Le nouvel album de Fanny Bloom, Holistique, est sorti le 6 octobre et c’est une délicieuse fusion de calme et de disco. À côté des moments d’intimité qu’offrent Holistique, Le ciel te ressemble et À en crever, il y a les instrumentales énergétiques (Han han comme avant) et les ambiances scintillantes et dansantes de Ton cœur qui bat et C’est toujours comme ça. Cet album marque un nouveau chapitre dans la carrière de l’auteure-compositrice-interprète.
L’album Holistique est comme un beau mélange de tous tes albums. Il y a les côtés rêveurs et ceux qui sont plus pop et plus dansants. Que signifie pour toi cet album, notamment parce que ça fait cinq ans depuis le dernier?
C’est un peu plus réfléchi que les autres parce que les autres se sont faits rapidement. J’avais cinq ans pour réfléchir à ma musique et je suis devenue maman aussi. Les choses ont évolué dans ma vie alors c’est comme si c’est une deuxième phase dans ma carrière. Holistique est un mot qui parle de toutes mes facettes et toutes mes personnalités. C’est aussi un terme pour me ramener à ici et maintenant et me rappeler qu’on est tous connectés. Tout ça me calme et c’est ma perspective sur le monde.
Y avait-il un moment spécifique quand tu étais comme ok, il faut que j’écrive un album maintenant ou est-ce que le processus était, en effet, très naturel?
Au départ, j’avais besoin d’une pause quand j’ai décidé d’arrêter de faire de la tournée. J’avais vraiment ce désir de prendre une pause et de faire autre chose. Après ça, je suis tombée enceinte et il y avait la pandémie. C’était vraiment autre chose. Quand la vie a suivi son cours à nouveau et que mon enfant est allé à la garderie, je pouvais me reposer toute seule et je suis allée voir s’il y avait encore quelque chose à écrire et encore quelque chose à composer. Ça s’est fait doucement. J’ai passé deux ans en maternité alors, il a fallu que j’embarque tranquillement.
Tu as décrit la chanson Holistique comme ta chanson exutoire et ta pièce phare de l’album qui donne un sens à toutes les autres. Quel était le processus de création pour cette chanson par rapport aux autres? Est-ce qu’elle était écrite en premier ou plus tard?
Ce n’était pas celle que j’ai écrite en premier. Elle est arrivée pas mal plus tard que les autres. Je savais qu’il y avait cette idée-là, mais je n’avais pas encore décidé si l’album serait appelé Holistique. Je me suis dit que ce serait le fun s’il y avait une chanson qui s’appelle « holistique » et comment aborder ce sujet. La chanson était vraiment une co-composition avec Thomas (Hébert), qui a également réalisé l’album. On est parti deux semaines dans un studio et on a fait les late night sessions, les choses qu’on ne peut pas faire d’habitude parce qu’évidemment on a un jeune enfant. Cette semaine-là, on était les deux à faire de la musique n’importe quand dans la journée, donc tard le soir. Ça faisait longtemps que c’était arrivé. C’est là et dans certaines habitudes de composition et d’écriture que la chanson est arrivée.
Contrairement à la chanson Holistique, il y a celles comme Han han comme avant et C’est toujours comme ça qui sont un peu disco et qui donnent l’envie de bouger. Quelle est l’importance de cette ambiance dans le contexte du thème de l’album?
Je pense que j’avais toujours un peu de ça de toute façon. Il y a souvent une facette plus dansante, plus rythmique, plus pop. Cette fois-ci, au lieu d’être plus pop frontale, je suis allée dans un côté plus disco parce que ça accompagne bien le reste des chansons. C’est plus léger et aérien, donc c’est pour ça que je suis allée dans une direction plus disco que d’habitude. C’est le genre de chansons que j’écoute aussi alors pour moi c’est important de ramener ça. Je n’avais pas envie de faire un album juste introspectif non plus.
Est-ce que ta relation avec la musique a changé à travers les années? Si oui, quelle est ta vision créative maintenant par rapport au début de ta carrière?
Ce qui est arrivé est un détachement. Je pense que, par rapport à la musique, je me sens plus libre qu’avant et il y a plus d’un laisser-aller. Pour cet album, je suis vraiment allée avec ce que je voulais sortir et après ça c’est tant mieux si les gens aiment ça et tant pis si les gens n’aiment pas ça. Ça m’a fait du bien de ne pas penser, sinon ça demande beaucoup d’énergie d’être constamment inquiété par les autres.
Y a-t-il un monde ou un espace en particulier dans lequel tu veux que les auditeurs soient transportés quand ils écoutent ton album?
Holistique, c’est aussi l’espace de cette autre dimension qui est le nous invisible, en fait. Ce que je souhaite, c’est que les gens qui l’écoutent puissent atteindre cette personne invisible à l’intérieur de chacun d’eux et connecter avec elle. C’est pour ça aussi que les musiques sont très travaillées et les arrangements sont bien là parce que j’avais vraiment envie d’envelopper la personne qui se retrouve à l’intérieur d’elle-même.
Avec qui as-tu travaillé pour cet album et quel était leur rôle? Il y a beaucoup de variété, par exemple les sons orchestraux de Possible impossible, les vibes des années 80 de Ton cœur qui bat et la pop de Plage.
J’ai réalisé l’album avec Thomas Hébert. Il a aussi fait beaucoup d’arrangements et il est là depuis toujours à mes côtés. Cette fois-ci, j’ai aussi demandé à Erika Angel de faire des arrangements vocaux, donc tous les trucs un peu weirds que parfois on entend vocalement ont souvent été proposés par elle. C’est vraiment important de la nommer parce qu’elle a donné une belle grosse couleur à l’album. Il y a Vincent Legault qui a composé tous les arrangements de cordes. Il a donné une autre dimension à l’album. Sinon, il y a mes amis qui ont fait de la contrebasse, du saxophone et de la flûte. Finalement, tous les membres du groupe Valaire jouent sur l’album.
Est-ce que la plupart des chansons étaient écrites au piano en premier puis les musiciens ont ajouté leur vision ou avais-tu une idée dans ta tête du début?
J’ai passé beaucoup de temps toute seule avant d’aller au studio avec Thomas. J’ai passé un genre de huit mois à écrire solo avec le piano.
Si le processus de l’écriture est comme un exutoire et ça te permet de te débarrasser de toutes ces émotions, quels sont tes sentiments après? Par exemple, quand tu joues les chansons en spectacle, est-ce que tu les abordes d’une manière différente émotionnellement?
Je n’ai pas encore joué ces chansons parce que les spectacles d’Holistique commencent dans un mois. Je n’ai pas encore testé tant que ça ces chansons. Sinon, je sais que, oui, le rapport devient différent quand je les joue devant du monde. Ce que je sais, c’est que j’ai vraiment hâte de faire cet album en spectacle. Je travaille sur un truc en duo alors ça va être quand même dans l’intimité.



Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.
Crédit Photo : Page Facebook de Fanny Bloom

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