Ça fait deux ans que Holistique de Fanny Bloom est sorti, un album personnel, libérateur et enchanteur. Depuis, Fanny Bloom a eu son deuxième enfant, et la vie d’artiste a de nouveau été mise de côté. Récemment, elle s’est relancée dans la création et, le 3 octobre au Pantoum, à Québec, elle nous a amenés dans son univers de manière intime.
Accompagnée de Philippe Bilodeau à la batterie et à la guitare, elle a interprété des chansons de son répertoire : Piscine de l’album Fanny Bloom, On s’aimera de l`album Liqueur, le single Cinéma et même la chanson PaceMaker de son premier groupe, La Patère Rose. Elle a commencé le spectacle avec la chanson Holistique, chantant doucement au milieu de la foule avant de monter sur scène. Pour revisiter l’album hommage à Rêver mieux de Daniel Bélanger sorti en 2021, intitulé Rêve encore, elle a interprété ses reprises de Dans un spoutnik et Te quitter, et elle a expliqué les origines du balado qui accompagne l’album. Dans un moment plus tranquille du spectacle, elle a aussi présenté Le grand rendez-vous, une chanson qu’elle a écrite pour être chantée dans les écoles du Québec. Le public donc parcouru les projets variés de Fanny Bloom, de ses débuts jusqu’à aujourd’hui.
Faire des reprises peut être une façon pour un.e artiste de vraiment s’amuser avec la musique, en expérimentant avec son style et en appréciant la version originale. En mai dernier, Fanny Bloom a sorti une reprise de Tous les palmiers de Beau Dommage qui fait exactement ça : l’ambiance ensoleillée est intensifiée par une approche ludique, tout en gardant le côté rêveur propre à la musique de Fanny Bloom.
On a parlé avec Fanny Bloom avant son spectacle au Pantoum pour en savoir plus sur ses projets actuels, sur son rapport aux reprises et sur ses réflexions à propos de l’automne, la saison de la magie.
Ça fait deux ans que Holistique est sorti, donc qu’est-ce qui a changé du côté créatif – si les choses ont changé ?
Oui! Ben, j’ai eu un bébé, alors ça a changé [rire]. C’est mon deuxième, donc je ne me concentre pas vraiment sur la création en ce moment. Je reprends le show que je faisais avant. Donc, c’est comme si j’étais dans la continuité, en fait. En novembre, je vais commencer à faire de la musique pour une télésérie, donc je serai plus dans ce genre de création.
Lors de notre dernière entrevue, tu avais mentionné que tu n’avais pas encore joué les chansons en spectacle. Finalement, comment s’est passée la tournée de l’album? Est-ce que ta relation avec ces chansons a changé en les interprétant sur scène ?
Les chansons sont ancrées en moi. C’est sûr que, quand tu enregistres tes tounes en studio et que tu ne les as pas encore jouées, elles restent un peu dans l’imaginaire. Mais elles sont toujours ancrées dans mon cœur et dans ma façon de les livrer. Parfois, je réfléchis à ce que j’ai écrit et je suis comme : « Ah oui, j’ai dit ça de même ? » C’est drôle à dire, mais on dirait que je découvre un peu ma propre « poésie ».
Récemment, tu as sorti une reprise de Tous les palmiers de Beau Dommage. As-tu de beaux souvenirs liés à cette chanson ?
C’est une chanson que j’adore depuis mon enfance. Souvent, ce qui nous ramène à l’enfance, c’est ce qui nous fait plaisir et ce qui nous fait du bien. J’avais envie de retourner en studio pour faire une cover. Finalement, je ne savais pas trop quoi faire, puis cette chanson a joué à la radio un matin et j’étais comme : « C’est exactement la vibe que j’ai envie d’avoir ! » Il y a quelque chose de nostalgique et de joyeux à la fois dans la mélodie. Ça m’a beaucoup parlé.
Est-ce que cette version a beaucoup évolué depuis ta première idée de la reprise ? À quoi ressemblait le processus de création ?
Je ne savais pas exactement ce que je voulais. J’ai demandé à Benoît Bouchard, qui fait le son ce soir et qui a aussi réalisé la chanson, et on s’est assis pour essayer des affaires. Je n’avais pas une vision super précise de la chanson dans ma tête, je voulais juste qu’elle soit feel-good et un peu bossa nova.
As-tu reçu des réactions de Michel Rivard ?
Pas de Michel Rivard lui-même, mais de Robert Léger, l’auteur de la chanson. Je lui ai écrit et je lui ai envoyé la chanson. Il m’a répondu pour dire que l’ex-résident du 117-60, Saint-Vallier, était ravi de la version et que ça avait fait sa journée!
Ce n’est pas la première fois que tu fais une reprise d’une chanson classique québécoise. En 2021, tu as rendu hommage à l’album Rêver Mieux de Daniel Bélanger. Toutes tes reprises sont douces avec une touche typiquement Fanny Bloom. Ressens-tu un peu de pression quand tu reprends une chanson? Sinon, qu’est-ce qui te pousse à réinventer une chanson classique que tout le monde connaît ?
Je ne ressens pas de pression. Je le fais parce que j’en ai vraiment envie. Si je trouve que la chanson n’est pas assez bonne, je ne vais pas la sortir. Après ça, si j’ai la prétention de croire que les gens vont être intéressés, je vais faire quelque chose avec. Faire des covers, c’est juste faire plaisir. C’est vraiment ça que j’essaie d’atteindre pour moi. Je me dis qu’après ça, si les gens ne l’aiment pas, ben, moi je l’aime.
Ton album Holistique est très lié à l’automne pour moi. En fait, je trouve que tous tes albums ont un côté automnal, la pop mêlée à l’ambiance rêveuse. À quoi ressemble l’automne pour toi ? Est-ce une saison qui t’inspir e?
Je pense que oui. Dans le passé, je n’aimais pas vraiment l’automne. Je trouvais que c’était comme la vie qui s’éteint. Ça me rendait anxieuse quand j’étais petite. Maintenant, ce n’est plus du tout le cas. Je trouve qu’on a des mois de septembre merveilleux. C’est aussi parce que je ne retourne pas à l’école et qu’il n’y a plus d’anxiété qui me rend malade. On dirait que depuis que je ne suis plus à l’école — donc depuis très longtemps [rire] — l’automne est une saison que j’apprécie beaucoup. J’aime mettre un coton ouaté et m’habiller. J’aime cueillir des pommes et quand la maison sent bon. C’est une belle saison pour se concentrer sur nous-mêmes.
Ce soir, tu joues au Pantoum, une salle quand même intime. As-tu des attentes ou des choses que tu vas faire de manière différente ?
Ça fait longtemps que je n’ai pas fait un show aussi tard! Je ne dors pas beaucoup ces temps-ci parce que mon bébé se réveille souvent la nuit. J’ai l’impression que je vais juste me laisser aller dans cet espace de fatigue et profiter de tout ce que ça me donne. Je vais boire de la bière, me laisser porter par l’énergie des gens qui sont venus voir un show à 21 h 30.
Quels sont tes projets actuels ? Tu as mentionné la musique pour la télésérie mais es-tu aussi en train de travailler sur de nouvelles chansons ?
Pas pour l’instant. Je sors tranquillement de mon congé de maternité. J’ai essayé de rester à la maison autant que possible pour profiter de ces dernières années avec mon bébé, donc je n’ai pas encore repris la création. Quand mon enfant commencera la garderie, je verrai tranquillement où j’en suis avec la création.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Crédit photo : Charles Vary

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