La série jeunesse Jumelles, qui aborde les enjeux du racisme, des privilèges et de l’identité, arrive le 10 juin. Les premiers épisodes seront mis en ligne sur la plateforme ICI TOU.TV EXTRA, suivis d’une diffusion en deux temps jusqu’au 25 juin. La série met en vedette Keyla Mingot et Irlande Côté dans les rôles principaux. Destinée aux 9 à 13 ans, la fiction suit Emma et Florence, deux jumelles issues d’un couple mixte québécois-haïtien, dont la vie bascule après un drame dans leur quartier.
Voici nos entrevues réalisées avec Keyla Mingot, Irlande Côté, Fayolle Jean Jr. et Marie-Joanne Boucher ainsi que nos photos de l’événement.


Distribution
Keyla Mingot (Emma)
Présente-moi ton personnage.
Emma, c’est une fille très extravertie qui prend sa place. Elle n’a pas peur de parler en public ni d’exprimer ses opinions. Elle est quand même sensible. Elle veut plus de justice dans le monde et ne comprend pas pourquoi certaines personnes sont plus privilégiées que d’autres. Ça la met en colère, mais je trouve que c’est une très belle qualité chez elle. Elle aime profondément sa jumelle (Irlande Côté), sa famille et ses amis. Par contre, elle ressent aussi un grand besoin d’autonomie, sans nécessairement être constamment collée à sa jumelle; par exemple.
Quel est le point fort et le point faible de ton personnage ?
Son point fort, c’est qu’elle n’a pas peur d’exprimer ses opinions. Elle est très déterminée et très féroce quand elle défend ce qui lui tient à cœur.
Son point faible, c’est qu’elle ne se rend pas toujours compte qu’elle peut blesser les gens autour d’elle. Elle veut se sentir autonome et faire les choses par elle-même, mais, sans s’en rendre compte, elle repousse parfois les personnes qui l’aiment et qui veulent être là pour elle.
Peut-on voir ton personnage évoluer vers l’âge adulte à partir du moment où elle prend conscience qu’elle est une personne noire et qu’elle sera traitée différemment d’une personne blanche ?
Oui, énormément. Elle apprend à vivre avec cette réalité et à la gérer d’une meilleure façon, plutôt que de réagir d’une manière qu’elle pourrait regretter plus tard. Cette prise de conscience lui permet aussi de mieux se connaître, de faire face à ce genre de situations avec davantage de maturité et d’apprendre à les gérer de façon constructive.


As-tu l’impression d’avoir appris certaines choses sur le racisme systémique et le racisme en général grâce à ce rôle ? Est-ce que ça t’a permis d’avoir une vision différente ?
Oui, un peu, parce que je me reconnais beaucoup en elle. Moi aussi, je suis une jeune Métisse d’origine haïtienne. Avant de faire ce rôle-là, le racisme me mettait énormément en colère. Je me demandais souvent pourquoi certaines personnes me considéraient comme si différente et pourquoi on me traitait parfois différemment.
Avec le temps, j’ai appris qu’il faut choisir comment on réagit à ces situations. C’est important d’en parler et de sensibiliser les gens, mais aussi de les gérer sans tomber dans une colère constante ou dans la violence. Il faut rester respectueux et bienveillant. Et les personnes qui refusent de comprendre, parfois, il faut simplement les laisser aller.
T’es-tu déjà sentie moins privilégiée ou privée de certains privilèges à cause de tes origines ?
Oui, c’est certain. Plus jeune, et même encore aujourd’hui, j’ai reçu des commentaires désobligeants à propos de ma couleur de peau. On m’a souvent dit que je ne parlais pas « comme une personne noire », notamment parce que je viens de Drummondville, dans une population plus blanche.
En même temps, mon père, qui est haïtien, ne m’a pas vraiment initiée à la culture haïtienne. Je ne vois pas souvent ma famille de ce côté-là et je n’ai pas appris le créole. Ce n’est pas parce que j’ai rejeté mes origines noires, mais simplement parce que je n’ai pas grandi dans cet environnement. Malgré tout, on me rappelle souvent que je ne suis pas « assez noire », et ça revient régulièrement.


