Jeudi le 16 juin, les médias ont été convoqués à l’Aréna Étienne-Desmarteau, à Montréal, afin d’avoir un premier aperçu du spectacle de la Fête nationale dans la capitale. Sur place, c’est le groupe Salebarbes qui nous a accueillis avec l’interprétation de leur chanson « Allons danser », dernière piste de leur premier album « Live au Pas Perdus ». Le groupe, composé de Jean-François Breau, Jonathan et Éloi Painchaud, Kevin McIntyre et George Belliveau, a décidé de miser sur la musique cajun, mélangeant chansons originales, reprises et traductions. Ce n’est pas un hasard si c’est ce groupe qui a accueilli les médias. En effet, ces derniers animeront également la soirée festive. Ils étaient accompagnés de Richard Séguin, Marjo, Sara Dufour, Jérôme 50 et Scott-Pien Picard. Mélissa Bédard, Laura Niquay et Lou-Adriane Cassidy, qui étaient absentes lors de la répétition, seront également sur scène. C’est le multi-instrumentiste Antoine Gratton qui assure la direction musicale. L’énergie du groupe sur la scène est indéniable. Salebarbes s’est entouré d’artistes qu’ils aiment et ça se ressent. La complicité entre chaque personne sur scène est belle à voir, même en répétition. Ça promet !
Cette année, la fête souligne la diversité québécoise avec un spectacle sous le thème « Notre langue aux mille accents ». Le grand spectacle de la Fête nationale aura lieu le 23 juin, dès 21h00, sur les plaines d’Abraham. Le tout sera retransmis en direct sur la chaîne Télé-Québec, dès 21h30. Pour les gens qui se rendront sur place, vous ne serez pas en reste même si vous arrivez plus tôt. En effet, il a été demandé à Marco Calliari et Pépé et sa guitare d’assumer la première partie, à tour de rôle. Devant cette proposition, les deux artistes ont décidé de s’unir et d’offrir une grande première partie, ensemble.
J’ai eu la chance de m’entretenir avec quelques artistes lors de cette répétition.
Salebarbes

