Le 18 juin 2026, Julien Clerc était de passage à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts dans le cadre des Francos de Montréal.
En première partie de la superstar française, j’ai découvert Sandra Contour, née Boulanger, une auteure-compositrice-interprète d’Alma qui a un joli accent du Lac et un timbre de voix si pur, s’harmonisant parfaitement avec ses deux comparses multi-instrumentistes. Le public est ravi, car ses textes sont intelligents et sa douce musique est peaufinée à souhait. Les titres de ses chansons donnent le ton doux-amer, philosophique dans les déboires et les déceptions du quotidien. Exemples : J’avais pas mon téléphone, Où est passé mon contour ?, Rêver c’est pour les autres, La maison est de travers. De délicieuses surprises sont à prévoir de la part de cette artiste sensible et douée.
Julien Clerc, grande vedette consacrée de la chanson française, est aimé au Québec pour l’ensemble de son œuvre musicale. À 78 ans cette année, son itinéraire à succès est impressionnant. Ses qualités de compositeur et son aisance sur scène plaisent partout. Il semble être intemporel, s’accorder avec son temps et toucher à plusieurs styles… Rythmes antillais, bossa, balades romantiques sont ses spécialités. Le rock à l’américaine n’est pas son meilleur atout, bien que ses fans en soient enchantés. Il joue aussi avec des envolées inspirantes, comme sur son album Utile, qui rêve de justice sociale et de paix dans sa tête fleurie. Il a toujours choisi ses engagements artistiques avec sincérité, et c’est ce que le public apprécie tellement.


On n’hésite pas à l’appeler Julien, le nom d’artiste qu’il a choisi pour éviter Paul-Alain, que ses parents lui ont donné à sa naissance. Ce spectacle aux Francos de Montréal fait partie d’une tournée extrêmement importante en Europe qui laisse penser qu’il a maintenant envie de se raconter et de répéter : « C’est pour vous que je chante ». Il raconte son enfance, la douleur de la séparation de ses parents, sa mère d’origine modeste, chez qui la télévision et la musique pop anglo-saxonne du moment sont omniprésentes, versus la musique classique qui règne chez son père et sa nouvelle conjointe. Les origines métisses de son grand-père maternel guadeloupéen, fier ouvrier gauchiste, ont aussi contribué à ses inspirations musicales et à son engagement social.
Il n’écrit pas ses paroles, mais sait choisir les auteurs qui l’inspirent et peuvent magnifiquement s’allier à sa musique. Étienne Roda-Gil, Jean-Louis Dabadie, Françoise Hardy, Carla Bruni, Benjamin Biolay, Luc Plamondon, Maxime Le Forestier… Bref, la soirée est parsemée de tubes et même de vers d’oreille ; des groupes se forment, les gens se lèvent et les corps se trémoussent ! Le public d’âge mûr de Julien aime ce répertoire d’une qualité remarquable. On voit aussi des plus jeunes sensibles aux refrains de ce musicien toujours pertinent. Les Francos sont aussi bien organisées sur le plan technique, relativement au son, et les éclairages sont superbes. La star française est comblée et les rappels sont applaudis à tout rompre.


On souhaite à Julien Clerc une tournée formidable et on lui adresse nos hommages. Il sera toujours le bienvenu au Québec.

Michel Jolicoeur | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Victor Diaz Lamich