Quand tu arrives sur un plateau et que tu rencontres des personnes comme Irlande, est-ce que ça crée naturellement de belles amitiés ?
Oui, vraiment. Irlande est une personne extraordinaire. Je suis très contente de pouvoir la considérer comme une amie aujourd’hui. On s’est beaucoup rapprochées, et le fait d’habiter ensemble pendant le tournage a certainement aidé à créer ce lien.
Y a-t-il des choses que tu as expérimentées pour la première fois pendant ce tournage et dont tu es particulièrement fière ?
Honnêtement, j’ai appris énormément de choses sur ce tournage, parce que c’était seulement mon deuxième à vie. Il y avait encore beaucoup d’aspects du métier que je ne connaissais pas.
J’ai appris, entre autres, des choses très concrètes, comme comprendre le positionnement de la caméra pour savoir comment bouger et où me placer. On m’a aussi donné plusieurs outils pour mieux gérer mon stress. Avec l’aide de ma coach de jeu, j’ai appris à approfondir mon interprétation et à incarner mon personnage de façon plus juste. C’est quelque chose dont je suis très fière aujourd’hui.
Irlande Côté (Florence)
Présente-moi ton personnage.
Florence, c’est vraiment l’opposé de plusieurs personnages que j’ai déjà interprétés. Elle est très timide. Elle se laisse beaucoup influencer par sa sœur (Keyla Mingot) : si sa sœur fait quelque chose, elle va avoir tendance à faire la même chose. Sa confiance repose beaucoup sur celle de sa sœur. C’est pour ça qu’elle a énormément de difficulté à vivre sans elle.
Dans sa tête, elles vont toujours rester soudées parce qu’elles ont les mêmes rêves. Elle est convaincue qu’elles sont vraiment identiques. Puis, quand survient l’événement qu’on découvre dans la série, sans dévoiler le punch, sa sœur réalise qu’elles n’auront pas les mêmes privilèges ni les mêmes enjeux. C’est à ce moment-là que Florence doit apprendre à vivre davantage par elle-même, à prendre confiance en elle et à faire certaines choses seule, comme passer une audition. Au fond, elle est tout le contraire de sa sœur. Elle essaie d’apprendre à vivre sans elle, et ce n’est pas facile.
Quel est le point fort et le point faible de ton personnage ?
Son point fort, c’est qu’elle est douée pour créer des bandes sonores, composer de la musique et développer des projets artistiques.
Son point faible, c’est qu’elle a beaucoup de difficulté à s’exprimer. Comme je le disais, elle est à l’opposé de sa sœur. Sa sœur a un caractère très fort, alors qu’elle est beaucoup plus douce et réservée. C’est ce qui complique les choses lorsqu’elle se fait rejeter ou qu’elle vit des situations difficiles : elle garde tout à l’intérieur et ne réagit pas. Je pense qu’elle se laisse parfois trop faire.


Au-delà de ses talents techniques, quel est son plus grand atout sur le plan humain ?
Je dirais que Florence est une personne très compréhensive. Elle est à l’écoute des autres et elle essaie toujours de comprendre ce que les gens vivent.
On le voit notamment avec ce qui se passe autour de l’audition. Au début, elle est très fâchée et elle exprime clairement ce qu’elle ressent. Mais assez rapidement, elle prend du recul et comprend mieux la situation. C’est probablement l’une de ses plus grandes qualités : elle comprend les choses rapidement et elle est capable de voir différents points de vue.
Y a-t-il des choses que tu as expérimentées pour la première fois grâce à cette série ?
J’ai presque toujours fait des rôles dramatiques. Très rarement des personnages joyeux. Alors, pour moi, c’était vraiment une première de jouer dans une série où mon personnage est heureuse la majorité du temps. Évidemment, il y a des moments plus difficiles où elle pleure, ce qui est normal, mais l’énergie générale était différente de ce que j’avais connu auparavant.
C’était aussi la première fois que je tournais autant avec des jeunes de mon âge. On n’y pense pas nécessairement, mais ça change complètement la dynamique sur un plateau. Sur Avant le crash, j’étais surtout entourée d’adultes et beaucoup moins de jeunes. Ça ne change rien à l’amour que j’ai pour Avant le crash, qui va toujours occuper une place spéciale dans mon cœur. Mais c’était vraiment agréable d’expérimenter quelque chose de différent. Les deux expériences ont été extraordinaires, mais celle-ci m’a permis de découvrir une autre facette du métier.