Débutons par la genèse de Salebarbes, d’où vient le projet?
(Jean-François Breau) Ça a commencé en 2017, avec un seul spectacle aux Îles-de-la-Madeleine. Kevin McIntyre était réalisateur sur une émission que j’animais et dont Éloi Painchaud était directeur musical, du nom de Prise de son. On faisait le tour du Canada et ça a cliqué, musicalement. Nous avons appelé nos amis Jonathan Painchaud et George Belliveau et on s’est planifié un seul spectacle, sans penser que ça allait devenir ce que c’est devenu.
Ce sera votre première Fête nationale et en plus, vous l’animez. Comment avez-vous réagi à cette offre?
(Éloi Painchaud) On était très enthousiastes. Ça nous tentait vraiment de vivre cette grosse fête-là, surtout sachant que le spectacle tournait autour de nous d’une certaine façon. On nous a consulté pour les invités pour que leur énergie soit comme la nôtre. On a aussi été impliqué musicalement et chaque fois qu’on nous parlait d’un invité, on avait déjà hâte de jouer leur chanson et de la « Salebarbiser » !
Votre album Gin à l’eau salée a été lancé il y a presque un an, vous avez des spectacles annoncés jusqu’en décembre 2023. Croyiez-vous vraiment que Salebarbes allait être aussi gros?
(George Belliveau) Oui! (Rires) On se doutait que ça allait marcher, car on n’avait même pas joué une chanson ensemble que les deux dates au Pas Perdus étaient déjà complètes (Le Pas Perdus étant un bar-spectacle à Cap-Aux-Meules, sur les Îles-de-la-Madeleine). Mais en même temps, ça reste encore aux Maritimes. De voir que ça sort de cette région, ça c’est vraiment impressionnant et même fou.
(Jonathan Painchaud) L’accueil que le Québec a réservé à Salebarbes, c’est incroyable. Nous avons eu des succès dans le passé, mais cet engouement pour Salebarbes, c’est comme si tout le monde nous prenait pour leur beau-frère puis ils nous ont adopté. Et là, on a le mandat d’accueillir les gens sur les plaines, ça fouette la fierté.
George Belliveau et Kevin McIntyre, vous êtes Néo-Brunswickois, on vous connaît moins que vos trois autres collègues. Quels sont vos parcours avant Salebarbes?
(George Belliveau) Ça fait 20 ans que je travaille en Acadie, principalement. J’ai travaillé dans d’autres groupes, mais j’ai aussi fait quelques albums sous mon propre nom. C’était toujours de la musique acadienne, assez festive, avec un ton country. Tous les spectacles qu’on fait en ce moment, à chaque fois je dis au public « C’est la première fois que je viens ici! » (Rires).
(Kevin McIntyre) J’ai touché à tout. J’ai fait de la télé, de la production de télé, j’ai fait la tournée du groupe Les Hay Babies pendant six ans. J’ai travaillé longtemps aussi comme réalisateur, monteur et caméraman à Radio-Canada Moncton donc je peux aider sur l’aspect visuel du groupe. Ce qui est le plus fou, c’est que George et moi, on se connait depuis 20 ans et niveau style musical, on était probablement les dernières personnes qu’on pensait qui aurait fini dans le même groupe. J’étais plus dans le indie-rock, George dans le country. On était amis, mais musicalement, ça clashait. Mais un projet comme Salebarbes nous a unis.
Vous êtes visiblement très proches les uns des autres.
(Jonathan Painchaud) On n’a pas choisi des gens pour faire partie du groupe, on s’est amalgamé et on s’est rendu compte que l’on se complétait vraiment.
(Kevin McIntyre) Nous avons tous des forces différentes. Je m’occupe plus de l’esthétique du band, Éloi est un bon réalisateur, JF est un animateur incroyable. Jo et George ont tellement de métier donc ils ont l’expertise. On est un dream team !
(Jonathan Painchaud) On se nourrit des forces des autres. On est tous des showoff, parce qu’on a tous été le frontman à un moment de nos carrières. Maintenant, on n’a aucun problème à passer la rondelle à un collègue et que ce soit à son tour d’être le leader.
(Jean-François Breau) Tout le monde est dans ce projet-là aussi pour les mêmes raisons. Quand on quitte nos familles pour partir en tournée, on veut que ça compte et on veut faire de la qualité. Et il y a un respect mutuel entre nous tous.
Richard Séguin

Durant les deux dernières années, avez-vous réussi à faire quelques spectacles ou c’est un retour pour vous ce soir?
J’ai fait la Fête nationale à Trois-Rivières, mais il n’y avait pas de public. On a eu du plaisir, mais de retrouver les gens cette année, j’ai hâte.
Plus de 50 ans de carrière, 14 prix Félix et vous êtes encore actif. Quel est le secret de votre longévité?
Je compare ça à une partition musicale. Dans une partition, tu as des notes, mais tu as aussi des silences. Et ces silences sont aussi importants que les notes. Durant ces « silences », je me retire, j’écris, je compose, je me prépare. Je respecte depuis plus de 40 ans ce cycle de notes et de silences. Je dois faire confiance aussi à mon public qu’ils seront encore là, même si je me retire parfois.
Quelle est la suite pour vous?
Je vais lancer en album en septembre, en même temps que la tournée. L’album s’appellera « Habité » et j’ai bien hâte.
Marjo

Vous avez plus de 40 ans de carrière donc on n’en est pas à la première Fête nationale. Est-ce encore flatteur de se faire demander d’y participer?
Ben oui ! Je suis une vraie Québécoise, je suis fière de l’être donc toujours contente de participer.
Vous connaissiez déjà Salebarbes lorsqu’ils vous ont demandé de participer à la Fête. Qu’est-ce que vous aimez de ce groupe?
Ce sont des gars qui se connaissent et qui ont décidé de se ramasser ensemble pour jouer, c’est formidable. Ils s’amusent, ils sont unis, ça va bien, il n’y a pas de haut et de bas, c’est vraiment bien de jouer avec eux.
Impossible de ne pas en parler, vous avez été annoncée comme coach de La Voix. Est-ce que ce fut un oui retentissant ou vous y avez réfléchi?
J’y ai pensé longtemps. Jean-Philippe Dion m’a appelé personnellement pour me le proposer. Je suis restée muette, je ne m’attendais tellement pas à ça. Je ne comprenais pas pourquoi moi. J’ai décidé d’aller rencontrer l’équipe de production pour discuter, car ça implique beaucoup de choses. D’abord, je ne fais pas beaucoup de télé et là, c’est vraiment un show. Aussi, je trouvais que j’avais une grande responsabilité envers ces chanteurs-là. Je les ai rencontrés une deuxième fois pour d’autres questions puis j’ai accepté.
Comment serez-vous comme coach?
Je veux bien entendre les mots. La prononciation, les accents toniques, c’est important. Je ne jouerai pas de game je vais être douce, mais je vais être très honnête et très franche.
Sara Dufour

