Le 20 février dernier, Emma Lépine a lancé sa toute première composition originale en carrière. Toutefois, cette pièce Je t’attends est plus que des paroles sur une mélodie. C’est aussi un mouvement rassembleur pour la justice sociale et c’est présenté comme une comédie musicale inspirée par les valeurs de l’autrice-compositrice-interprète. Le tout est saupoudré d’extravagance et de soin à l’esthétisme ! Que la partie d’échecs commence !
Présentation de la chanson et son univers
Entre toutes les tournées (avec Notre-Dame de Paris) qui se passent en ce moment pour elle, Emma Lépine a essayé de montrer ce qu’était sa vraie couleur dans sa première composition. « C’est de montrer qui j’étais en tant qu’artiste et de dévoiler mes valeurs. Je t’attends, c’est vraiment ça pour moi. C’est de voir jusqu’à quel extrême je pouvais aller. Et ce tant au niveau de mon identité artistique et de l’extravagance que j’ai dans la théâtralité que dans mon activisme – avec mes valeurs profondes; je veux changer les choses depuis toujours ».
L’échiquier et son message
Elle avait envie de mettre de l’avant les artistes de la relève et les acteurs de la scène musicale dans le cadre de son premier projet personnel. « Je voulais montrer ce qu’ils ont à dire. Dans le projet, il n’y a pas seulement la reine sur l’échiquier comme Je t’attends peut le dire. Il y a 15 alliés inspirants en tout qui sont là pour me soutenir parce qu’on ne peut rien faire sans le soutien des autres. »
Les 15 artistes de la relève et acteurs de la sphère musicale québécoise sont : Véronique Bilodeau, Pierrick Labonté, Julie Anne Miquelon, Josyane Vaillancourt, Arnaud Emar, Honoré Blanchet, Anne-Marie Panneton, Camily Michaud-Tran, Gabriel St-Jean, Lydia Colada, Nadia Tremblay, Glory-Ann Caouette, Marie-Pier Ares, Mahé Rabesa et Méosphore.
L’autrice-compositrice-interprète a composé Je t’attends en étant musicalement très heureuse et très positive. « Je voulais que ce soit un message rempli d’espoir afin justement de pouvoir combattre tout ce qui était plus difficile, soit les combats personnels ou sociétaux. Les artistes et les acteurs (mentionnés précédemment) ont tous leur propre message. Ils sont les autres pièces de l’échiquier. Je voulais créer un mouvement pour qu’eux aussi disent « À toi qui veux me faire tomber, je t’attends.» J’en ai qui parlent de l’anxiété, des standards de beauté, des droits de la communauté LGBTQ+ et de toutes les sortes de combats qu’on peut vivre.
Je me suis rendu compte que la vie est un jeu. Il faut toujours rejouer les mêmes parties. Le droit à l’avortement, les droits LGBTQ+, les droits des femmes; il n’y a rien de gagné à 100%. J’avais envie de créer ce schéma où l’on jouait notre dernière partie et qu’on allait gagner pour de bon. Je t’attends, c’est comme notre dernière partie après s’être battu pour ravoir ce qu’on a construit.
Le Québec représente beaucoup ça. Les gens à travers le monde savent que les gens du Québec sont révolutionnaires, toujours gentils et très ouverts d’esprit. Je me suis rendu compte qu’il y avait ce genre de personnes partout dans le monde. J’ai réussi à avoir des petites vidéos de plein de personnes qui parlent de différents langages, mais qui ont tous le même but; soit la justice, l’égalité pour qu’on soit traité par rapport à nos forces et non par rapport à ce dont on a l’air. »
L’aspect visuel
« L’extravagance ressort dans la beauté de la couronne qui a été créée par Stéphane Scotto Di Cesare. Je voulais que ce ne soit pas seulement une petite couronne que tu mets sur la tête. Elle vient de toi. La plus grande arme dans une révolution, c’est soi-même. C’est notre parole, et notre droit de vote. Ce sont les gestes qu’on fait tous les jours. Elle est vraiment créée pour partir des cheveux et devenir une arme. Elle ressemble à une couronne, c’est la beauté de la créativité. Je trouve que ça parle beaucoup plus fort que bien des choses », mentionne-t-elle.


