C’est sous un soleil éclatant que cowboys et cowgirls ont franchi les portes de la quatrième édition du festival LASSO à Montréal, le vendredi 15 août 2025.
Le parc Jean-Drapeau a quitté ses couleurs vibrantes et futuristes après Île Soniq afin de se transformer en un vrai ranch. Fers à cheval et cornes de taureau tapissent les lieux l’instant d’un week-end ensoleillé. Le new country gagnant en popularité au Québec depuis quelques années, la programmation de cette nouvelle édition présente plusieurs artistes locaux, leur offrant une belle opportunité de connecter avec des passionnés.
C’est d’ailleurs le québécois Vince Lemire qui a la chance de lancer les festivités de Lasso 2025, sur la scène de la Prairie, à 14h. Originaire de Lanaudière, celui qui signait d’abord – et signe encore – les chansons d’autres artistes (Francis Degrandpré, Blue Ridge Band, Laurence St-Martin…) a démarré son projet solo au courant des dernières années.
Envahi d’une grande joie sur scène, celui-ci performe ses titres populaires et invite même son bon ami Francis Degrandpré afin de chanter leur duo Pour nous c’est ça le country. La table est mise pour un bel après-midi sous le soleil ! Versatile, Lemire s’amuse et revisite des classiques qui ont marqué sa jeunesse et, souvent, celle de ses spectateurs. Cette fois, c’est Lose Yourself (Eminem) en version country qu’il nous présente.
Surprenant, mais agréable ! Celui qui mène une double vie, alternant entre sa carrière de pharmacien et celle d’artiste, est très reconnaissant de l’accueil chaleureux que lui réserve le festival. « La prochaine chanson s’est retrouvée dans le top 10 des chansons les plus jouées sur les radios au Québec », mentionne-t-il en introduisant Un jour ou l’autre. « Merci Lasso de m’avoir fait passer le plus beau 30 minutes de ma vie, c’est un rêve pour moi ! » ajoute l’auteur-compositeur-interprète, encourageant ses adeptes à croire en leurs rêves aussi. Mention spéciale au duo formé par Vince et sa conjointe, qui nous a donné un avant-goût magnifique de la visite de Riley Green le jour suivant en performant You Look Like You Love Me ensemble.


















On se déplace vers les Jardins YUL EAT afin de se rafraîchir (déjà !) avec les bons sorbets de CA LEM. Mangue, mojito aux framboises, fraise-litchi et citron-yuzu sont les saveurs offertes. Le choix est difficile !
Tout juste après 15h, Francis Degrandpré remet les pieds sur la scène pour son moment de gloire. Rapidement, la foule s’enflamme devant l’icône du new country du Québec. Ses succès Bang Bang et La saison des trophées sont chantés haut et fort. L’artiste confie que son groupe et lui en sont à leur 25e festival de la saison et qu’ils sont très heureux de participer au plus gros festival country de la province. La chasse et la pêche sont des thèmes récurrents dans ses chansons et elles se veulent à la fois réconfortantes et divertissantes. Degrandpré navigue entre ses deux albums, offrant des titres comme Ta toune préférée et Laisser Aller. C’est avec son succès radio de 2021, Colorado, qu’il conclut sa performance.


















Une nouveauté s’ajoute au Repère Lasso, cette année. En plus des différents jeux installés au bas de la colline, du resto BBQ et de la danse en ligne, un taureau mécanique met au défi les plus courageux ! Une activité fortement appréciée par les festivaliers.
Toujours sur la scène de la Prairie, Tyler Braden, fortement acclamé aux États-Unis, performe à Montréal pour la première fois en carrière. Little Red Wine et More Than A Prayer font partie de sa sélection, pour le grand bonheur de nos oreilles. Celui qui était autrefois pompier a une voix puissante, déstabilisante. L’émotion est palpable lorsqu’on l’entend chanter. Plus tôt cette année, Braden a sorti son tout premier album, Devil And A Prayer.
Sur celui-ci se trouve Might Be Dangerous, un duo chanté avec Kaitlin Butts. Celle-ci étant actuellement en tournée avec Lainey Wilson, Braden promet de faire de son mieux pour chanter ses parties. C’est réussi ! Plus tard, il confie travailler sur sa musique depuis au moins 2017. Malgré que ce fût long, il exprime être très content du chemin parcouru. « Ce qui est bien dans la vie, c’est que chacun peut choisir sa propre voie. Si tu as 21 ans et que tu ne sais pas où aller dans la vie, ça va, c’est correct. Si tu as 30 ans et que ta mère te dit que tu devrais te marier, ou si tu as 35 ans et que tu n’as pas encore d’enfant… où tu es est exactement où tu es sensé être », mentionne-t-il, avant d’introduire sa chanson Right On Track.






