Les États-Unis n’ont pas fait dans la demi-mesure ce jeudi 25 juillet 2025 lors de leur passage attendu à L’International des Feux Loto-Québec. Sous la bannière évocatrice de « Légendes du Métal », la firme Pyro Spectaculars, récipiendaire du Jupiter de bronze en 2007, a livré un spectacle à la hauteur de sa promesse : un hommage aussi flamboyant que respectueux à l’histoire du heavy metal. Le public, massé en nombre record dans les gradins de La Ronde, a eu droit à une véritable collision de décibels et d’étincelles, dans un feu d’artifice aux allures de concert céleste.
Dès les premières secondes sur Crazy Train de Ozzy Osbourne — récemment disparu —, le ton était donné. À la guitare déchaînée répondait une pluie de feux crépitants. L’hommage imprévu, à la fois touchant et électrisant, lançait le spectacle à toute vapeur. Pyro Spectaculars a enchaîné avec une maestria explosive : le ciel de Montréal s’est embrasé en rouge, blanc et bleu sur les riffs de Iron Man de Black Sabbath, dans une synchronisation quasi militaire entre explosions et percussions.
Mais la grande force de cette proposition, c’est d’avoir su varier les atmosphères sans jamais trahir l’esprit du métal. Sur Planet Caravan de Pantera, les artificiers ont troqué la fureur contre la contemplation. Fleurs lumineuses, pluie dorée : le ciel s’est soudain fait rêveur. Une respiration bienvenue dans ce tourbillon incandescent.
Les effets au sol n’ont pas été en reste : éventails étincelants, gerbes en queue de paon, jets synchronisés avec les batteries furieuses, chaque tableau offrait sa signature visuelle, souvent en parfaite concordance avec la musique. Mentionnons la très belle réalisation des intermèdes laser, utilisés avec intelligence pour soutenir les morceaux instrumentaux. Cette fois-ci, ces moments ont su fusionner son et image dans une belle symphonie.
Autre moment de grâce : Rainbow in the Dark de Dio, offrant un arc-en-ciel pyrotechnique composé de flashs multicolores et d’explosions colorées à l’unisson avec la voix rocailleuse du chanteur. Le tableau était vibrant. Mais c’est avec Thunderstruck de AC/DC que la foule a littéralement explosé : chaque riff ponctué de détonations, chaque refrain accompagné d’un mur de lumière, culminant dans un orage doré.
Sur Epic de Faith No More, les artificiers ont sorti l’artillerie lourde : grandes nappes lumineuses, traînées tourbillonnantes, cascades d’étincelles et un ciel saturé d’impacts visuels. Et que dire de la conclusion magistrale sur I-E-A-I-A-I-O de System of a Down ? Une véritable frénésie de bombes multicolores, de sifflements stridents, de balayages effrénés — le tout épousant à la lettre les rythmes déchaînés du morceau et illustrant à merveille le refrain : « And we light up the sky! »
Pyro Spectaculars a prouvé que le métal, loin d’être un simple genre musical, est un univers sensoriel à part entière. Et en l’espace de 30 minutes incandescentes, les Américains ont réussi à en faire une fresque pyrotechnique d’une richesse impressionnante.
Prochain rendez-vous :
La compétition se poursuit ce dimanche 27 juillet 2025 avec la dernière équipe en lice : la France. À 22 h, au-dessus du lac des Dauphins, au cœur de La Ronde, les artificiers français promettent une nouvelle création spectaculaire. Un rendez-vous à ne pas manquer pour clôturer le mois en beauté.






















Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