On te connait plus depuis environ deux ans, ta chanson Baseball a été un grand succès radio. T’attendais-tu à tout ça?
Pas du tout, vraiment pas ! Au début, quand j’ai commencé à écrire cette chanson, je ne voulais pas l’enregistrer, je ne la trouvais pas bonne. Une amie m’a dit de continuer, que c’était vraiment. Même en studio, je ne pensais pas que ça allait donner ça. Mais à mon grand bonheur.
On se reconnaît dans tes chansons, c’est proche du public. Pourquoi as-tu décidé de faire des chansons dans ce genre?
Je raconte mon histoire, en fait. Et comme nous avons tous passé par l’adolescence et des expériences, je pense que l’on peut se reconnaître, car nous avons vécu des choses similaires. Je fais ça en toute simplicité et ça rejoint le monde et ça fonctionne, c’est trippant.
Tu viens de Dolbeau-Mistassini, tu as un parcours plutôt atypique qui t’a mené à Montréal et dans le domaine musical. Peux-tu m’en parler un peu?
J’ai découvert L’École Nationale de la chanson en 2011-2012 et ç’a été un virage à 180 degrés. Je me suis ramassé à Montréal, car j’ai gagné un concours pour jouer un petit rôle dans Watatatow, mais la musique a toujours été présente. Est arrivé un moment où je me suis dit qu’il était temps que je me choisisse et j’ai commencé à faire mes propres affaires. J’ai fait des concours et des petits spectacles, mais je voulais que ça n’aille pas trop vite, pour pouvoir bien assimiler tout ce qui se passait et ne pas sauter d’étape, car je n’avais pas de plan B.
En regardant ta tournée estivale, je remarque que tu te rends jusqu’à Yellowknife, capitale des Territoires du Nord-Ouest. Comment as-tu réussi à avoir ce contrat?
C’est un festival anglophone qui se passe là-bas et il y a une délégation francophone qui s’y rend et on m’a sélectionnée pour y aller. Je me suis toujours dit « Plus c’est loin, plus je trippe. » et là, ça commence à être vraiment loin !
Ton dernier album remonte à 2019, à quand du nouveau matériel?
J’ai un beau problème dont mon agenda est trop rempli présentement. Les choses sont prêtes, je dois juste m’arrêter pour finaliser le tout.
Scott-Pien Picard

Tu es originaire de Uashat, peux-tu nous situer géographiquement?
Uashat est proche de Sept-Îles. Nous sommes une toute petite communauté sur la Côte-Nord.
Tu écris dans ta langue maternelle, l’innu. Croyais-tu un jour faire une Fête nationale en chantant en innu?
C’est certain que non. Je fais ça par plaisir, mais maintenant, je veux encore plus le faire pour les jeunes. Chez nous, les jeunes perdent notre langue et je veux que cela vive au travers de la musique.
Tu as lancé l’album Pekuaiapu en janvier 2022. Que veux-tu dire le titre?
En fait, c’est un mot qui n’existe plus. J’ai décidé de le ramener. Pekuaiapu, ce sont principalement les aînés qui l’utilisaient lorsqu’ils chassaient le caribou. C’est très spirituel comme signification, mais c’est lorsque tu visualises quelque chose pour que ça arrive. Moi aussi, je visualise ce qui va m’arriver pour aller de l’avant.
Ton album est excellent, mais nous ne comprenons pas les textes. De quoi parle ton album?
Mon album est plutôt personnel. Je parle de ma fille, sa mère, ma grand-mère qui nous a quittés donc beaucoup de ma famille et de moi.
Photos : Courtoisie