Il cédera ensuite sa place à Wyatt Flores, un jeune chanteur de 24 ans, sur la scène Lasso. Celui-ci surprend tous les festivaliers avec une reprise de How To Save A Life, par The Fray.






Tout en écoutant la voix de Charles Wesley Godwin, on attend impatiemment le prochain artiste à monter sur la scène à 19h. Entre les deux performances, l’organisation du festival anime un karaoké et une kiss cam sur les écrans géants.




Bien qu’il était au même endroit deux semaines plus tôt, dans le cadre d’Osheaga, les adeptes de Shaboozey ont répondu présent et sont très nombreux. Le chanteur est introduit avec un graphisme hors pair, personnalisé pour Montréal. Vêtu d’un jean et d’une veste en denim crème à motifs, Collins Obinna Chibueze, de son vrai nom, séduit les festivaliers en quelques instants.
Il présente la même liste de chansons qu’à Osheaga, bien qu’il s’est vu offrir une présence sur scène plus longue. « Montréal, êtes-vous prêts à faire la fête ? » demande-t-il en invitant le public à lever son verre dans les airs. Il avoue ensuite avoir adoré la foule à Osheaga, mais que celle-ci est complètement folle et n’a rien à voir. Plusieurs de ses succès sont joués : Tall Boy, Blink Twice, Drinks Don’t Need No Mix, Vegas et Horses & Hellcats.
Shaboozey prend le temps de saluer son bon ami Bailey Zimmerman, qui est la tête d’affiche de la soirée, et se confie. « Je suis loin de la maison, mais ce soir, Montréal, tu me fais sentir chez moi. » Malheureusement, Shaboozey est confronté à des difficultés vocales qu’on constate plus sa prestation se prolonge. Les festivaliers le supportent et chantent en chœur avec lui, ce qui lui fait un grand plaisir. Good News, Let It Burn et Amen font aussi partie de sa sélection de chansons. Finalement, comme à son habitude depuis son succès mondial, A Bar Song (Tipsy), est chanté deux fois, dont une au cœur de la foule. Incroyable !














De l’autre côté de la scène se produit ensuite une figure marquante du country pop américain, Sheryl Crow. En carrière depuis plus de 30 ans, la chanteuse colorée nous fait passer un excellent moment en sa compagnie, nous faisant chanter et rire. « Vous devez être tellement tannés des Américains qui disent à quel point ils aiment le Canada, mais… j’adore le Canada ! » Une référence dans son domaine, avec plus de 50 millions d’albums vendus, Crow n’a pas perdu la passion de la musique et de la scène.
Elle nomme venir en spectacle à Montréal depuis 1993: « Pour certains d’entre vous, vous n’étiez même pas nés ! », dit-elle en riant. Elle présente donc autant des chansons de cette époque que des plus récentes. Elle prend même le temps de dédier Real Gone à tous les enfants présents, puisque cette chanson est utilisée dans le film d’animation Les Bagnoles. On savoure ses classiques All I Wanna Do, If It Makes You Happy, The First Cut Is The Deepest et Soak Up The Sun, qui ont marqué les dernières décennies.









