Le 23 mai 2026, à la Maison symphonique de la Place des Arts, l’Orchestre Métropolitain présentait Grieg, soleil nordique sous la direction de la cheffe invitée Lina Gonzales-Granados. Porté par les œuvres d’Edvard Grieg, Carl Nielsen et Dora Pejačević, ce concert matinal a plongé le public dans les grands paysages sonores scandinaves.
Ce concert mémorable remet en mémoire la musique sublime des Scandinaves, le norvégien Edvard Grieg et le danois Carl Nielsen. En ouverture, la compositrice croate moins connue Dora Pejačević (1885-1923) initie la matinée avec une pièce assez forte composée dans l’esprit de la musique romantique, accentuée d’envolées héroïques proche du style Wagnérien.
La chef invitée d’origine colombienne impressionne par le charme de sa personnalité et la sincérité de sa direction orchestrale qui marque son ascension dans le monde musical. « Vitalité rythmique » et « puissance brute » sont notés par les chroniqueurs musicaux internationaux. Edvard Grieg est considéré comme le compositeur national de la Norvège. L’orchestre nous offre la Suite no. 1 de Peer Gynt qui est une pièce de théâtre de l’auteur norvégien Henrik Ibsen. Grieg inspiré par cette œuvre littéraire a composé la musique de scène lors de la création en 1876.
Dès les premières notes, la flûte et les cordes nous transportent dans les espaces lumineux et la nature inspirante des fjords norvégiens. Le premier segment intitulé « Au matin », nous berce et fait rêver. Ensuite, « La mort d’Åse » captive de façon plus dramatique alors que meurt la mère du héros. Peer Gynt part ensuite en Arabie pour être séduit par la « Danse d’Anitra » qui le dépouillera de ses maigres économies. Enfin, Gynt sera conduit devant le roi des hautes Montagnes du Dovre, au centre de la Norvège, pour affronter les trolls et les diables inventés par Ibsen.
Grieg a composé le superbe concerto pour piano en la mineur alors qu’il n’avait que 24 ans !. La pianiste Michelle Cann l’interprète avec la fougue et le talent qui ébloui. Souriante, magnifique, elle est dévouée à la précision des moments forts de cette musique formidable. Elle brille littéralement des pieds chaussés de pierreries à la broche scintillante qui ornemente ses longs cheveux bouclés. Le public est carrément en liesse, elle en redonne avec un rappel généreux de son répertoire. Par la magie des mains de cette pianiste inspirée, on aura vécu des moments heureux où Grieg vivait à la campagne au Danemark avec son épouse et sa petite fille nouvellement née. On retrouve des sonorités du folklore scandinave, des rythmes de danse acrobatique « halling », des rêveries élégantes et des tendresses propres aux temps heureux du jeune couple.
En deuxième partie, l’orchestre revient avec une fantaisie du plus célèbre des compositeurs danois Carl Nielsen : « Les quatre tempéraments ». Assis en bonne compagnie en buvant une bonne bière, Nielsen aperçoit un tableau intitulé ainsi. Il se met bientôt à composer une symphonie dont les quatre mouvements illustreraient ces quatre tempéraments : Colérique, Flegmatique, Mélancolique et Sanguin. Les émotions y passent et nous transportent dans cette introspection de la psychologie ancienne… l’humain peut ainsi être emporté et impétueux, indolent et plaintif, rêveur, ou encore avancer sans réfléchir « en croyant que le monde lui appartient »… une belle vision qui colle à des réalités diverses des comportements humains.
Une matinée musicale vraiment agréable pour tous.
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Michel Jolicoeur | Journaliste

