m’a permis de professionnaliser ma pratique musicale et de donner naissance à mon premier projet, WYSHBONE.
Présente-moi ton premier EP, WYSHBONE.
WYSHBONE, c’est une fusion de genres musicaux et de langues dans lequel j’aborde des thèmes d’infidélité et de déception amoureuse. C’est un EP de trois chansons qui racontent une même histoire.
Dans YUVIA (sobre la gata), je présente une femme qui attire beaucoup d’hommes avec sa beauté, mais qui veut qu’on l’aime pour qui elle est. Lorsqu’elle se fait séduire par un homme qui semble réellement intéressé par qui elle est, elle cède à ses avances de le « suivre jusqu’à la cime ».
Avec YA SÉ (u don’t luv me), la femme constate que la relation n’est plus comme avant, même s’ils semblent faire comme s’il ne se passait rien. C’est une chanson avec laquelle beaucoup de personnes s’identifient, car nous avons tous au moins une fois été dans cette position de vouloir être avec quelqu’un qui ne fait que perdre de l’intérêt graduellement.
Finalement, dans YORONA (à demie voix), on comprend qu’il y a une autre femme dans le cœur de son amour. C’est là que l’on comprend la trahison qui a eu lieu à demie voix.
J’ai travaillé cet album avec un beatmaker de Laval, KingAlexBeats, et mon bassiste, Antoine Farand.
Tu reviens de Colombie où tu as travaillé sur du nouveau matériel notamment. À quoi ressemblera-t-il ? Comment ça s’est passé? À quoi s’attendre ?
Oui! Je suis revenue hier (le 13 juin), la tête pleine d’idées et le cœur ressourcé. Je suis partie cinq semaines, dans cinq villes différentes : Bogota, Medellin, Cartagena, Neiva et Yopal. J’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec divers artistes de la scène locale colombienne qui font de la musique traditionnelle. Ce qui est très beau là-bas, c’est que chaque région a une culture musicale qui lui est très propre, avec ses codes et ses instruments. Par exemple à Yopal, c’est ce que l’on appelle de la musique « llanera », c’est-à-dire la musique des plaines. C’est joué avec des harpes, des cuatros, des tiples et des maracas et c’est d’une immense poésie. Les Llaneros racontent leurs joies et leurs peines au travers de mélodies qui sont très propres à leur quotidien d’agriculteurs contemplatifs. J’ai été particulièrement admirative de ce style de musique, qui appartient aussi à la culture musicale du Venezuela, de par son authenticité et sa complexité technique. J’ai vraiment envie de faire des fusions à partir de ce genre musical.
En quoi ton matériel futur sera-t-il enrichi de cette expérience dans ton pays natal ?
J’aurais beaucoup aimé aller enregistrer, mais pour cette occasion je suis allée explorer et chercher des inspirations pour créer mon univers musical.
Cependant, cette expérience se reflètera certainement dans mon prochain album, car j’ai reçu énormément de rétroaction de la part d’excellents musiciens et acteurs de l’industrie. Je dirais que c’est surtout au niveau de la production qu’on risque de voir l’influence de ce voyage, mais certainement aussi sur scène!


Ton communiqué de presse mentionne que tu te positionnes comme une nouvelle promesse de la musique au Québec. Est-ce que tu veux approfondir sur le sujet ?
Tout à fait! Lorsque je m’investis dans un projet, quel qu’il soit, je donne toujours mon 110%. Lorsque j’ai pris la décision de mettre sur pause ma carrière médicale pour faire de la musique, c’était une décision qui a surpris beaucoup de personnes autour de moi. Cependant, je leur ai fait la promesse que ce projet musical qu’est MILANDREA serait tellement intéressant qu’il en vaudrait la décision difficile de ne pas poursuivre en médecine.
Qu’est-ce qui t’inspire musicalement et au niveau de ta plume ?
Musicalement, je suis présentement très inspirée par des artistes européens qui par leur position géopolitique font de la musique qui fusionnent différents styles et genres musicaux. Mes plus grandes inspirations sont Rosalía, Judeline et Danyl. Ce dernier, je l’ai découvert plus récemment. C’est un artiste français d’ascendance algérienne qui fait du « Raï’nB », une fusion de RnB et de musique arabe qui est juste incroyable.
Au niveau de mes textes, mes inspirations sont un peu moins claires. J’écris à propos de situations qui créent des émotions fortes chez moi, que je les aie vécues personnellement ou non. J’ai souvent tendance à rêvasser ou à créer des histoires avec des personnages et de là naissent beaucoup de paroles de chansons. Pour moi, l’important c’est de créer un univers cohérent, autant au niveau des paroles, que de la musique et de l’esthétique visuelle.


Quelles sont tes aspirations de carrière ?
Cela fait un an ce mois-ci que je me consacre pleinement à mon projet musical et je suis vraiment contente de tout ce que j’ai pu faire en si peu de temps! J’ai une place sur la scène locale à Québec, je suis en train de me faire un nom à Montréal et en Colombie et je peux compter sur des musiciens et collaborateurs qui croient en mon projet. Pour l’année qui vient, je souhaite travailler sur un album qui marquera un avant et un après dans la manière de voir la musique au Québec. Je sens qu’il y a une ouverture et un désir de changement dans les sons qui sont transmis au public et je veux faire partie des artistes qui ouvriront la voie à un son novateur, plus en cohérence avec notre réalité multiculturelle.
Quel est le secret le mieux gardé de la culture / musique colombienne ?
Je pense que ce n’est pas un secret, mais c’est quelque chose qui me marque à chaque fois que j’y vais: on peut faire beaucoup avec très peu. Les Colombiens sont un peuple très résilient, qui a une histoire très violente, mais qui brille quand même internationalement par sa musique, sa culture, son art et sa joie de vivre.
Il y a énormément de musiciens et d’artistes qui font des choses incroyables et d’excellentes qualités, avec des équipements minimalistes, et je trouve cela très inspirant.


Quels sont les artistes québécois francophones que tu apprécies le plus ?
Parmi mes contemporains, j’aime beaucoup les artistes qui sortent des sentiers battus et qui ont des propositions qui leur sont très propres. Je pense notamment à Les Louanges, à Rau_ze, à Clara Dahlie, à Erika Zarya. J’aime aussi beaucoup le rappeur Webster, car je trouve que sa manière d’écrire et de raconter l’histoire est percutante et extrêmement pertinente. Sinon, il est clair que des formations telles que Les Cowboys Fringants et Les Colocs ont une grande place parmi mes inspirations.
Complète la phrase suivante : MILANDREA est une artiste à découvrir parce que …
Son style unique et intrigant permet au public de connecter avec les profondeurs de l’âme humaine dans le partage de l’expérience musicale qu’elle offre.
** Si vous ne pouvez pas être présent à son spectacle du 15 juin, MILANDREA sera de retour au Festival Que-Latino le 30 juin prochain. L’événement sera gratuit, et sa prestation commencera à 20h.
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Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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