C’est le jeudi 7 novembre que la diffusion de la première saison de la nouvelle mouture de Pignon sur rue s’est terminée. On a eu la chance de s’entretenir avec Logan en voie de son retour dans son Abitibi-Témiscamingue natal, elle revient sur son expérience de fond en comble.
Qu’est-ce que tu retiens de ton aventure?
Que Montréal n’est pas si pire que ça finalement. Je ne l’ai découvert malheureusement qu’une fois les tournages terminés, c’est là que j’ai vraiment eu l’impression de bien profiter de la ville et de ce qu’elle avait a offrir… Toutefois, je pense toujours que les mauvaises odeurs métropolitaines sont pires que celles des champs et des fermes de mon village!
Quel a été ton plus grand ajustement ?
Pour ne pas vous mentir, au début de l’aventure je me mettais une grosse pression par rapport à mon apparence. Je me positionnais pour être à mon avantage par rapport aux angles des caméras, en fonction que mes défauts paraissent un peu moins et même démaquiller, avant de me coucher ou le matin en me levant avant d’aller aux toilettes, je n’oubliais jamais de mettre mon cache-cerne « au cas où ». C’est quand la diffusion des émissions a commencé que j’ai bien vu que ça ne servait à rien, que je ne puisse pas me débarrasser si facilement de mon double menton ou de mes cernes, que le naturel est vite revenu au galop et que j’ai arrêté de m’en soucier. De toute façon, j’avais l’air bien plus naturelle et à l’aise ainsi. Je crois que c’est parce que j’étais habituée à avoir le contrôle sur ce que je publiais normalement sur mes réseaux. Là, je savais bien que je n’aurais aucun pouvoir sur les images qui allaient montrer.
Qu’est-ce que tu as le plus aimé?
Je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, mais ce qui m’a le plus marqué a été le travail que je me suis trouvé à Montréal. J’avais déjà dans l’idée de travailler dans les bars lors de mon séjour, mais je n’avais aucune idée à quel point j’allais y trouver ma place. Je suis tombée en amour avec le King Crab, ses clients, mes collègues, la vie nocturne, la fête. C’est fou comme on oublie vite les horaires difficiles et le manque de sommeil quand on est bien entouré. Ils sont devenus ma famille l’instant de deux mois et je ne pourrai jamais être plus reconnaissante pour ce que j’y ai vécu. Les liens que j’y ai tissés et l’expérience que j’ai acquise resteront gravés à jamais dans ma mémoire. Quel bonheur de savoir que c’est documenté et que j’aurai accès à ses souvenirs le restant de ma vie!


D’un point de vue personnel, qu’est-ce que tu as le moins aimé?
J’ai moins aimé la vie de colocation avec des gens que je ne connaissais pas, ou du moins, que je n’avais pas pu choisir. Il ne faut pas oublier qu’avant de déménager à Montréal, j’habitais seule en appartement et que j’avais l’habitude d’y faire les choses à ma manière. Voilà que je me suis retrouvée avec six autres personnes, triées pour être toutes différentes les unes des autres, venant des quatre coins du Québec, pour qui c’était, pour la plupart, leur première expérience en appartement loin de leurs parents. J’avais de la difficulté à y trouver ma place, mes repères et des affinités.
Tu as reçu de la haine sur les réseaux sociaux, comment as-tu vécu/ géré ça?
Bien que l’émission n’était orientée sur le drame, il y en a forcément lorsque, comme je l’ai dit précédemment, nous plaçons sept personnes avec des mœurs, valeurs et parcours totalement distincts sous le même toit. Nous avions des façons de faire et de gérer les choses différentes et ça créait des frustrations et des frictions. Pour ma part, j’ai vécu très difficilement le visionnement des épisodes quand j’y apprenais des réactions et des commentaires par rapport à mes agissements, un mois plus tard, en même temps que les autres téléspectateurs.
Des regards entre colocs quand je disais quelque chose qui leur plaisait moins, des discussions dans mon dos après un souper ou des commentaires à mon sujet dans le confessionnal. Je ne trouvais pas normal qu’on ne vienne pas m’en parler directement avant que je m’en aperçoive à l’écran. Comment voulait-on que j’adapte mon comportement si personne ne m’avertissait.
Lorsque j’ai fait part de mon point de vue à Mia, j’ai passé pour la méchante, l’égocentrique, qui n’était pas capable de faire face à la critique et qui n’assumait pas ses torts. Sous les publications Facebook, il y avait des dizaines de commentaires me traitant de tous les noms. Un hashtag « #teammia » a même été lancé et des gens ont dénigré des aspects de ma personnalité qui n’avait aucun rapport avec la situation pour appuyer leurs opinions.
Sur le coup, c’était « rough », j’avais envie de m’expliquer, me défendre, mais j’ai vite compris que c’était inutile. Au fond, eux ne me connaissaient pas vraiment, je n’avais pas à leur accorder cette importance et je savais ma vérité à la fin de la journée, c’était l’important. Je n’avais rien à prouver. Heureusement, ce malentendu avec Mia s’est réglé et je garde un bon souvenir de sa personne.
Quel est le plus grand apprentissage que tu as fait?
J’ai appris à lâcher prise. Je suis habitué à exercer un certain contrôle sur moi-même et mon environnement. Dans le contexte de l’émission, c’était compliqué. Je n’ai pas choisi les gens avec qui j’habitais et je n’avais pas à leur dire quoi faire et comment faire. Je n’ai pas choisi les dates de tournage non plus, j’ai dû faire une croix sur plusieurs projets et événements en mon absence. Bref, j’ai fait preuve de beaucoup de lâcher prise et j’ai finalement apprécié ce sentiment de légèreté au bout du compte. J’ai appris à comprendre ce sur quoi j’avais un réel pouvoir et où mettre mes énergies.
J’ai aussi appris ma vraie valeur quelque part dans tout ça. Les gens que j’y ai rencontrés, que ce soit à mon travail, dans la production, sur les plateaux télé ou dans les stations de radio où je suis allée, m’ont fait du bien à l’âme. Je suis drôle, je suis belle, j’ai une bonne énergie que je sais répandre autour de moi, je suis rassembleuse et plus encore. Des fois, on se rend compte à quel point on est une bonne personne qu’à travers les nouveaux regards des gens qui croisent notre chemin. On tient pour acquis les compliments de ceux qu’on côtoie tous les jours. Je suis fière d’avoir été capable de faire ces réalisations.