Est-ce que ton personnage a un côté plus garçon manqué ? Comparativement à sa sœur, on a l’impression qu’elle est moins portée sur son apparence et sa féminité.
On a enlevé tous mes piercings pour le tournage. Ça ne paraît pas, mais j’en ai 11 : au nombril, au nez, aux oreilles… un peu partout. On a dû tous les retirer et les camoufler pour me faire paraître plus jeune, parce qu’à 14 ans, avoir 11 piercings, c’est un peu particulier.
Comme je le disais, Florence manque beaucoup de confiance en elle. Par exemple, sa sœur va raccourcir sa jupe d’école, alors que Florence va porter la plus longue. À un certain moment dans la série, elle va essayer de devenir comme sa sœur, mais ça ne fonctionne pas. Ce n’est tout simplement pas elle. Elle est plus réservée, plus renfermée, et elle doit apprendre à s’accepter telle qu’elle est.
Fayolle Jean Jr. (Stanley)
Présente-moi ton personnage.
Je joue le père des jumelles, Stanley. C’est un père aimant et dévoué. Bien sûr, lui aussi vit ses propres défis, mais il est toujours présent pour sa famille. Malgré les embûches, il demeure un pilier pour ses proches. Il tient à être là pour ses filles parce qu’il n’a pas grandi avec son père (Fayolle Jean) et que sa mère est décédée alors qu’il était très jeune. Il s’est donc promis qu’il serait toujours présent pour ses enfants et sa famille.
Dans le premier épisode, on ne sait pas trop lequel des deux parents est le plus permissif avec les jumelles. Puis, on le voit réagir fortement dès qu’il est question de son père…
(Rires) On va comprendre au fil de la série qu’il s’est passé quelque chose entre eux lorsqu’il était plus jeune. On en entend parler lorsqu’il mentionne que son père pourrait repartir à nouveau. C’est déjà arrivé dans le passé.
Je pense que c’est ce qui explique sa réticence chaque fois que son père est présent. On va en apprendre davantage au cours de la série, mais c’est ce qui influence plusieurs de ses réactions. Sur certains aspects, il peut sembler moins permissif. Comparativement à la mère (Marie-Joanne Boucher) qui a vécu certaines expériences, lui en a traversé d’autres. Ça façonne sa façon d’agir et de voir les choses.


Quel est le point fort et le point faible de ton personnage ?
Je pense que son point fort, c’est justement d’être ce pilier inébranlable. Peu importe la situation, il est toujours prêt à discuter et à soutenir les siens.
Son point faible est directement lié à la relation qu’il entretient avec son père. C’est ce qui vient parfois brouiller son jugement, ses limites et certaines permissions qu’il aimerait accorder. Comme son père entre et sort constamment de sa vie, il n’a jamais vraiment appris à gérer les émotions que cette relation lui fait vivre.
Est-ce que tu comprends la position de ton personnage par rapport à ses enfants et à son père ?
Je pense que oui. Avec ce qu’il a vécu, et en ayant entendu des histoires semblables dans mon entourage, je trouve que sa réaction est tout à fait compréhensible. Quand quelqu’un entre dans notre vie puis en ressort sans arrêt, ça laisse des traces. Comme parent, on veut protéger ses enfants de ce genre de situation parce qu’ils s’attachent rapidement. Et si cette personne repart, ils en souffrent.
Je pense sincèrement que je réagirais un peu de la même façon que Stanley. Je comprendrais son besoin de protéger ses enfants et sa méfiance face à une situation qu’il a lui-même vécue.


Marie-Joanne Boucher (Mélanie)
Présente-moi ton personnage, qui est une mère poule (hihi).
Mélanie, c’est une mère poule, mais surtout une mère qui aime profondément ses filles. Au début de la série, on apprend qu’elles ont 14 ans. Je comprends qu’elle soit très protectrice, parce qu’elle les aime énormément. Mais elle va aussi devoir les accompagner dans cette espèce d’affranchissement. En parallèle, elle va reprendre sa propre vie en main, parce qu’elle s’est consacrée entièrement à sa famille. Elle a une très belle trame narrative. On la voit s’émanciper et commencer à prendre soin d’elle en tant que femme.
Quel est le point fort et le point faible de ton personnage ?
Je pense que son point fort, c’est d’être très à l’écoute des gens qui l’entourent. Son point faible, c’est peut-être qu’elle ne s’écoute pas assez elle-même.
Qu’aimerais-tu dire à ton personnage ?
J’aimerais lui dire que tout va bien aller, parce que ses filles ont de bonnes bases et qu’elles vont bien évoluer. J’aimerais lui dire de faire confiance à ça.


