Le drame de l’été, Les hommes de ma mère – réalisé par Anik Jean, prendra l’affiche le 4 août prochain. Ce voyage incitatif du personnage principal à travers les hommes de sa mère met en vedette notamment Léane Labrèche-Dor, Anne-Marie Cadieux, Patrick Huard, Colm Feore, Benoît Gouin, Marc Messier, Jean-Simon Leduc et Isabel Richer. Voici des entrevues réalisées lors de la rencontre de presse qui a eu lieu le 24 juillet dernier au bar-terrasse Le Marie-Louise de l’Espace St-Denis.
Léane Labrèche-Dor
Elsie (Léane Labrèche-Dor) fera une espèce de road trip émotif à la suite du décès de sa mère. Les dernières volontés d’Anne (Anne-Marie Cadieux) sont que sa fille retrouve ses cinq ex-maris pour disperser ses cendres dans cinq lieux marquants dans leur relation. Ce ne sont pas des relations qui ont toujours été à 100% heureuses – dont celle avec son père. Ça sera donc une expérience confrontante pour la jeune adulte. Au même moment, elle devra vivre son deuil et elle apprendra plein d’affaires sur le passé de sa mère.
Elle a une petite propension à tomber dans l’autodestruction. L’actrice est passée par là aussi. Il y avait plusieurs choses dans ce personnage qu’elle était capable de faire son chemin. Il y a donc une belle recette pour que ça pète. En même temps, elle essaie de se retrouver elle-même. « Je pense qu’elle avait beaucoup de respect et d’amour pour sa mère. Elle fait beaucoup de choses en se tapant sur la tête. Finalement, ce sera à Elsie elle-même que ça bénéficiera d’avoir fait tous ses efforts et d’avoir réussi à passer à travers de la tempête », souligne Léane Labrèche-Dor.


Anne-Marie Cadieux
Anne (Anne-Marie Cadieux) est la mère d’Elsie. « Ce n’est pas un rôle immense, il fallait y croire cependant. J’ai accepté d’incarner Anne parce que j’ai trouvé une signification importante dès la lecture du scénario. Il faut y croire qu’elle a été avec ces hommes et qu’elle a aimé sa fille. C’est elle qui a écrit le testament et elle sait que sa fille traversera un voyage incitatif à travers les hommes de sa mère. Et ensuite, elle deviendra une femme et elle s’affranchira. Même si on la voit très peu, on peut arriver à comprendre quel genre de femme elle a été », confie la comédienne.


Patrick Huard
Paul (Patrick Huard) est le père d’Elsie. C’est un des cinq hommes qu’elle va aller rencontrer. Comme elle est brouillée avec lui depuis sept ans, c’est celui qu’elle veut moins le voir. Et lui, il espère reprendre contact avec elle. Il espère, un peu égoïstement, qu’elle reviendra vers lui comme sa mère n’est plus là et il essaiera de créer un lien avec elle. Par exemple; il sera sincère quand il lui dira qu’il ne voulait pas qu’elle soit toute seule au salon funéraire, et que ça n’a pas d’allure de vouloir vivre ce moment toute seule, bien malgré les volontés de sa mère. Elle le repousse tout le temps. Toutefois quand il voit qu’elle va trop loin, il se tanne et lui dit que c’est assez.
« Je pense que la perception d’Elsie, c’est un sentiment d’abandon. On ne sait pas ce qui s’est passé dans l’histoire, mais c’est peut-être elle qui a choisi un camp pour protéger sa mère dans cette situation. On sent très bien qu’il aurait voulu que cette relation continue et que ça n’a pas fonctionné. Est-ce qu’ils finiront par se réconcilier ? Est-ce qu’elle réussira à lui pardonner ce qu’elle lui reproche ? Est-ce qu’il réussira à garder cette relation assez longtemps pour rebâtir sa confiance ? », ajoute l’acteur qui nous laisse des pistes à explorer.


