On a d’abord connu le chanteur Fred Dionne au sein du groupe Les Jacks, mais on a aussi pu l’entendre seul grâce à son premier album solo Highways lancé l’an dernier. Il sera d’ailleurs au Festival country de Lotbinière ce samedi 17 juin.
Tout d’abord Fred, parlons-en de ton album Highways. Quel succès sur les ondes radiophoniques québécoises et même ailleurs au pays! Comment expliques-tu ça?
Je te retourne la question (rires)! Mon Dieu, je ne sais pas! Je suis vraiment content de ça. C’est toujours stressant de sortir un projet, on ne sait jamais comment (les gens) vont réagir. Et là, de voir que les deux premiers extraits (Hangover & Highways), ça a vraiment bien été, je vais croiser les doigts pour que ça continue pour la suite. Mais c’était au-delà de mes attentes! Je ne voulais pas trop me faire d’attentes justement, en me disant « On ne sait jamais ce que ça peut donner », mais ça a bien répondu, alors je suis super content!
Y a-t-il une chanson de ton album sur laquelle tu aimerais que les gens se penchent davantage, qui n’est pas nécessairement un extrait radio, mais qui te tient à cœur, qui a une signification particulière pour toi?
Il y en a deux-trois sur l’album qui sont peut-être mes préférées à moi, mais qui ne sont pas nécessairement celles que les gens écoutent le plus. Mais ma préférée serait Un Moment. C’est la dernière de l’album. C’est ma chanson qui s’est écrite le plus rapidement de ma vie. On dirait qu’elle était due pour sortir, elle était prête. C’est rare que ça arrive, une chanson, une intuition qui arrive dans l’espace d’une heure, pour moi du moins. Celle-là est arrivée d’un coup. Sinon, il y a aussi Et pourtant et Dans l’détour qui sont des chansons un peu plus smooth, mais que moi j’aime beaucoup.
Au cours des derniers mois, tu as assuré les premières parties de 2Frères et de Matt Lang notamment. Tu as aussi déjà fait celle de Bryan Adams avec Les Jacks à Dubaï il y a quelque temps déjà. De qui rêves-tu de faire la première partie et qui verrais-tu faire la tienne?
Faut dire que Bryan Adams, c’était vraiment cool, c’était une expérience unique. C’est arrivé une fois, c’est malade, c’est un souvenir mémorable. Les premières parties des 2Frères et Matt Lang, c’est parce que je les fais souvent et ça fait une énorme différence dans ma carrière en ce moment. D’aller à la rencontre des gens plusieurs soirs par semaine pendant tout l’automne, tout le printemps, c’est vraiment trippant! De qui d’autres j’aimerais faire la première partie? Il y a bien des artistes américains que j’aime beaucoup et sur lesquels je trippe. Il y a eu Dierks Bentley à LASSO l’an dernier qui est un artiste que j’écoute beaucoup présentement. Donc, je dirais Dierks Bentley.
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Ce que je trouve difficile, c’est que je viens de lancer mon premier album. Présentement, on est une super belle gang d’amis avec qui on collabore, on se serre les coudes. On est une nouvelle génération ; je pense entre autres à Francis Degrandpré, à Vince Lemire, à Guillaume Lafond, Andie Therio, Brittany Kennell… Je trouve ça cool qu’on se suive tous comme ça. On a tous parti (notre carrière) en même temps. Alors, je ne me verrais pas leur dire « Viens faire ma première partie ». Mais pourquoi pas un plateau-double? J’aimerais partager la scène avec tous ces gens-là! Justement, Guillaume m’a invité sur son spectacle, je l’ai invité sur le mien dernièrement. Une fille avec qui ça pourrait bien fiter, c’est Andie Therio. Elle a lancé un premier EP l’an dernier, elle vient tout juste de lancer une nouvelle chanson (Golden Wings). Ça pourrait être super cool!
Et maintenant, parlons des Jacks! Vous venez de lancer ensemble un nouvel album de reprises, Live au TreeHouse. Certains pourraient croire que vous étiez en pause, mais vous donniez encore des spectacles. C’est simplement que ça faisait un bout de temps que vous n’aviez pas sorti de nouveau matériel. Qu’est-ce qui a fait en sorte que vous vous remettiez en mode « On enregistre, on se lance »?
On avait perdu notre contrebassiste. À la base, les Jacks, on était un trio. Ça avait commencé comme ça, on faisait des reprises. On était partis ensemble en tant qu’amis à Hawaï, sur la plage, on s’était mis à faire de la musique ensemble. On a vu que ça créait un attroupement autour de nous, on trouvait ça le fun, alors on a ramené ça ici. À travers le temps, on a sorti des compositions, mais un jour, notre contrebassiste est parti en France pour un contrat pendant quatre ans et demi. Pendant ce temps-là, on est tombés en mode duo, on avait un autre contrebassiste qui venait remplacer avec nous, mais ça n’a jamais été pareil. Pendant la pandémie, notre contrebassiste Alain est revenu. Donc, ça a été une bénédiction pour nous! Alain est revenu, on s’est remis à faire ce qu’on faisait au départ (des reprises acoustiques et vocales). C’est toujours ça qui a fait qu’on a gagné nos vies, on avait toujours fait ça en spectacle (des reprises), mais on n’avait jamais rien enregistré. Alors, on s’est dit « Alain est de retour, la chimie est revenue ». On est rentrés en studio et on l’a enregistré de façon très organique, comme quand on pratique autour du piano chez nous. On a enregistré tout l’album live autour du piano, tous les micros allumés, les voix en même temps que les instruments. Donc, c’était toute une expérience!
Comment avez-vous choisi les différentes reprises de l’album?
L’idée, c’était de reprendre des classiques de toutes les époques, réarrangés à notre façon. On a pris des chansons connues et le but était de les amener ailleurs le plus possible. Que les gens souvent ne puissent pas la reconnaître tout de suite. On s’est entourés de David Laflèche qui a réalisé l’album. Quand on est arrivés en studio, on avait déjà des versions qu’on jouait depuis quelque temps déjà, mais c’est lui qui nous a dit « Essayez ça, et ça ! » On a fait des arrangements sur le fly, directement au studio. Le seul défi, c’était de faire LA take tout le monde ensemble et qu’on réussit à jouer d’un bout à l’autre.
Que préfères-tu dans ta carrière de groupe vs ta carrière solo?
Le point positif d’être en groupe, c’est qu’on divise les tâches, mais aussi, la pression. Dans Les Jacks, ce qui est le fun, c’est qu’on a chacun nos petites jobs assignées, mais aussi, quand on arrive en show, c’est le fun, parce qu’on est des chums. On trippe ensemble. Ce qui est cool tout seul, c’est que tu n’as jamais besoin de demander l’approbation des trois pour une idée. J’en ai une, je la fais!

Billie-Lou Roy | Journaliste
Passionnée de musique depuis sa plus tendre enfance, Billie-Lou est directrice musicale de deux stations de radio en plus d’être animatrice, blogueuse et intervieweuse. Au cours des dernières années, elle s’est spécialisée dans la musique New Country, mais elle écoute de tous les styles musicaux. Elle a à cœur de promouvoir nos artistes d’ici et se réjouit toujours lorsque ceux-ci rayonnent à l’international.
Crédit photo : Sunnie Heers
