Dernier soir mémorable pour Michel Fugain, le 24 février à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts, où le célèbre chanteur français y a présenté son spectacle Michel Fugain fait Bandapart. Cette représentation concluait admirablement sa tournée de neuf supplémentaires offertes au public québécois en février 2024.
Après le succès retentissant de sa récente tournée québécoise au printemps 2023, alors qu’il a donné 15 représentations à guichet fermé de ce spectacle, avec plus de 13,000 billets vendus, un second passage de lui et sa bande était fortement espéré par le public.
Une présence inouïe sur scène!
Dès l’arrivée de Michel Fugain, on sent que la soirée sera spéciale. Son aisance est remarquable, car la scène, il la connaît depuis 60 ans tout de même! Charismatique, tout ce qui se dégage instantanément de sa présence est sa chaleur humaine et son énergie incroyable, lui qui « aura bientôt 82 balais » comme il dit!
Mais dans sa tête, il a sûrement encore 17 ans, car son propos est allumé, rigolo et stimulant. Sa façon de nous présenter ses chansons est faite avec humour et tendresse, dans un crescendo qui va de ses premières années avec le Big Bazar, et ce jusqu’à aujourd’hui. Très alerte et solide, il danse, fait du cha-cha, seul ou accompagné de sa femme, Sanda, qui est aussi chanteuse et choriste. Le tout pendant deux heures et quart sans entracte, un tour de force hallucinant, même pour des artistes pas mal plus jeunes que lui!!
Très tôt dans le spectacle, on sent à quel point c’est primordial pour lui d’établir le contact avec le public. Sa musique est représentative des textes qu’elle a inspirés à ses paroliers, présents d’ailleurs sur scène en photos à titre posthume. Il nous raconte l’histoire de ses chansons, qui sont présentées dans une chronologie efficace, avec de multiples anecdotes que le public ne connaît pas forcément. Comme lorsqu’il se demande, à propos de la pièce Je n’aurai pas le temps : « Mais pourquoi il me faisait chanter ça, à 25 ans, alors qu’on a l’impression d’être éternel à cet âge-là? Surtout qu’il n’y a pas longtemps, j’ai réalisé que j’avais le même âge que Joe Biden! Faut pas faire de politique, ça n’arrange pas le bonhomme!! »

Un répertoire qui a traversé le temps
Avec une énergie du tonnerre et tant de chansons incontournables, en plus d’une grande envie de faire du bien à l’âme, Michel Fugain et sa joyeuse bande offrent un moment de pur bonheur. Accompagné de ses quatre musiciens et de sa femme-choriste, il arrive sur scène avec la pièce Chante, puis Soleil, qui donnera le ton enjoué et dynamique qui lui ressemble.
En reprenant tout le répertoire des grands classiques du Big Bazar, il propose un choix de chansons qui correspond à la nostalgie des gens. Même s’il ne se gêne pas pour nous le rappeler : « Le Big Bazar, c’était il y a 50 ans! Et ça n’a duré que cinq ans. Et à partir de 50 ans, si tu n’as mal nulle part quand tu te lèves le matin, c’est que t’es mort! » Des chansons qui donnent aussi la joie de vivre : Je n’aurai pas le temps, Attention mesdames et messieurs, Fais comme l’oiseau…
Son timbre de voix, clair et riche, n’a pas pris une ride. Ses chansons non plus… Quel bonheur d’entendre ces immenses succès qu’on fredonne depuis si longtemps! Par sa présence chaleureuse et énergique, il entretient le lien avec le public, ce qui rend des pièces comme Une belle histoire, Jusqu’à demain peut-être ou Bravo, monsieur Le Monde si émouvantes à le voir et l’entendre les interpréter, que les frissons nous prennent et qu’il nous amène les larmes aux yeux…