Colm Feore
Neal (Colm Feore) est un comédien, il fait des succès sur scène avec d’autres gens, mais aussi avec des shows solos. Il était marié avec la mère d’Elsie. Ils ont joué à Stratford (en Ontario) ensemble. Ils ont peut-être joué des amants sur les planches, et ils sont tombés amoureux. En voulant être un bon beau-père pour la petite Elsie afin de l’encourager à se développer et de regarder le monde d’un certain angle, Neal lui avait fait cadeau d’un appareil photo authentique, exotique et mécanique. Elle aimait tellement son appareil qu’elle dormait avec.
Et maintenant comme jeune femme, elle veut être photographe. Il constate que son investissement à l’époque était correct, et à propos, même si la relation amoureuse est complètement ratée et qu’ils ont perdu le contact. En revoyant Elsie, il a l’occasion de lui dire qu’il l’adorait. Neal est une personne vraiment simple, gentille et sympa. « Tout ce qu’il dit à Elsie, c’est la vérité; c’est-à-dire qu’il l’a considérée comme sa propre fille. Il était fier qu’elle ait redécouvert la photographie et que ça puisse être sa carrière », conclut-il.


Benoît Gouin
Yves (Benoît Gouin) est un rockeur au cœur tendre. C’est un gars de bar, c’est un gars libre. Il vit dans sa roulotte dans le stationnement de son bar. « Il pourrait facilement fermer son bar durant deux, trois mois et faire le tour des États-Unis avec sa roulotte. C’est quelqu’un qui n’a pas vraiment d’attache. Tu sens que ça peut être quelqu’un de dur et détaché puisqu’il est dans un milieu dur, mais on se rend rapidement compte que c’est un tendre », dévoile le comédien.
Yves est à fleur de peau, extrêmement vulnérable et sensible. Il a eu une femme très importante dans sa vie (Anne). Malgré qu’il l’a laissé, il l’a beaucoup aimé. Même s’il a une blonde dans sa vie actuellement (Sandrine Bisson), on ne sent pas que c’est l’amour de sa vie. De revoir sa belle-fille (Elsie), ça l’a remué des choses parce qu’elle est responsable du fait qu’il a eu envie d’avoir des enfants. Pour avoir des enfants, il a fallu qu’il sacrifie quelque chose de bien important dans la vie, soit l’amour qu’il éprouvait pour Anne.
« Il y a quelque chose de tragique, de beau et de doux dans cette histoire. Quand on arrive dans l’univers de Yves, on pense que c’est un gars dur de bar et qu’Anne l’a rencontré lors d’une virée. Mais non, c’est un bon jack ! Dans sa relation actuelle, il a endormi tout ce beau côté passionné et amoureux; et il l’a transféré sur le fait qu’il a un garçon maintenant (Nathan Huard) », affirme l’acteur.


Marc Messier
J.-A. (Marc Messier) est un personnage touchant puisqu’il est malade. Il fait de l’Alzheimer et il est un peu sénile. J.-A. est seul, confus et abandonné. Il vit dans un CHSLD, il veut sortir de là et il est désagréable avec la femme qui s’occupe de lui. Elsie vient le visiter (son premier visiteur depuis un bon moment) et elle lui fait beaucoup de bien à un tel point qu’il est beaucoup plus heureux à la fin de l’histoire qu’au début du récit. Elsie vient boucler la boucle sur une relation amoureuse qu’il avait mal terminée, et c’est très bon pour lui. De prime abord, il pensait qu’il était le père d’Elsie. Finalement, il ne l’est pas.



Jean-Simon Leduc
Gaby (Jean-Simon Leduc) était une personne oubliée dans la vie d’Elsie, mais elle le gardait toujours dans le fond de son cœur. Elle l’a retrouvé quand elle s’attendait à voir son ancien beau-père, malheureusement décédé. Ça la chamboule beaucoup de le revoir. En fait, ça les chamboule tous les deux. On sent que ce sont deux âmes sœurs.
Malgré tout ce qui se passera entre eux, ils s’aimeront toujours. Ils se retrouveront, mais il y a des secrets qui seront dévoilés au grand jour. Elsie devra travailler sur certains trucs comme le pardon, soit de réussir à pardonner et passer à autre chose dans la vie. Après être parti en Europe là où il s’était installé lors de la dernière décennie, il est de retour au Québec depuis peu avec sa jeune fille Charlie (Emma Lafrenière).


Isabel Richer
Simone (Isabel Richer) est une fille qui, par le passé, a aussi vécu des périodes d’excès et de recherche d’elle-même. Elle est rendue dans une période de sa vie où elle est plus assagie. Elle est la boss d’Elsie au bar où elle travaille. C’est son passé qui lui permet d’accueillir Elsie dans sa tourmente avec beaucoup d’empathie et de bienveillance.
Il y a des affaires qu’elle ne laisse pas passer, mais elle a quand même un regard enveloppant. Elle comprend son tumulte, elle sait d’où ça vient. Elle a une vie assez rangée par son travail et son amoureuse qu’elle se voit une semaine sur deux parce que celle-ci a un enfant.


