Forte d’une année mirobolante marquée par la sortie de deux albums, une grande tournée québécoise et une récolte de 12 Félix, Lou-Adriane Cassidy n’a plus besoin de présentation. « C’est les Francos, il fait chaud, on est tous consentants, on va le vivre ensemble », a-t-elle lancé pour ouvrir le bal de la 37e édition des Francos de Montréal, le vendredi 12 juin. Alors qu’elle entame Valse frustrée, seule l’exaltation de la foule rivalise avec la chaleur tropicale qui règne au MTELUS.
L’autrice-compositrice-interprète de 28 ans avait rendez-vous avec un public déjà conquis, reconnaissant chacune des 21 chansons dès leurs premières notes et formant un chœur à chaque refrain. Pendant près d’une heure trente, la communion entre la salle comble et l’artiste prouve que l’ascension de Lou-Adriane Cassidy était aussi naturelle qu’inévitable.
Entre sincérité désarmante, candeur et assurance, l’aura magnétique de la chanteuse confère à son répertoire une dimension envoûtante sur scène. Les arrangements sont remaniés dans un esprit plus rock que folk, les éclairages épousent et amplifient l’ambiance, tandis que la mise en scène déborde de fougue, sans temps mort ni fioriture. Le talent brut de la chanteuse a toute la place pour briller. Avec deux albums parus à quelques mois d’intervalle, les possibilités en matière de liste de chansons étaient vastes, mais la proposition demeure cohérente et généreuse.


Des invités de choix et des moments marquants
Parmi les moments forts, une vague nostalgique parcourt la salle lorsqu’elle reprend Ça va ça va, le simple qui a fait découvrir sa voix en 2019. L’esprit de collaboration derrière Triste Animal est également mis en valeur lorsque les voix d’Ariane Roy, Odile Marmet-Rochefort et Lysandre se joignent à la sienne sur quelques chansons, notamment Jamais tout à fait et On n’arrête pas. La présence des trois choristes originales de l’album insuffle ainsi une charmante complicité sororale à la scène.
Sur une note plus vulnérable, la chanteuse livre une belle interprétation d’Adieu, titre inspiré par la perte de sa grande-tante. Dans une version intime et un brin mystique d’Ariane, Lou-Adriane Cassidy et Ariane Roy — à qui la chanson est dédiée — sont assises côte à côte à même le sol, auréolées d’une lumière tamisée. Ces instants plus doux offrent un contraste bienvenu avec l’énergie ardente qui porte l’ensemble du spectacle.
Mention spéciale aux titres J’ai l’habitude, Journal d’un loup-garou, La pluie ne tombe jamais sur toi, La fin du monde à tous les jours et, bien sûr, Dis-moi dis-moi dis-moi.


Une dernière surprise
Petite surprise pour conclure la soirée : la tête d’affiche invite de nouveau Lysandre, qui assurait également sa première partie, à l’avant-scène. Elle lui annonce qu’elle vient de remporter le 30e prix Félix-Leclerc de la chanson, une reconnaissance notable pour l’artiste émergente et un beau moment de transmission entre créatrices.


Chose certaine, Lou-Adriane Cassidy traverse une période exceptionnelle de sa carrière. Au-delà de son répertoire riche et de sa série de récompenses, sa singularité et sa présence captivante sur scène en font l’une des artistes les plus fascinantes de la scène québécoise actuelle.
Triste Animal se déploiera sur scène une dernière fois à Montréal le mardi 16 juin aux Foufounes Électriques.

Caroline Sobral Cabana | Journaliste
Luso-québécoise amoureuse des mots, Caroline a toujours aimé raconter des histoires. Éternelle curieuse, elle aime se laisser captiver par de nouveaux récits et différentes formes d’art. À l’école, elle flirte avec le théâtre, la littérature et l’histoire de l’art, avant de travailler dans les secteurs de la mode et du voyage. Elle poursuit maintenant des études en sexologie, tout en signant des mandats de rédaction et de traduction.

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Crédit Photos : Victor Diaz Lamich & Benoit Rousseau
