Puis, Laurence Nerbonne a rassemblé encore plus la foule grâce à sa musique énergique. Les synthés délicieux et rêveurs de son premier album XO, la mélancolie de One Love issu de l’album OMG et la pop feel-good de son plus récent opus Le ciel est beau regarde les nuages se mêlaient harmonieusement. C’était comme une célébration de toutes les émotions d’une journée d’été.
Une entrevue avec Mike Clay
Comment s’est passé le spectacle pour toi ? Comme tu l’avais dit au début, c’est toi qui as lancé la journée !
Ça a été au-delà de mes attentes. C’était l’après-midi, il faisait 40 degrés à l’ombre. Je pensais qu’on aurait onze personnes, mais les gens avaient mis leur crème solaire et ils sont arrivés en grand nombre. C’était vraiment cool à voir. Après le show, il y avait une file : certains me disaient « Ahhh, je viens de découvrir ta musique », et d’autres m’avaient connu avec La musica popular de Verdun et ont trouvé le spectacle d’aujourd’hui super.
En mai, tu as sorti ton premier EP solo, Michael Samba. Michael Samba est ton alter ego « tropical ». Quand est-il né ? Est-ce que c’était avant l’envie de te lancer dans un projet solo ?
J’aimerais dire que Michael Samba, c’est le Mike Clay que Mike Clay voudrait être. Je pense qu’il a toujours fait partie de moi, et je viens juste de lui donner un nom. Michael Samba ne répond pas à ses courriels, il est tout le temps en train de surfer et de manger des fruits. Je passe une partie de l’année en Amérique centrale ou en Amérique du Sud, donc c’est l’fun de mettre cette facette de moi en avant. Jouer à la plage ici, ça fit tellement bien. Je me sens vraiment chez moi.
Donc, as-tu décidé de faire le projet solo avant de créer ce personnage ?
Je savais que j’avais ce personnage en moi et je voulais lui donner un nom. Mon ami Félix est décédé, et je voulais lancer ce projet pour qu’il soit fier. Michael Samba est devenu le nom de cet alter ego.
Quand tu interprètes ces chansons, par exemple sur scène aujourd’hui, est-ce que tu te sens comme quelqu’un de différent quand tu es dans la peau de Michael Samba ?
Oui et non. Il y a des artistes comme Tyler, The Creator, qui a créé Tyler Baudelaire, un personnage complètement différent. Moi, j’ai vraiment l’impression que Michael Samba est une partie de qui je suis, alors je mets simplement cet aspect un peu plus en avant. C’est toujours un show où je suis vraiment moi-même. C’est moi qui conduis, je peux faire des loops et des freestyles. Je suis ce personnage et il est moi — et ça se voit sur scène.
Oui, j’adore comment tu as fait les loops et les freestyles sur scène. C’était une touche créative et personnelle. J’ai entendu dans une entrevue que tu as commencé à faire de la musique pendant un voyage de deux ans. Parmi d’autres jobs, tu étais musicien de rue. Pourrais-tu parler davantage de cette époque ? C’était où et quel genre de chansons jouais-tu ?
C’était en Australie. J’ai fait du pouce un peu partout et, au début, je ne jouais pas de musique. J’ai fait toutes sortes d’autres travaux, comme ramasser des fruits ou travailler dans la construction, mais je me suis vite dit : ce n’est pas pour moi. J’ai rencontré des gens qui faisaient du busking et je leur ai demandé si je pouvais y aller avec eux. Ils m’ont dit : « What do you do? » J’ai répondu que je pouvais rapper, même si je ne savais pas vraiment faire du rap. Mais si tu passes six heures par jour à faire quelque chose pendant un ou deux ans, tu finis par devenir bon. À ce jour, j’écris pour beaucoup de gens, mais ma capacité à faire du freestyle vient vraiment du fait de jouer dans la rue. On dirait que c’est devenu une partie de mon ADN.
C’est approprié que la musique ait toute commencé en Australie vu que ta vibe est très ensoleillée.
Vraiment, oui. En fait, l’Australie ressemble beaucoup au Canada, dans le sens où toute la population vit sur la côte, et qu’au centre, il se passe moins de choses.