Le regard des interprètes
Selon Benoît Gouin, chaque beau-père d’Elsie se situe du côté de la lumière. Tout le monde veut le bien du personnage de Léane Labrèche-Dor. « Chaque rencontre lui donne une clé de plus pour déverrouiller ce qui est bloqué, soit sa rage envers son véritable père. C’est comme si sa mère savait que sa fille règlera une fois pour toutes ses problèmes reliés à ses frustrations, ses manques et ses carences. Chaque homme est différent. Chacun porte un univers au contact duquel Elsie devient meilleure, et elle se dirige vers un pardon ainsi qu’une réintégration de ces hommes-là dans sa vie », souligne l’acteur.
Les retrouvailles offrent à Elsie l’opportunité de voir rétrospectivement que sa mère était incroyable et infatigable, mentionne Colm Feore. « Comme dans ses pièces de théâtre, elle a créé des univers avec des gens qui venaient de milieux différents (un vétérinaire, un comédien, un homme d’affaires, un propriétaire de bar.) Les vœux d’Anne forcent tout le monde à revoir la relation qu’ils ont eue avec elle, comment ils vont aujourd’hui et comment entrevoient-ils la suite », confie l’acteur qu’on pourra voir dans la série originale Bon cop, bad cop à venir prochainement chez Bell Média.
La quête d’Elsie, c’est l’engagement. Elle n’en est pas capable, avoue Patrick Huard. « Elle a abandonné sa maîtrise en arts alors qu’elle avait du talent. Elle a abandonné ses relations, elle a saboté des affaires. Elle a toujours trouvé une raison parce qu’elle a été blessée lorsqu’elle était jeune de ce détachement avec tous ses pères auxquels elle s’était détachée. Elle est craintive à l’idée de s’engager de peur d’avoir de la peine. En jasant avec ces hommes-là, elle réalisera qu’ils ont tous eu de la peine lorsque la relation avec sa mère s’est terminée, mais qu’ils ont aussi vécu des moments extraordinaires ensemble. Si tu ne t’engages pas, tu vas juste avoir de la merde. Si tu t’engages, tu vas avoir un moment de douleur, mais des milliers de moments de bonheur », ajoute-t-il.



Le scénario a été aussi travaillé sur le rapport vis-à-vis de l’erreur. « On fait tous des erreurs et on a tendance à s’imaginer ce que les gens font, pensent et disent. Parfois, ça nous envoie sur des fausses pistes. Quand tu mêles l’alcool à ça, il n’a plus de filtre. On peut dire des affaires et on s’en veut après. L’alcool peut même devenir un outil à la fuite. Elsie n’est pas capable de regarder les affaires en pleine face, d’assumer sa vulnérabilité et de poser les vraies questions. Dans une certaine mesure, les enfants passent tous par là durant leur adolescence, mais Elsie a trainé cette phrase un peu plus longtemps. Par le fait même, le deuil de sa mère a bousculé son passage à la vie adulte. Et ça, ça l’obligera à arrêter de fuir », confie Léane Labrèche-Dor.
Dans la vie, on recrée tout le temps ce qu’on est habitué à vivre, estime la comédienne. « Quand elle décidera de rester avec Gaby et sa fille, elle deviendra elle-même un beau-parent avec Charlie. Elle pourra donner ce que ses beaux-pères lui ont donné et transmis au fil des années. »« C’était le fun d’avoir un personnage principal qui n’était pas Blanche-Neige. On voit une fille qui a bien des failles et qui n’est pas parfaite. Je trouve ça fun à faire comme acteur, ça laisse beaucoup de nuances », révèle l’actrice principale.



L’aura de la mère
Même si elle n’a qu’un petit rôle et qu’on la voit que dans quelques scènes, Anne-Marie Cadieux avoue que ce n’était pas un petit rôle anodin puisque ça reste Les hommes de ma mère. Elle a une aura, et elle plane sur le film.
Dans la première scène, son personnage meurt au début avec sa fille à son chevet. « Tu as toujours un peu peur de tourner ce genre de scènes parce que tu n’as pas tant de temps et tu veux que l’émotion soit au rendez-vous. [….] Ce qui était très long cependant, c’était la prothèse capillaire. C’était très long à faire, mais ils ont beaucoup de talent. [….] J’ai aimé le fait que c’était filmé avec beaucoup de tendresse autant chez mon personnage qu’au niveau du regard d’Anik sur le personnage. Avec Léane, on a une belle connexion, et le tournage s’est passé en toute simplicité. »


