Le compositeur oscarisé Justin Hurwitz a offert une représentation mémorable de La La Land en ciné-concert à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts le 16 mai. Porté par un orchestre symphonique et un ensemble jazz, le film de Damien Chazelle a pris une toute nouvelle dimension devant le public montréalais.
Comme l’a mentionné au début du spectacle le compositeur oscarisé Justin Hurwitz, il ne choisit de présenter ses concerts que dans les villes qu’il souhaite visiter. Montréal peut donc se considérer chanceuse d’accueillir le compositeur et son orchestre pour cette représentation de La La Land en ciné-concert à la Salle Wilfrid-Pelletier.
Une autre journée ensoleillée
C’est lors d’un bel après-midi ensoleillé que le public montréalais a eu l’occasion de découvrir ou de redécouvrir La La Land, dans une formule ciné-concert. Même en connaissant déjà le film (ce qui était mon cas), l’expérience vaut réellement le détour.
Le spectacle met en vedette Justin Hurwitz à la direction musicale d’un orchestre symphonique accompagné d’un ensemble jazz. Parfaitement synchronisés avec le film à l’écran, les musiciens nous ont offert une prestation sublime.
Avant même le début du film, une soixantaine de musiciens présents sur scène ouvrent l’après-midi avec un medley des musiques emblématiques du film. Cette introduction aussi harmonieuse qu’impressionnante contraste avec la célèbre ouverture du film, dominée par les klaxons et l’agitation des routes de Los Angeles.
Ce contraste annonce d’emblée ce qui traverse tout le film : l’écart entre le rêve et la réalité, entre l’énergie brute de la ville et la recherche d’harmonie des personnages. La musique devient très vite le fil conducteur émotionnel de l’après-midi.
Une musique qui prend toute son ampleur
Entendre des morceaux tels que Someone in the Crowd ou encore City of Stars interprétés en direct par les musiciens est une expérience particulièrement marquante. La présence de l’orchestre donne une ampleur nouvelle au film. Elle crée une proximité plus forte avec l’histoire et les personnages.
On ressent autant le plaisir des musiciens que celui du public. L’orchestre agit comme un véritable pont entre les spectateurs et le film projeté.
Le film de Damien Chazelle parle autant d’ambition que de désillusion et de renoncement, et cette tension ressort encore plus fortement dans ce format ciné-concert. La scène de la dispute entre Mia et Sebastian, autour de la table, est accompagnée par l’ensemble jazz. En passant progressivement d’une énergie légère à une ambiance plus agitée, ce choix musical d’Hurwitz joue un rôle essentiel dans la montée dramatique de la scène. Petit bémol toutefois : le volume un peu trop élevé à la fin de cette scène rendait difficile la compréhension des dialogues.
Une expérience audiovisuelle haute en couleurs
Le ciné-concert La La Land ne se limite pas à la musique : les éclairages jouent eux aussi un rôle essentiel dans l’expérience.
Dans la scène du coucher de soleil, avec ses teintes violettes et roses très marquées, la scène de la Salle Wilfrid-Pelletier s’harmonise parfaitement avec l’écran. Les éclairages dirigés vers les musiciens reprennent la palette dominante du film, renforçant l’impression que son univers se prolonge jusque sur scène, puis dans toute la salle.
Plus tard, lors de la scène de l’Observatoire Griffith, les jeux de lumière projetés au plafond transforment la salle en ciel étoilé. L’effet est simple, mais se révèle extrêmement efficace.
Le final
Le spectacle se termine dans une montée progressive de l’orchestre. Le crescendo final remplit la salle, jusqu’à laisser place à un solo de trompette particulièrement marquant. C’est un moment de relâchement autant que d’émotion, qui résume bien toute la trajectoire du film.
Après la représentation, Justin Hurwitz est resté pour signer des autographes, et une longue file s’est rapidement formée pour faire dédicacer affiches et vinyles.
Je me sens très chanceuse d’avoir pu assister à cette représentation de La La Land en ciné-concert. Ce format permet de redécouvrir cette comédie musicale sous un nouvel angle, en mettant pleinement en valeur la place centrale qu’occupe la musique dans le film.

Claudia Namessi | Journaliste