À l’opposé, la grande tête d’affiche de la soirée est en carrière depuis seulement cinq ans. En effet, Bailey Zimmerman, âgé de 25 ans, fait ses grands débuts en 2020 grâce à un court vidéo Snapchat. Ses débuts sur Tiktok lui auront ensuite assuré une carrière florissante. Depuis, le chanteur de country américain cumule les succès et les nominations. Celui qui a fait l’ouverture des tournées de Morgan Wallen, Kane Brown et Luke Bryan dans les dernières années présente maintenant sa propre tournée : « New To Country : Summer Tour », avec son arrêt tant attendu à Lasso. Son entrée sur scène est d’ailleurs fracassante, alors qu’il est projeté dans les airs au même moment où de la pyrotechnie est utilisée. Wow ! Il s’accroche ensuite à une corde où il s’élancera de l’arrière de la scène vers l’avant, un immense sourire aux lèvres. Il a tout d’une rockstar, ce Bailey !
Tous ses titres sont des succès. Zimmerman chante, court sur la scène, fait des saltos avant et secoue la tête de tous les côtés entre deux riffs de guitare. Il est beau, il est bon et il le sait !
Malgré tout, ce succès et cette popularité ne semblent pas lui monter à la tête. Humble et reconnaissant, Bailey s’exprime après avoir été acclamé : « Si vous ne pouvez pas le deviner avec mon sourire, il n’y a nulle part d’autre au monde où j’aimerais être qu’ici, ce soir. » Il souligne les excellentes performances de Shaboozey et Sheryl Crow et affirme qu’il sent que la foule sera vraiment spéciale et différente.
« Merci de m’accueillir dans votre pays« , ajoute le jeune artiste originaire de l’Illinois. Il prend le temps de remercier des gens qui ne sont pas assez remerciés, soit environ soixante personnes qui font partie de son équipe de tournée. « Chaque jour, ces gens sont loin de leur famille afin de m’aider à réaliser mes rêves. On ne dit jamais leurs noms, mais s’il vous plaît, faites du bruit pour les remercier », poursuit-il, avant une foule d’applaudissements et de cris. « Ensuite, j’aimerais vous remercier d’être là ce soir.















Vous travaillez tous très fort, tous les jours, pour avoir les moyens d’être ici avec moi. » Son sourire en dit long. De plus en plus, les artistes de l’époque actuelle reconnaissent et soulignent les difficultés économiques et le support de leurs adeptes, qui vaut énormément pour eux, et on apprécie toujours autant l’entendre.
Tout au long de sa performance, Bailey Zimmerman a une énergie électrisante. Entre les flammes, les jets de fumée et les sauts dans les airs, Zimmerman offre une longue liste de chansons : New To Country, Fall In Love, Lost, Get to Gettin’ Gone, Comin’ in Cold, Chase Her, Backup Plan, Holy Smokes, You Don’t Want That Smoke et Where It Ends. Il conclura avec son rappel, arborant un jersey des Canadiens de Montréal à son nom et invitant ses amis Shaboozey et Cameron Whitcomb à festoyer avec lui, pour performer : Religiously, All The Way et Rock And A Hard Place.

Bailey, Montréal t’aime !
D’autres artistes talentueux ont également performé lors de cette première journée de festivité tel que The Jack Wharff Band, Sully Burrows, Savannah Jade, Kevin Smiley, Willow Avalon, Rick Duff , Chloé Leclerc, Cindy Bédard, Pecos & The Rooftops.
The Jack Wharff Band








Sully Burrows





Savannah Jade






Kevin Smiley






Willow Avalon






Rick Duff







Ambiance








Catherine Lévesque | Journaliste
La première question que te posera Catherine en te rencontrant, c’est certainement à propos de musique. Grande passionnée de musique en tout genre, dès son plus jeune âge, celle-ci comprend que c’est à ses yeux, le plus merveilleux des moyens de communiquer. À travers ses mots et en parallèle à sa carrière en intervention sociale, Catherine profite de chaque opportunité pour offrir une belle vitrine à ses artistes préférés et à ses plus récentes découvertes. Tu risques fortement de la croiser dans un concert ici – ou ailleurs sur la planète.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