On comprend qu’elle a beaucoup investi dans ses enfants. Or, certains événements vont les amener à prendre davantage leur envol. C’est quelque chose pour lequel elle n’est pas nécessairement prête, mais qu’elle devra accepter.
Elle n’aura pas le choix, mais elle va y arriver. Et elle va même bien le faire. Au final, ça va aussi les rapprocher. Parfois, l’enjeu avec nos ados, c’est justement de les laisser aller. Mais souvent, ça permet de bâtir un lien plus intime et plus solide. Elle conserve un lien très particulier avec ses deux filles. Elle va aussi jouer un rôle très important dans le cheminement de Florence (Irlande Côté). Mélanie va vraiment l’accompagner à prendre son envol, à assumer sa singularité et à embrasser le fait qu’elles sont différentes, et que c’est très bien ainsi.
Comment ça a été de tourner avec les deux Fayolle Jean ?
C’était super. C’est vraiment une histoire de famille. Je ne les connaissais pas avant le projet et je les ai découverts sur le plateau. On a créé un véritable cocon avec les deux filles et Fayolle Jr. On a eu énormément de plaisir ensemble. On tournait de très longues journées et j’étais très présente dans la série. On était constamment ensemble. Toutes les scènes à la maison nous ont permis de créer notre petit univers. On était vraiment bien ensemble. D’ailleurs, on a beaucoup pleuré à la fin du tournage.


Y a-t-il des choses que tu as découvertes ou expérimentées pour la première fois sur ce tournage ?
Je ne dirais pas que j’ai expérimenté quelque chose pour la première fois, mais j’ai découvert à quel point ces jeunes acteurs travaillent fort. J’avais déjà travaillé avec des enfants auparavant, mais là, c’était particulièrement intense. Leur professeur ou leur tuteur scolaire était présent avec nous sur le plateau et faisait carrément partie de l’équipe. Ce que j’ai pu constater, c’est à quel point ils sont impressionnants. Nous, on fait de longues journées de tournage, mais c’est notre seule responsabilité. Eux, en plus de tourner, ils doivent étudier, faire leurs examens et suivre leurs cours. C’est énorme.
Il y avait aussi Malick (Babin). Bilal (Baoui) était un peu moins présent, mais Malick travaillait avec son coach, en plus du tuteur, Joël. Il faisait vraiment partie de l’équipe. C’était quelqu’un de très intéressant, très intelligent et toujours agréable à côtoyer.
Malick Babin (William)
William, élève populaire et leader naturel, est très impliqué dans la lutte contre les injustices sociales. Fier de ses racines africaines, il aime partager son histoire, sa culture et sa vision de la vie avec les autres. Sûr de lui et inspirant, il aide Florence à s’affirmer et à défendre ses convictions, tout en montrant à Emma comment utiliser sa voix pour rassembler et influencer positivement son entourage.


Fayolle Jean (Evans)
Evans est le père de Stanley. Auteur à succès, il était peu présent durant son enfance, créant des tensions entre eux. Pendant plusieurs années, il a partagé son temps entre le Canada, la France et Haïti, mais cherche aujourd’hui à rattraper le temps perdu en se rapprochant de sa famille. Artiste à l’écoute de ses petites-filles, il développe une complicité naturelle avec ces dernières, tout en espérant gagner le pardon et la confiance de Stanley avec patience et sincérité.


Émile Turgeon (Jacob)
Jacob est un élève qui possède un grand talent en chant, et la musique occupe une place centrale dans sa vie. Sensible et loyal, il peine à s’affirmer avec son père, qui ne saisit rien à sa passion et semble figé dans des préjugés que Jacob ne partage pas.


Blial Baoui (Karim)
Karim est d’origine libanaise. Bouffon, il fait souvent rire toute la classe et exaspère les enseignants et enseignantes. Il est le meilleur ami de William et est aussi très impliqué dans la lutte contre les injustices sociales.


Emanuelle Gagné-Néron (Raphaëlle)
Raphaëlle est la meilleure amie des jumelles depuis le primaire. Préoccupée par les nouvelles tensions entre les sœurs, elle se sent partagée et peine parfois à trouver sa place dans le trio. Mais en amie fidèle, elle demeure un soutien attentif et aide ses amies à naviguer dans leurs défis respectifs.
Salomé Corbo (Directrice)



Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
