La chanteuse Leticia Jimenez connaît bien la scène. Dès un jeune âge, elle a participé à des concours de chant, avant de charmer le grand public à La Voix, en 2024, où elle était demi-finaliste. Depuis, elle continue à façonner son identité musicale, en mêlant le français et l’espagnol de façon entraînante. On peut aussi la retrouver dans la comédie musicale Peter Pan, où elle interprète Lily la Tornade.
On s’est entretenu avec Leticia dans son studio du Vieux-Montréal pour en découvrir davantage sur son univers, sa vision créative et son EP Illusion. Le lancement de son EP Illusion aura lieu le 1er avril au Société Des Arts Technologiques (SAT), et, au lieu d’être simplement un spectacle, il promet d’être une expérience immersive.
Pourrais-tu te présenter et nous parler de ton univers créatif actuel? Même si Illusion est ton premier EP, le public te connaîtra peut-être grâce à La Voix ou à la comédie musicale Peter Pan.
Oui! Je suis Leticia Jimenez et j’ai 21 ans. Mon univers musical a beaucoup évolué au cours des années. On m’a connu pour ma reprise d’Histoire d’un amour de Dalida à La Voix. C’est une chanson francophone dans laquelle on a ajouté un peu d’espagnol et une touche flamenco. Corneille m’a amené à faire des tounes un peu plus pop, mais on a gardé cette touche espagnole. C’est comme ça que je continue pour l’EP. On est dans un univers qui touche à la pop et au R&B, mais surtout avec une influence de flamenco. Toutes les chansons ont une guitare flamenca et des éléments rappelant les origines de mes parents ainsi que mes nombreux voyages depuis l’enfance.
Quel a été ton cheminement pour créer cet EP ? Est-ce que tu avais ce projet en tête depuis longtemps ou est-ce que des événements récents t’ont poussé à le faire?
Cette idée d’avoir un album qui s’appelle Illusion est apparue vers l’âge de 8 ou 9 ans, donc ça fait très longtemps que j’ai planifié cet EP! J’ai toujours aimé le nom parce que ça se dit dans les trois langues. Les gens peuvent le comprendre en français, en anglais et en espagnol même si ce n’est pas totalement pareil. Mon but était que ce soit universel. C’est un projet que j’avais dans ma tête depuis longtemps. On l’avait commencé l’année dernière, et on le lance cette année au grand public.
Est-ce que les idées pour les chansons étaient toujours dans ta tête ou c’était vraiment juste le titre?
C’était vraiment le titre. Il y a environ un an et demi, je me suis assise pour penser à l’EP. J’avais l’idée de cinq titres pour les chansons: Illusion, Reflejos, Tormentas, Destinos et Fiestas. Chacun de ces titres a une signification pour moi, dans mon parcours et dans ma vie personnelle. À partir de ces titres, on a créé une chanson.
C’est intéressant! Tu es québécoise avec des origines espagnoles. D’où en Espagne vient ta famille?
C’est un peu partout en Espagne. Du côté de ma maman, c’est plus le nord de l’Espagne, et le côté de mon papa vient plutôt du sud. Je dirais que c’est surtout Malaga, c’est là où je voyage souvent et où j’ai enregistré la chanson Illusion. Une grande partie de ma famille habite là-bas aussi.
À quoi ressemblait ta vie en grandissant? Est-ce qu’il y avait un grand mélange de cultures pendant ton enfance et adolescence?
Absolument! J’ai grandi avec une dualité entre l’espagnol et la culture québécoise. Les deux cultures ont toujours été présentes dans ma vie. J’ai grandi avec les influences de mon grand-père, un musicien, et ma grand-mère, une grande fan de tout ce qui était la musique espagnole. Elle dansait énormément le flamenco, ce qui m’a beaucoup inspirée pour ma présence scénique, et elle écrivait également beaucoup de poésie. La musique a toujours été présente dans ma vie. Cette dualité espagnole-québécoise est en moi. Je ne me suis jamais posé la question de savoir à laquelle je m’identifie le plus : les deux sont égales.