Crédit Photos : Courtoisie
Elle a aussi travaillé avec la maquilleuse internationale Marika D’Auteuil. « Elle avait partagé, sur ses réseaux sociaux, des images qui ressemblaient beaucoup à ce que je voulais montrer dans ma chanson. C’est la force de l’échiquier et des jeux dans la vie. Elle a été capable de transmettre ça avec le maquillage qu’elle m’a fait. J’ai aussi travaillé avec Vision Art Productions qui ont tellement compris ma vision. C’est le fun, pour mon premier projet, de former une équipe qui correspond autant à moi. »
La campagne de promotion
Pour accompagner le lancement de Je t’attends, la finissante de l’École nationale de la chanson en 2024 a publié une série de reels, avec des messages forts, sur ses réseaux sociaux. Et prochainement, elle sortira un vidéoclip avec des extraits du behind the scenes de la belle journée qu’on a passé ensemble. « Je voulais qu’on voit les artistes et je souhaitais montrer cette fusion lorsqu’on trouvait des messages à dire et qu’on faisait de la musique ensemble. »
L’univers musical de la chanson
Si elle avoue qu’elle a toujours fait des trucs assez différents dans la vie, elle pense que le chemin directionnel que vont prendre ses chansons, c’est le côté plus historique. « Elles vont être très théâtrales ou elles vont vouloir dire quelque chose de fort. Musicalement, je voulais faire quelque chose de très extravagant au début. Ce qui me permettra d’aller dans les extrêmes par la suite. Mon univers est inspiré de Klô Pelgag, Diane Dufresne, Pierre Lapointe, un peu de Coldplay et d’Aurora.
Je voulais qu’on puisse écouter la chanson et que ça rende plus fort, que ça génère plein d’espoir. Avec comme résultat qu’on puisse tout réaliser et tout faire. C’est ça que ma chanson m’a apporté personnellement. Elle m’a donné envie de continuer malgré le fait que c’est difficile de persévérer dans l’industrie. Les gens m’associent complètement à la comédie musicale, et ils ne m’imaginent pas du tout en tant qu’autrice-compositrice. C’est un peu se défaire de tout ça et se dire que tu es capable, que tu veux foncer et qu’il n’y a personne qui va pouvoir t’arrêter. »
Le tremplin
Avec Je t’attends, Emma Lépine passe dans la cour des grands. Après avoir accumulé beaucoup d’expérience dans l’interprétation de personnages, elle peut maintenant devenir une artiste complète et s’investir complètement dans ce qu’elle désire transmettre. « On dirait que, pour moi, il a toujours manqué une étape. J’ai créé la reine sur l’échiquier, et il va y en avoir plein d’autres sortes de personnages comme ça qui ne seront pas réellement moi. Il y a une partie de moi dans chaque personnage, mais j’aime créer pour pouvoir lancer des messages.
Il va même avoir une chanson sur l’album dont le message va être complètement l’inverse de qui je suis, mais elle va venir avec une grande morale. Ça va commencer d’un mensonge qu’on m’a fait à propos de moi. Je l’ai transformé pour que ça devienne une histoire véridique. J’ai comme transformé un mensonge en réalité avec cette chanson. Quand je vais la chanter, je vais avoir l’air un peu comme la méchante. Mais au fond, ce n’est pas ça. Ce que j’aime, c’est la beauté, l’ironie et la folie dans tout ce qu’on peut vivre à travers le monde. »


En route vers son premier album en carrière
Entre deux tournées de spectacles, Emma travaille d’arrache-pied sur son premier album qu’elle espère sortir en 2026. « Je fais mon possible pour que ça puisse arriver rapidement. Il y a déjà des chansons de prêtes, et certaines sortiront bientôt. [Sur mon album], il va y avoir des trucs un peu plus humoristiques. Il va même y avoir des trucs un peu plus osés. Il va y avoir un peu tout de la super Emma Lépine. On va vraiment connaître qui je suis et où je m’en vais dans mon identité artistique complète. »
Incarner en spectacle ?
Dans une optique à long terme, on peut imaginer Emma Lépine sur une scène en train d’interpréter ses propres chansons devant un public attentif. Toutefois, comment va-t-elle faire pour arriver à incarner le maximum de personnages ? « J’aimerais que ça arrive. Je vais travailler fort pour que ça puisse être réalisable. Je suis en train de penser à des concepts pour que les choses soient vraiment intéressantes à ce point de vue. Comment vais-je faire pour changer de personnage à chaque fois ? Comment vais-je faire pour raconter des histoires différentes dans un spectacle ? C’est d’amener une expérience au public. Déjà la première question que je me pose c’est si je suis capable de remettre la perruque de J’attends dans un lancement ou quoi que ce soit. Ça va être du travail, mais ça va être le fun ! »


Le mot de la fin et non le moindre. « Je veux surprendre les gens sans arrêt! », conclut-elle.
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Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
