Le 12 juin, dans le cadre des Francos de Montréal, Émile Bilodeau présentait Bill aux Îles à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Inspiré de son plus récent album live, ce spectacle en formule homme-orchestre a offert au public une soirée à l’image de l’artiste : inventive, énergique et profondément humaine.
C’est derrière sa toile de fond ornée de lignes verticales, comme on peut le voir sur la première photo de notre mosaïque d’images, que la silhouette d’Émile Bilodeau est apparue pour la première fois sur scène. Il a d’abord interprété Havre-Aubert, une pièce instrumentale à la guitare et à l’harmonica.
Par la suite, il s’est avancé à l’avant-scène, toujours accompagné de ses mêmes instruments, pour livrer Check-list, un extrait de son récent album Bill aux Îles, qu’il qualifie lui-même de « safe place ». Sur scène, le musicien est seul avec ses nombreux instruments, dont une batterie à laquelle il s’installera à deux reprises au cours du spectacle.





Entre confidences et anecdotes
Au fil de la soirée, Bilodeau a partagé plusieurs anecdotes sur ce qui le touche. Il a notamment parlé de sa copine avant d’interpréter Carte postale, qu’il a introduite en lançant : « Voulez-vous savoir comment on s’est rencontrés ? » Il a également raconté comment celle-ci avait quitté les Îles-de-la-Madeleine pour venir s’établir à Montréal, enchaînant ensuite avec Mont-Royal, durant laquelle il a tenté de pointer le parc du Mont-Royal pendant son interprétation.
Une complicité évidente avec le public
L’artiste a multiplié les échanges et les plaisanteries avec le public tout au long de la soirée. Il s’est notamment lancé dans un délire improvisé sur l’héroïne et a annoncé qu’il allait faire son imitation d’Angine de Poitrine durant Candy.
Par la suite, il a dédié le segment rap de America aux immigrants du Minnesota, à Cuba ainsi qu’aux Inuits du Groenland, faisant référence aux ambitions territoriales évoquées à plusieurs reprises par Donald Trump. Éblouie par la performance, la foule s’est levée d’un seul mouvement pour ovationner l’artiste, qui a tout donné durant ce passage à la batterie.



Une mise en scène éclatée et un public en mouvement
Tout seul comme un grand sur scène, Émile Bilodeau a présenté une version plus décousue de La jungle du capital, durant laquelle il s’est levé pour déplacer son « Mufasa ». À mon humble avis, il s’agit de la pièce qui s’est éloigné le plus de sa version originale dans cette formule.
Par la suite, le public a eu droit à quelques audios, dont celui de Florent Vallant parlant de marche, ce qui a introduit Mauat Tshuam, version autochtone de son succès Ça va. Pendant ce temps, le chanteur marchait sur un tapis roulant. Sur la pièce suivante, il a augmenté la vitesse de celui-ci afin de courir tout en interprétant Les Daisy, qu’il a présentée comme la chanson avec le plus de mots par minute. Méchant défi !
Un peu plus tard, un autre audio a été diffusé : celui de sa mamie évoquant le deuil d’un être cher, suivi d’un extrait de Charles de Gaulle scandant « Vive le Québec libre », avant que Bilodeau n’enchaîne avec J’ai vu la France.



En rappel
Émile Bilodeau est revenu sur scène avec son classique Ça va, pendant lequel le public s’est levé pour chanter en mode karaoké. Certaines spectatrices ont même quitté leur siège pour mieux profiter du moment. Il a ensuite enchaîné avec Crise existentielle ainsi que la douce Crois-moi, concluant ainsi le spectacle présenté aux Francos de Montréal.
La mise en scène de Hubert Proulx, présent en compagnie de son fils, était intime et personnalisée, donnant l’impression d’être plongé dans le salon d’Émile Bilodeau. Et avec toute la parlotte du chanteur, on a réellement l’impression d’avoir passé une soirée où il répondait pleinement aux besoins du public.
Liste de chansons
- Havre-Aubert
- Check-list
- Faire la paix
- J’en ai plein mon cass
- Carte postale
- Mont-Royal
- Candy
- America
- La jungle du capital
- Freddie Mercury
- La voix de la raison
- Mauat tsham
- Les Daisy
- Confessionnal
- Son chat
- Militer
- J’ai vu la France
- Tu me dirais-tu
- Paradis
Rappel :
- Ça va
- Crise existentielle
- Crois-moi

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