Le Québec
Son premier spectacle au Québec, c’était au « milieu des crevettes à Matane en 1969 ». Sa relation avec le public québécois s’est bâtie sur des décennies et il n’est pas question pour lui de n’être que « de passage », voilà pourquoi il s’installe toujours ici pour plusieurs concerts. Il avoue « avoir un peu de québécois » en lui et n’a aucune difficulté à reprendre notre accent! D’un retenti « Merci les québécois de Montréal! » il avoue « avoir toujours un peu l’impression de revenir à la maison ».
Il nous raconte diverses anecdotes qu’il a vécues au Québec avec ses amis comme, entre autres, Robert Charlebois avec qui il s’est souvent assis pour « refaire le monde, même si ça donne soif! » Entre deux « breuvages tellement forts qu’il croyait être devenu aveugle », Robert lui a fait connaître la musique cajun, totalement méconnue des français, qui lui a inspiré la chanson Les Acadiens.

Fin du Big Bazar
Cette chanson est la dernière du répertoire du Big Bazar, qui ne représente tout de même que 10% de son répertoire! Après la dissolution du groupe, désirant se prouver qu’il pouvait écrire un autre genre de musique, Michel Fugain a alors composé de magnifiques chansons d’amour qu’il nous a interprétées, telles que Forteresse, Chaque jour de plus et Encore.
Son énergie naturellement enjouée reprend cependant le dessus lorsqu’il nous dit : « Bon, y’a pas que l’amour dans la vie, il y a aussi la danse! » Et de repartir avec rythme sur Les Sud-Américaines, Laissez danser ou De l’air! De l’air!
Il nous transporte aussi dans des chansons moins connues du grand public ainsi que des nouveautés, vraiment jolies, telles que Je laisse ou La rue du temps qui passe.
Chanter comme s’il devait mourir demain …
Michel Fugain, par sa bonne humeur communicative et sa joyeuse vitalité, a su imprimer un sourire sur tous les visages des spectateurs. Avec sa « Bandapart », il nous a offert un spectacle qui mise sur l’essentiel, laissant toute la place aux émotions et à la musique.
Son humilité est également frappante, car il pourrait avoir la grosse tête avec tous ses succès. Mais non, au contraire, il avouera raconter aux jeunes générations : « Quand tu montes, souris! Parce que tu croiseras les mêmes en redescendant… »
À la fin du spectacle, chaudement et longuement ovationné, il a pris le temps de remercier tout le monde, y compris son chauffeur. Ce grand homme, qui incarne la vitalité incarnée, est reconnaissant et ne tient rien pour acquis, comme si c’était ses derniers applaudissements… Nul doute qu’il en aura bien d’autres, à notre plus grand bonheur!
















Liste des chansons
- Chante… comme si tu devais mourir demain
- Soleil
- C’est de la musique
- Je n’aurai pas le temps
- Attention mesdames et messieurs
- Une belle histoire
- Fais comme l’oiseau (de Antônio Carlos e Jocáfi)
- La fête
- Jusqu’à demain peut-être
- Les gentils, les méchants
- Bravo monsieur Le Monde
- Le temps des cerises – Il y a longtemps que je t’aime
- Le printemps
- Les Acadiens
- Forteresse
- Chaque jour de plus
- Encore
- Les Sud-Américaines
- Laissez danser (Sanda Fugain)
- Un sourire
- De l’air! De l’air!
- La rue du temps qui passe
- Les bourrins
- Je laisse
- Dans 100 ans peut-être
- Viva la vida
- Chante… comme si tu devais mourir demain (Encore)

Josée Laberge | Journaliste
Passionnée de musique depuis son jeune âge et ayant une formation de pianiste, Josée a des goûts musicaux très éclectiques. Dévorant la culture sous toutes ses formes, elle adore assister à des spectacles ou événements de tous genres, afin de partager sa passion pour la richesse de la culture québécoise et de ses nombreux artistes talentueux.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.

Bravo Josée .. Tu t’es profondément investie dans cet article scintillant.