Entre chansons et monologues, Émile Proulx-Cloutier propose au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts un spectacle intime et mélancolique, présenté les 12 et 20 mars 2026, où poésie, musique et confidences se rencontrent sur scène.
Émile Proulx-Cloutier interprète des rôles souvent sombres ou excessifs, tant au cinéma, au théâtre qu’à la télévision. Ce quadragénaire talentueux, véritable touche-à-tout, parvient à surprendre avec ce spectacle singulier, oscillant entre monologues insolites et chansons aux textes denses et abondants. Pourtant, le public est bienveillant et soupire de contentement en l’écoutant. Son expérience théâtrale, sa prose poétique ainsi que sa forte présence sur scène enveloppent le tout d’un voile de mystère qui plaît, car il résonne au plus profond de la nostalgie ambiante. Le personnage de ce grand enfant nous touche, car il est vulnérable. Et il le déclare comme une confidence ou une dénonciation. Il est, somme toute, un grand naïf sous le choc du manque d’amour de notre siècle.
Son grand piano à queue trône au beau milieu d’une scène dépouillée, mais parsemée de phares clignotants qui signalent tantôt les risques d’accidents de circulation, tantôt les espoirs de paix dans le cœur. Ses musiques sont davantage des accords qui montent en crescendo pour marquer le chemin cahoteux des textes poétiques. L’homme-orchestre s’évertue à rythmer son chant avec ses pieds et ses baguettes sur une batterie électronique. On y sent une parole fougueuse et rebelle, malgré une diction parfois défaillante, ce qui accentue le manque de synchronisme avec le phrasé musical.
Il faut du courage pour monter sur scène et déclarer ses peurs et sa révolte, mais aussi avouer sa défaite, à bien réfléchir dans sa « tête mal faite », dixit la chanson Ma tête mal faite. Souffrance des déceptions humaines et des injustices devenues acceptables aux yeux des mal-aimés.
Émile Proulx-Cloutier souligne le sens de la cohésion sociale dans les rassemblements de nature culturelle. L’immensité du besoin de sentir les vibrations des autres, de connecter avec d’autres sensibilités. Cela ressemble à des atomes crochus — donc compatibles — et ça adoucit les mœurs. Avons-nous besoin de nous le rappeler : le besoin d’amour et de reconnaissance, tout simplement.
En presque deux heures, notre grand enfant élégiaque livre une vingtaine de chansons et de textes scandés ou déclamés, selon le cas, à un public conquis, parfois bouillonnant, troublé par la véracité de la performance scénique.
La prochaine expérience de communion collective sera le 20 mars au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.
















Michel Jolicoeur | Journaliste

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