Ta nouvelle chanson Fiestas est une exploration de la solitude qui vient avec le fait de suivre ton propre chemin. Pourrais-tu parler davantage de l’histoire derrière ça et comment le chemin diffère de celui d’avant?
Fiestas est une chanson qui parle du fait de prendre un chemin différent. Ça parle de la difficulté d’être un enfant « différent ». J’ai grandi en faisant plein de concours et en étant sollicité par une vie qui demandait beaucoup de discipline. Par conséquent, je me suis éloignée d’une vie plus commune chez les gens de mon âge, comme faire la party et boire. Je n’ai pas vraiment touché à ça. C’était parce que j’étais très concentrée sur ma carrière, et aussi pour des raisons spirituelles. Je ne dirais pas que je ne l’ai jamais fait, mais je l’ai fait beaucoup moins. Ça m’a amené à vivre une vie différente. Parfois, prendre un chemin opposé à ce que la société nous montre est un défi. Avoir des amis est dur quand tu ne sors pas et les gens ne comprennent pas tout le temps.
Fiestas n’est pas une chanson qui dit de ne pas faire la party ou de ne pas consommer, c’est une chanson pour accepter nos différences et choisir un chemin de discipline si c’est ça qui nous interpelle. Parfois, les plus grandes valeurs résident dans la famille, l’amour, l’entraînement physique et la spiritualité. C’est là que l’on peut trouver énormément de bon.
C’est toujours intéressant quand des artistes mélangent plusieurs langues dans leurs chansons, comme tu le fais avec le français et l’espagnol. Est-ce un choix conscient? Par exemple, certaines idées s’expriment-elles mieux dans une langue que dans une autre?
C’est facile pour moi de composer en espagnol, parfois même plus facile qu’en français. C’est un choix conscient de les mêler parce que je voulais faire honneur à ma culture québécoise et au fait que je chante en français depuis que je suis jeune. Ajouter l’espagnol, c’est pour représenter l’influence avec laquelle j’ai grandi. Ce que j’espère avec ces chansons, c’est que même si les gens ne comprennent pas toutes les paroles, ils peuvent toujours entrer dans cet univers de flamenco pop à la québécoise.
À quoi ressemble ton processus de création? Tes chansons sont assez pop, donc est-ce que tu commences seule, en acoustique, ou est-ce que tu collabores avec des musiciens dès le début?
C’est vraiment une collaboration dès le début. Une chanson était plus acoustique au départ, celle enregistrée en Espagne, mais toutes les chansons ont beaucoup d’instruments. C’est un EP qui a beaucoup de beats. Pas tous les sons faits en studio sont reproductibles sur scène, donc le défi de notre lancement, c’est d’aller chercher ces sons-là. C’est vraiment quelque chose en groupe, très travaillé et recherché.


Y a-t-il des choses que tu as apprises pendant ce processus?
Oui, j’ai appris que la créativité ne se force pas. Quand ça ne vient pas, ça ne vient pas! J’étais en Espagne au début de 2025 et j’ai cherché des inspirations, un moment pour créer, mais la créativité ne sortait pas. Je pensais que je ne pourrais pas faire cet EP, parce que je ne trouvais pas l’inspiration. Avec le temps, l’idée d’Illusion, la première chanson, est arrivée. Ça a été un game changer parce que le moment m’a fait comprendre que l’inspiration arrive quand on ne l’attend pas et qu’il faut la saisir. Ce projet m’a beaucoup appris sur la résilience et la persévérance. Ça a l’air de rien de faire cinq chansons, mais c’est énormément de travail. Chaque détail et musicien est important.
Avec qui as-tu travaillé et comment ont-ils influencé le son?
J’ai travaillé avec le merveilleux Sonny Black. C’est lui le pilier de ce projet. Je suis arrivée avec les paroles et une idée pour la musique et il a créé un univers autour de ce que je pensais. Il a la capacité de reproduire ce que j’ai dans ma tête et est très perfectionniste. Je trouve qu’on a fait un excellent travail. On est arrivés à faire un projet spécial parce que ce n’est pas quelque chose qu’on entend beaucoup au Québec. Il est capable de créer quelque chose de nouveau à partir des idées dans ma tête. J’ai aussi mes deux merveilleux musiciens, Caroline Planté, la guitariste flamenca, et Jean-Christophe Germain, au violon.


C’est le tout début de ce projet, donc de quoi as-tu le plus hâte cette année?
C’est sûr que le lancement est le gros point final de ce projet, mais il marque aussi le commencement. Ce lancement est beaucoup de partage et j’ai hâte de le voir naître. Avant sa sortie, l’EP reste mon petit jardin secret. À partir du moment où le projet entre au niveau du public, c’est là que quelque chose de magique se produit.
As-tu d’autres projets ou spectacles prévus cette année?
Il y a la tournée de Peter Pan qui continue en août. J’espère avoir plus de spectacles en solo après le lancement.
Frédéric: Pourquoi as-tu choisi le SAT pour le lancement?
Très bonne question. Honnêtement, je voulais quelque chose de différent. Je ne voulais pas que ce soit une salle de spectacle typique parce que je voulais avoir des projections qui accompagnent les chansons. Je suis une personne très cinématographique et j’aime beaucoup la musique qui accompagne des visuels. Donc, je ne voulais pas juste un show musical, je voulais une expérience. Le SAT est une salle qui permet ça. On avait plein d’idées en choisissant cet endroit, notamment parce qu’on voulait explorer un style électronique. On a un DJ qui va venir à la fin. On veut que les gens aillent au spectacle pour faire la party, avoir du fun, et découvrir mon univers dans tous ces sens.
Frankie: Avec qui as-tu travaillé pour les projections?
Je me suis occupée des projections! J’ai travaillé avec un logiciel appelé Filmora qui donne des projections libres de droit. J’ai fait le montage avec mes images et du contenu que j’ai pris. Il y a des montages de ma vie, des photos ainsi que les projections de couleur et de néon.
Alors pour le lancement, on travaille avec la compagnie Bombardier Communications. Les gens qui viennent seront accueillis par un tapis rouge et il y aura un endroit pour prendre des photos. Les portes ouvrent à 18h et un bar sera sur place. Ensuite, le show commence à 19h30 avec les cinq chansons de l’EP ainsi que quelques reprises interprétées à ma façon. Une fois terminé, il y aura une séance photo avec tous les invités, puis un gros party. On espère que les gens vivront un bon moment.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
