C’est lors de la soirée de clôture de la 55e édition du Festival du nouveau cinéma, le 17 octobre dernier, qu’a eu lieu la première québécoise du nouveau film du réalisateur, scénariste et producteur Alexandre Franchi. Après avoir été présenté en première mondiale lors de la dernière édition du Festival international du film de Toronto (TIFF), c’était au tour du public québécois de découvrir L’Autre, le deuxième long métrage du réalisateur. Dans ce nouveau film, sur lequel il travaille depuis près de dix ans, Franchi propose une immersion dans sa vie personnelle, alors que l’œuvre est librement inspirée de son expérience avec le cancer. Ce deuxième long métrage marque également son grand retour dans la sphère cinématographique.
L’Autre met en scène le personnage de Stan (Pierre-Yves Cardinal), un publicitaire atteint d’une rare forme de cancer des os avec 50 % de chances de survie. Cloué à son lit d’hôpital après une importante opération au genou, il est contraint de partager sa chambre avec Darius (Bilel Chegrani), un jeune criminel blessé par balle qui fait semblant d’être dans le coma. Chaque nuit, Stan doit faire face aux moqueries et aux menaces de son compagnon de chambre. Au fil du film, Darius agit comme une figure marquante dans l’évolution psychologique de Stan.


Une montagne russe d’émotions
Si Franchi décide de raconter une expérience personnelle à l’écran, il le fait de façon pertinente, notamment en mélangeant différents genres. Le film n’est pas seulement un drame sur la maladie : c’est une œuvre qui offre une véritable montagne russe d’émotions.
Par l’écriture de son scénario, le réalisateur apporte une grande dose d’humour noir à son film, notamment à travers certaines actions de Stan, comme sa danse en jaquette, celles de son médecin (Benoît Gouin), ainsi que celles du père de Stan (Marc Messier) et son fameux livre Plus fou que ça tumeur.



Outre l’humour noir, le film est teinté de body horror, mais aussi de thriller et de suspense. Âmes sensibles s’abstenir : Franchi ne se gêne pas pour nous montrer à plusieurs reprises un genou en pleine opération. À cela s’ajoute l’intrigue entourant Darius, le criminel supposément dans le coma, qui vient enrichir le scénario. Bien que tous ces éléments contribuent à la richesse du film, les réflexions sur la vie du personnage principal participent elles aussi grandement à sa réussite.
Un huis clos de plus en plus inquiétant
L’œuvre se démarque également par le choix de tourner en huis clos. En effet, tout le film se déroule dans l’hôpital où Stan est en convalescence. Ce choix amène le spectateur à suivre pleinement Stan dans sa mésaventure et, au fil du film, dans sa folie.
Ce huis clos enferme progressivement le spectateur avec celui qui devient peut-être la véritable personne dangereuse : Stan lui-même. Plus le film avance, plus sa folie devient inquiétante. Ce qui débute avec de simples hallucinations de sa mère décédée se transforme rapidement en visions de personnes et d’actions qui prennent place dans sa chambre.
En plus de mélanger les genres, le film joue donc constamment entre rêve et réalité à travers les hallucinations du personnage. Avec tous ces éléments, Franchi réussit à créer dans ce deuxième long métrage un univers à la fois dérangeant et complexe.


Une performance solide de Pierre-Yves Cardinal
À ces différents éléments qui font du film de Franchi une réussite s’ajoutent la solide performance de Pierre-Yves Cardinal, ainsi qu’une représentation teintée d’humour des failles du système de santé québécois.
L’Autre, mettant en vedette Pierre-Yves Cardinal, Karine Gonthier-Hyndman, Benoît Gouin et le regretté Marc Messier, prend l’affiche le 30 octobre.
Photos du tapis rouge

Myralie Roy | Journaliste
C’est durant sa formation en cinéma à l’Université de Montréal que Myralie découvre ce qu’elle aime le plus faire en photographie : la photo de spectacle. Elle combine sa passion pour le théâtre, la musique et la photo en capturant, à travers sa lentille, les émotions des artistes. Ses films préférés sont Dead Poets Society et Prière pour une mitaine perdue.

