Sous la direction artistique d’Ivan Cavallari et avec l’orchestre dirigé par Dina Gilbert, les Grands Ballets Canadiens ont offert une soirée mémorable le 12 septembre à la Salle Wilfrid-Pelletier, qui affichait complet. Le programme MAESTRO a proposé quatre œuvres aussi impeccables qu’audacieuses, signées par les maîtres de la chorégraphie Jiří Kylián, Stephan Thoss, et Garrett Smith. Ce spectacle réussit avec brio à marier la richesse de la musique classique et la créativité de la danse contemporaine, offrant une expérience absolument saisissante.
La soirée a débuté avec Petite Mort de Jiří Kylián, un véritable joyau de la danse contemporaine. Le génie du chorégraphe tchèque s’exprime dans une représentation où les sexes se défient et se mêlent avec une sensualité envoûtante, au cœur d’un ballet de séduction. Sur les Concertos de Mozart, cette pièce célèbre l’alchimie des corps. Dès les premiers mouvements, les danseurs ont pris des risques impressionnants : les coups de fouet des épées résonnaient dans le silence, ajoutant une dimension dramatique et une complexité raffinée à l’exécution. La synchronisation impeccable des danseurs, leur travail d’équipe méticuleux et leur harmonie parfaite ont magnifié le spectacle.



Tonnerre de silence, chorégraphié par Stephan Thoss, s’est présenté comme une fresque chorégraphique immersive. Cette pièce propose une réflexion méditative sur le lien fragile et profond entre l’humanité et la nature, en résonance avec les Concertos de Vivaldi. La vision du chorégraphe a permis de créer une variété de structures et de niveaux de scène, allant de l’avant à l’arrière, maintenant un mouvement constant. Les thèmes de la nature, de la connaissance du corps et de la transformation ont été exprimés avec une grande habileté, offrant une performance impressionnante.
La séquence Sechs Tänze de Jiří Kylián a apporté une touche humoristique, reflétant la comédie de l’époque avec une vivacité théâtrale. Les moments burlesques ont suscité des rires dans le public tout en évoquant les brutalités de l’époque, notamment les répercussions de la guerre. Cette pièce a offert une légèreté bienvenue et a mis en lumière le côté plus dynamique et joyeux du ballet.


Pour clore ce spectacle remarquable, le public a été captivé par Complete, une création de Garrett Smith sur la célèbre Symphonie No 5 de Beethoven. Cette œuvre illustre magnifiquement comment le ballet peut transcender les époques et les genres. Garrett Smith célèbre la singularité de chacun : « Je suis inspiré par ceux qui ont le courage de montrer pleinement leur véritable soi, même face aux communautés où la société impose des barrières et des contraintes. » Le numéro, agile et rapide, a mis en valeur l’unicité des artistes avec une musicalité exquise et une attention au détail impressionnante. Les danseurs des Grands Ballets ont brillé dans un thème doré avec des nuances sombres, soulignant la grandeur et la splendeur du spectacle.

Sandra Sigouin Sansoucy | Journaliste
Sandra est passionnée par la culture et les arts de la scène. Entre autres, elle aime la danse, la musique latine et la musique québécoise. Sa curiosité la transporte dans sa mission de journaliste, qui pour elle a pour signification de partager la culture au plus grand nombre de personnes.