Quel est l’impact que tu penses que l’expérience aura dans ta vie? Est-ce que tu as vécu des trucs qui font en sorte que tu es différente aujourd’hui?
Je pense maintenant faire preuve de beaucoup plus d’ouverture d’esprit et de tolérance envers le monde qui m’entoure. Ça faisait un moment que je me tenais toujours dans les mêmes endroits avec les mêmes personnes et j’y étais un peu trop confortable. C’est bien d’avoir un mode de vie stable, mais parfois ça te ferme au reste du monde en contrepartie. Je veux continuer d’expérimenter, d’explorer. À 24 ans, j’ai le droit de continuer de me découvrir et d’évoluer.
Est-ce que l’expérience change tes plans du futur? Est-ce que tu voudrais avoir un emploi dans le domaine artistique ou des communications?
C’est sûr que l’expérience m’a fait vivre mon rêve de petite fille. Le monde des communications et des médias m’a toujours intéressé, j’ai même un peu étudié dans le domaine, mais je n’avais jamais osé me lancer à 100% par peur de m’exposer, me tromper, manquer de stabilité. J’ai adoré voir l’envers du décor, discuter avec des gens du milieu. C’est tellement spécial d’avoir l’opportunité d’aller dans une station de radio, mettre des écouteurs, parler dans un micro, ressortir du studio, regarder ton téléphone et recevoir des messages de tes proches qui t’ont entendu dans leur voiture! Ou encore aller sur un plateau télé, se faire maquiller, avoir une loge, s’asseoir à côté de Guylaine Tremblay et la voir s’intéresser à ce que t’as à raconter.
Malgré que je me sois senti quelque peu imposteur dans tout ça, j’en ressors avec un énorme sentiment de reconnaissance et des papillons dans le ventre. Ça m’a confirmé que je m’y sentais à ma place et bien. Si j’ai d’autres opportunités comme celles des derniers mois, je les prendrai certainement, mais je ne retournerai pas aux études dans le domaine pour autant. J’aime quand même mon métier d’esthéticienne et je serai heureuse de continuer celui-ci encore longtemps.
Comment se passe la vie post-Pignon?
C’est lorsque les tournages ont terminé que j’ai vraiment profité de la vie montréalaise à son plein potentiel. Il me restait trois semaines avant de retourner dans mon village et j’allais les exploiter au maximum! Je n’étais presque jamais à l’appartement, je sortais dans plein d’endroits incroyables, j’allais voir des amis, je me sentais plus à l’aise de faire ce que bon me semblait sachant que je n’aurais personne qui allait scruter les moindres faits et gestes ou fréquentations! Je tiens tout de même à spécifier que l’équipe était très respectueuse et à l’écoute de nos demandes. Si nous ne nous sentions pas à l’aise qu’elle nous suive quelque part, elle ne venait pas.
La réalité c’est que, malgré tout, je sentais que je leur devais du contenu. J’avais signé pour leur donner accès à ma vie et mon entourage et c’est ce que j’ai fait. Sinon, à mon retour en région, j’étais très heureuse de retrouver mes repères. Il va me falloir un moment pour me réhabituer à la vie « normale », mais ça va me faire du bien. La vie en général va vite, mais celle à Montréal, va encore plus vite, surtout quand on la vie la nuit. Les clubs, les restaurants, toutes ces choses qu’il y a à faire et à voir, ça peut devenir étourdissant. Je suis contente de revenir à un rythme plus régulier et tranquille.


Est-ce que tu as des regrets? Est-ce que tu recommencerais l’aventure?
Je n’ai aucun regret, à part peut-être celui de ne pas m’avoir permis d’explorer autant que j’ai pu le faire dans les dernières semaines. Je recommencerais l’aventure n’importe quand! C’était incroyable.
S’il y a une nouvelle saison, pourquoi s’inscrire?
Je le conseille à n’importe qui étant curieux de vouloir s’épanouir dans un monde différent que celui dans lequel il se trouve. C’est une expérience hors du commun qui mérite d’être vécue!

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
