On peut dire que la chanteuse canadienne Jess Moskaluke a su faire son chemin dans le domaine du New Country depuis les dernières années. Elle a été la première artiste country canadienne depuis Shania Twain à recevoir la certification platine de la Canadian Recording Industry Association pour l’une de ses chansons (Cheap Wine and Cigarettes). Elle fait maintenant partie des incontournables au pays.
Elle lance aujourd’hui une toute nouvelle chanson sur les plateformes numériques et nous avons eu la chance de lui en glisser un mot.
Pour commencer, Jess, félicitations un peu en retard pour avoir atteint les 100 millions d’écoutes pour tes chansons sur les plateformes d’écoute en ligne en novembre dernier! Comment t’es-tu sentie lorsque tu as su la nouvelle?
Je ne suis pas une personne qui regarde souvent les chiffres, alors j’étais sous le choc! Je n’avais aucune idée qu’autant de personnes écoutaient mes chansons. J’ai encore peur que personne ne vienne à mes spectacles, ça me surprend encore beaucoup quand des gens chantent mes chansons, reviennent me voir. Alors, de découvrir que mon catalogue musical cumule plus de 100 millions d’écoutes, c’était juste époustouflant!
Tu as toujours peur? Ça me surprend, parce que tu es maintenant l’un des grands noms du New Country au pays, tu n’en es plus à tes débuts…
Merci! Je crois que c’est peut-être le syndrome de l’imposteur ou quelque chose comme ça…Peut-être que c’est juste ainsi que l’industrie musicale nous fait sentir. […] Je me sens encore comme « The New Kid On The Block » (la nouvelle venue) (…) Tu n’y arrives jamais vraiment, tu vois ce que je veux dire? Tu ne fais que grimper et grimper et tu continues de sortir de nouvelles chansons encore meilleures que les dernières et tu essaies toujours d’atteindre la prochaine étape.
Crois-tu que ça t’aide à te surpasser?
Je crois que oui. C’est peut-être une contradiction, mais je sens aussi que je le dois aux fans, de toujours continuer d’essayer de sortir la meilleure musique que je peux. C’est la seule chose que je sache faire. Jamais je ne sortirais une chanson en laquelle je ne crois pas. Alors, oui, je crois que ça m’aide en quelque sorte…



D’autant plus que tu écris maintenant tes propres chansons depuis quelques années, donc, la pression doit être encore plus forte…
Oui, j’ai commencé à écrire… probablement au moment où je commençais dans l’industrie musicale. J’écrivais déjà alors que je sortais des chansons, mais au cours des cinq, six dernières années, je suis devenue plus confiante et j’écris maintenant la majorité de mes chansons. Pas toutes, mais presque! Alors, oui, la pression est plus forte, mais en même temps, la meilleure chanson l’emporte toujours. Alors, si on reçoit une chanson et que je sens qu’elle cadre mieux, que c’est davantage ce que l’on recherche, que c’est mieux écrit… On va prendre celle-là. Donc, je ressens la pression parce que je veux être celle qui écrit mes chansons maintenant, sauf que je sais qu’il y a toujours cette option (co-écriture). Alors, si j’ai une année bizarre, que je n’écris pas autant, je sais qu’il y a des auteurs-compositeurs vraiment meilleurs que moi et que je pourrai prêter ma voix à leurs chansons.
Justement, as-tu déjà eu le fameux syndrome de la page blanche?
Oui, je crois… Je pense que ça arrive à tout le monde, mais j’aime co-écrire et je crois que ça aide à contrer le syndrome de la page blanche. Ça m’arrive souvent d’entrer dans le studio d’écriture et de dire à mon producteur « Je ne le sens pas cette semaine, je ne sais pas ce qui va en ressortir, je ne sais pas comment ça va aller. C’est mon petit suivi » et il me répond « C’est correct, on va trouver quelque chose ». Et on réussit toujours. Alors, je crois que c’est l’avantage d’écrire avec des gens que j’aime et en qui j’ai confiance; je n’ai pas peur de lancer une idée qui peut ne pas être bonne. Je peux simplement la dire et si c’est une mauvaise idée, c’est une mauvaise idée. On rit et on passe à la suivante! Parfois, c’est une bonne idée, mais c’est que je doutais de moi.