Des défis !
Le plus grand défi technique de Jean-Simon Leduc était la scène où il a dû assumer un mensonge et l’avouer au personnage de Léane. Il a dû travailler d’arrache-pied pour parvenir au résultat final.
De son côté, Patrick Huard avoue qu’il avait juste à penser à sa fille dans son interprétation. « J’ai une super belle relation avec elle. Je me disais que si je perdais ça, je serais dévasté et défait en morceaux comme Paul. »
Même si Elsie déteste son père à un tel point qu’elle a voulu rompre les liens avec lui, on ne peut pas ne pas aimer son père. « Tu le sens que c’est un bon gars et qu’il aime sa fille. C’était voulu que je le joue de cette façon afin que les gens se demandent ce qu’elle a contre lui. Il ne dit rien de méchant, il est toujours cool avec elle. Il est toujours gentil et il laisse des cadeaux au bar pour la convaincre de l’appeler. C’était important pour moi que les gens s’attachent à Paul pour qu’ils aient envie qu’elle passe par-dessus et qu’elle y pardonne », ajoute Patrick.
Pour Benoît Gouin, c’était d’incarner un personnage qui semble avoir de multiples carapaces qui le protègent (en se basant sur la première impression) et que, finalement, on y accède assez facilement. « On ne m’offre pas ce genre de personnage habituellement qui se livre avec tant de vulnérabilité et qui a souvent le cœur dans l’eau. On se rend vite compte qu’on est directement au cœur et j’ai bien aimé faire ça. », souligne-t-il.



Des lieux de tournage majestueux
Marc Messier a particulièrement aimé les scènes au lac qui était d’ailleurs une super belle place, mentionne-t-il. L’équipe de tournage s’était déplacée à la plage du Cap-Saint-Jacques dans l’ouest de l’Île de Montréal.
Quant aux scènes impliquant Colm Feore, elles ont été tournées à Stratford en Ontario, un endroit reconnu pour le théâtre. « On en a quatre ou cinq, on peut accommoder 5 000 personnes deux fois par jour d’avril jusqu’à novembre. C’est du théâtre plutôt classique avec les Shakespeare, Molière, Tchekhov, Eugene O’Neill et Arthur Miller de ce monde. »


La morale de l’histoire
Léane : On doit continuer d’aimer. Ça peut sortir le monde de bien des affaires. Dans l’amour, il y a de l’écoute et de l’humilité. De plus, on est plus à même de comprendre ce qu’on fait de pas correct.
Patrick : Il faut arrêter d’avoir peur de s’aimer, ce n’est vraiment pas dangereux.
Benoît : Avec tout ce qu’on vit dans le monde avec les guerres, les changements climatiques et les débats polarisés sur les réseaux sociaux, la lumière existe et on doit toujours tendre vers elle. Et si on parle simplement, tendrement et avec transparence, on se rendra compte qu’on est tous des êtres humains et qu’on veut tous la même chose; soit de la paix et de l’amour. Je trouve ça bon d’avoir un film aussi lumineux parce que dans la vie, indépendamment d’où tu es rendu, il y a toujours de l’espoir.
Marc : L’amour triomphe de tout ! Les histoires se sont éclaircies pour Elsie. Anne lui a offert un beau cadeau en l’incitant à aller voir ces hommes-là en les rendant heureux. Par ricochet, elle a rendu sa fille plus heureuse.
Jean-Simon : Le pardon. Quand elle pardonne à son père de ce qui s’est passé et même à sa mère d’avoir donné ce fardeau au départ. On doit passer à travers de choses dans la vie. Ça ne sert à rien de broyer du noir et de rester dans la noirceur. La mère d’Elsie lui donne ce cadeau d’essayer de confronter ses trucs mis de côté depuis longtemps. On doit se débarrasser de ses démons, pardonner des trucs et passer à la prochaine étape. Et ensuite, ça devient tout d’un coup plus lumineux.
Isabel : Cette demande de sa mère de retrouver les hommes de sa vie, tu te dis que c’est donc bien égoïste comme demande. Elle met sa fille en position de se donner le trouble. Plus le film avance, plus tu comprends ce que veut sa mère, soit de recréer une famille à sa fille vu qu’elle n’est plus là.
Bande-annonce

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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