Avec Foie gras, dont le nom a été trouvé par son ami et comédien Christian Bégin, Mariana Mazza prend un virage courageux vers la vérité. Après le succès massif de ses deux premiers one-woman-shows, elle revient avec un spectacle plus personnel et posé, tout en restant percutante. Fini les grandes charges verbales : place à la réflexion, à l’émotion et à une sincérité désarmante.
Dès les premières minutes, Mazza se présente telle qu’elle est aujourd’hui : une femme de 35 ans, toujours aussi mordante, mais plus ancrée, plus lucide. Elle aborde sans détour sa relation passée avec l’humoriste Alexandre Barrette, son ancien compagnon et collaborateur aux textes. Le sujet, traité avec franchise et humour, donne le ton : ce spectacle est une œuvre d’authenticité, où la confession devient moteur de rire et de tendresse.


Une sincérité qui touche droit au cœur
Mazza ne s’arrête pas à sa vie amoureuse : elle raconte aussi avec tendresse les figures qui colorent son quotidien. Sa mère, mêlant amour et moquerie, devient une figure attachante et drôle. Son voisin Pépé, personnage du quotidien, illustre cette bienveillance qu’elle sait dénicher dans l’ordinaire. Chaque anecdote est livrée avec précision et chaleur, rappelant pourquoi le public s’est tant attaché à elle depuis ses débuts.
Le moment le plus marquant reste celui où elle évoque la maladie du foie gras qu’elle a découverte grâce à son ex. Ce passage, empreint de grande vulnérabilité, suspend littéralement la salle. Les silences, rares dans un spectacle d’humour, résonnent autant que les rires. Mazza n’a plus besoin de crier pour qu’on l’écoute : sa vérité, dite calmement, touche en plein cœur.
L’écriture de ce spectacle se distingue par sa justesse. Le texte marie confidences personnelles, observations sociales et humour tranchant avec un équilibre remarquable. Moins corrosive, certes, mais plus habitée que jamais, Mazza offre un humour d’une maturité nouvelle — celui d’une femme qui assume sa sensibilité et son évolution.


La mise en scène, sobre et épurée, soutient parfaitement cette démarche. Une chaise, une lumière et sa parole suffisent à captiver. Le public rit, s’émeut, écoute. Une rare alchimie se crée entre l’artiste et la salle, preuve qu’elle sait désormais faire vibrer autrement que par le choc.
Avec Foie gras, Mariana Mazza signe son spectacle le plus personnel et le plus assumé. Elle ne se contente plus de faire rire : elle dialogue, partage et se confie. Le résultat est fort, sincère et bouleversant — une belle preuve qu’on peut grandir sans perdre sa flamme.
Pour ceux qui n’en ont jamais assez, rappelons que Mazza reprendra cet hiver l’animation du magazine littéraire Livre ouvert, dont la deuxième saison sera diffusée en janvier sur ICI ARTV.

Serge Larivière | Journaliste
Passionné de musique, Serge ne jure que par les succès d’ici et d’ailleurs des années 80, 90 et début 2000. Avec les années, il s’est toutefois découvert une nouvelle passion pour tout ce qui touche l’humour québécois. On comprend, il adore rire et faire rire les gens.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Éric Myre