Et Jess, on se parle aujourd’hui, car tu es sur le point de sortir une toute nouvelle chanson à la radio : Heartbreaker. Une chanson dans laquelle tu rassures un amoureux que tu n’es pas une briseuse de cœur. Qu’est-ce qui t’a inspiré cette chanson?
Je crois que ce qu’il est important de savoir, c’est que je tire souvent mon inspiration de moments qui ne sont pas nécessairement actuels. Quelqu’un sur Facebook m’a déjà écrit : « Mais qui écrit ces chansons? Tu es mariée et tu es heureuse dans ton mariage. Alors qui écrit ces chansons de ruptures? » (rires) Je suis une femme de 32 ans et oui, je suis mariée et heureuse, mais ce n’est pas ma première relation; j’ai eu des ruptures et de mauvaises expériences avant. Alors, parfois je tire mon inspiration du passé, parfois du présent, ça dépend de ce sur quoi nous avons envie d’écrire ce jour-là. Et cette journée-là (quand nous avons écrit Heartbreaker), nous voulions écrire une chanson qui serait plus douce vocalement pour moi, comme plusieurs de mes chansons sont demandantes; elles peuvent être rapides, elles peuvent contenir beaucoup de mots et elles représentent toutes un défi à chanter. Je l’ai appris rapidement durant la tournée Mapdot, alors que je chantais ces mêmes chansons pendant deux heures chaque soir. Alors, nous nous sommes demandé comment nous pouvions composer une chanson que nous aimons tous, qui se joue bien, qui a de l’énergie, mais qui reste facile à chanter et qui ne demande pas trop d’effort à ma voix. Donc, c’était l’objectif principal et les paroles sont venues toutes seules.
Et à quand aurons-nous droit à un nouvel album de ta part? Ton dernier remonte quand même à 2021.
Je ne sais pas. On travaille encore dessus. J’écris toujours, j’espère pouvoir aller en studio d’enregistrement cet été… Alors, possiblement 2024, mais je ne sais pas encore. On travaille dessus et je veux être certaine de prendre le temps pour qu’il soit bon!
Tu étais de passage au Théâtre Corona de Montréal en octobre dernier. Quand reviendras-tu nous voir?
Je ne sais pas! J’espère vraiment que je vais revenir bientôt! Surtout si vous aimez la chanson (Heartbreaker), que tout le monde la tourne et qu’il y a de la demande. On aimerait beaucoup revenir!
Le New Country est en plein essor ici au Québec. Pour quel artiste québécois as-tu un coup de cœur présentement?
On a un duo au sein du label qui s’appelle Five Roses. Je les trouve tellement talentueux! Je leur envoie des chansons qui n’ont pas été retenues pour mon album et je leur dis : vous seriez tellement meilleurs que moi pour cette chanson que j’ai écrite. J’aimerais entendre leur voix là-dessus. Mais je suis aussi une grande fan de Matt Lang, je crois qu’il a énormément de talent. Vous avez vraiment de bons artistes au Québec!
Jess Moskaluke vient également de lancer le vidéoclip de sa chanson Not What Ya Think, comptant plus de 2500 animations dessinées à la main.
Elle travaille aussi présentement sur une prochaine édition de Handpicked By Jess, une boîte contenant huit produits découvertes de compagnies canadiennes dirigées par des femmes.

Billie-Lou Roy | Journaliste
Passionnée de musique depuis sa plus tendre enfance, Billie-Lou est directrice musicale de deux stations de radio en plus d’être animatrice, blogueuse et intervieweuse. Au cours des dernières années, elle s’est spécialisée dans la musique New Country, mais elle écoute de tous les styles musicaux. Elle a à cœur de promouvoir nos artistes d’ici et se réjouit toujours lorsque ceux-ci rayonnent à l’international.
Crédit photo : Ben Dartnell
