Dans un monde où le virtuel prend de plus en plus de place, il y a lieu de s’interroger sur les enjeux moraux qui y sont liés. Jusqu’au 21 octobre, le Théâtre Denise-Pelletier présente « L’Inframonde ». Cette pièce de Jennifer Haley traduite par Étienne Lepage met en scène les dérives d’un jeu en ligne où tout est possible.
Virtuel et réel : où tracer la ligne?
Dans un futur pas si éloigné, un jeu immersif fait son apparition sur Internet. Baptisé le Refuge, il a été conçu pour permettre de braver les interdits de façon anonyme. Caché derrière un avatar, l’utilisateur navigue dans un monde où tous ses sens sont stimulés. Alertée par les choses immorales qu’il semble s’y passer, une détective décide de s’y infiltrer pour enquêter et en confronter le créateur. Devrait-il répondre de ses actes virtuels dans le monde réel?
Dichotomie
Le virtuel et le réel se confrontent aussi sur la scène, séparée en deux pour illustrer chacun des mondes. D’un côté, on retrouve le Refuge avec son esthétique victorienne et sa cour au feuillage dense. De l’autre, est disposée une salle d’interrogatoire minimaliste et austère. Tout au long de la pièce, on alterne les scènes entre ces deux endroits à mesure que l’enquête progresse.
Dans le Refuge, évolue une petite fille enjouée d’une dizaine d’années nommée Iris, magnifiquement interprétée par Anaïs Cadorette-Bonin. Son insouciance et son rire contagieux la rendent si attachante que tous les visiteurs s’arrachent les moments en sa compagnie. C’est aussi la préférée du créateur, celui qui se fait appeler « Papa ».
Dans la salle d’interrogatoire, la détective Harrisson interroge sans relâche un certain monsieur Schmidt dans le but d’en apprendre plus sur « Papa » et d’arriver à le coincer. Une fois qu’elle a amassé assez de preuves, elle convoque Roy – alias Papa – dans le but de l’accuser des crimes virtuels commis au Refuge.
Un thriller prenant
La mise en scène de Catherine Vidal fait en sorte que l’on se sent rapidement investi dans l’enquête. De plus, jeu des comédiens aide à créer un attachement envers les personnages. Une énorme lassitude et un profond désarroi émanent de monsieur Schmidt, si justement incarné par Igor Ovadis. Yannick Chapdelaine arrive à nous faire plonger dans la personnalité complexe de Roy et Rose-Anne Déry nous fait ressentir toute la fougue de la détective Harrisson.
Une pièce qui remet les questions éthiques sur le métavers à l’ordre du jour.
L’Inframonde
Une production du Théâtre La bête humaine
Texte : Jennifer Haley
Traduction : Étienne Lepage
Mise en scène : Catherine Vidal
Distribution : Anaïs Cadorette-Bonin, Yannick Chapdelaine, Rose-Anne Déry, Igor Ovadis et Fabrice Yvanoff Sénat.
Texte : Nancie Boulay
Crédit photo : Vincent Ouellet-Vinzi