Ta musique, que ce soit avec Clay and Friends, ton projet solo ou tes collaborations avec d’autres artistes, a une touche distinctive. On sait que c’est Mike Clay et en même temps c’est très ensoleillé. Selon toi, quels sont les ingrédients — par exemple, les instruments ou l’ambiance — d’une chanson typiquement Mike Clay ?
Oh wow, bonne question ! Hmmm… Typiquement, j’aime les choses qui ont une groove. Normalement, quand j’écris, je commence par les mélodies. Alors, les mélodies et le flow sont les ingrédients de base. Après ça, quelques clever rhyme schemes. C’est drôle, parce que j’ai cette signature du soleil et de la plage, mais j’ai sorti ce projet pour mon ami Félix et il est plutôt triste. Mon plaisir dans la vie, c’est de faire des chansons tristes qui font danser les gens. J’aime que ceux qui écoutent mes chansons puissent vivre leurs histoires à travers elles. Je vois mes chansons un peu comme une paire de souliers : quand les gens les écoutent, ils peuvent se promener où ils veulent.
On sait que tu aimes l’été et ta musique évoque cette saison. Qu’est-ce que tu fais en hiver ? Est-ce que tu t’immerges encore plus dans la création musicale pour donner l’impression que c’est toujours l’été, ou est-ce que tu voyages ?
Haha, en fait je pars. Je vais souvent en Amérique centrale ou au Brésil. C’est là que je sais que je vais finir par écrire un album, vu qu’il n’y a pas d’emails, etc. Je suis unplugged. Je fais beaucoup de surf, et ça m’aide à écrire parce que je suis dans l’eau et concentré. C’est comme mon équilibre. Je crée ma musique, j’enregistre un disque et je fais des tournées au Québec pendant l’été. Ensuite, je peux partir quelques mois pour rencontrer de nouvelles personnes et vivre des aventures. Ça me permet de rester aligné.
Est-ce que tu aimes les fêtes sur la plage ? Si oui, à quoi ressemble le beach party idéal pour toi ?
On n’est pas loin de l’idéal aujourd’hui ! Les gens sur la plage, le ciel bleu, pas trop de nuages. Des fruits frais, de l’eau pétillante, de la tequila, du vin orange, et des gens qui ont de la bonne énergie, comme aujourd’hui. Les gens chantaient et dansaient. Tout le monde était au party avec moi. Je donnerais un 11 sur 10 au Cigale aujourd’hui. Je pense que c’était un bon beach party !
Une entrevue avec Laurence Nerbonne
Comment s’est déroulé ton spectacle pour toi ?
Très bien. Il faisait très chaud ! On se sentait vraiment à la plage et c’était cool avec la vue et les gens.
Je trouve que le fait que tu aies joué sur une plage, pendant un après-midi chaud, est quand même parfait, surtout pour présenter les chansons de ton dernier album. Est-ce que cet environnement a influencé ton approche pour le spectacle ?
Oui, je pense que c’était un peu plus chill. Les gens étaient assez relax, donc j’ai pris ça un peu de mon côté aussi. C’était comme si on était ensemble en mode pique-nique-plage.
Tu fais de la musique depuis longtemps et tu as toujours eu beaucoup de contrôle. Par exemple, pour tes deux derniers albums, c’est toi qui les as réalisés et tu t’occupes de beaucoup d’aspects techniques. À quoi ressemble ton espace créatif ? Est-ce que c’est très indépendant, avec beaucoup d’expérimentation, ou est-ce que tu collabores avec d’autres artistes ?
Les deux. Je fais beaucoup de choses toute seule en expérimentant. J’ai mon espace tranquille avec mes claviers et tous mes autres instruments. J’ai aussi un côté où je vais à la rencontre d’autres artistes : je réalise pour eux et parfois je coécris.
Le ciel est beau regarde les nuages, qui est sorti l’année dernière, est très ludique et pop. Quelles ambiances et quels messages aimerais-tu transmettre avec ta musique? J’ai l’impression que, pour toi, même s’il y a des chansons qui abordent des sujets plus sérieux, la vibe, c’est de ne pas trop y penser et d’avoir du fun.
Oui, c’est ça. Il y a comme une petite dichotomie. Les beats sont énergiques et les rythmes upbeat, mais les sujets peuvent être assez profonds. Ce que j’aime faire le plus, c’est d’avoir ce genre de nostalgie mais aussi faire des gros hits pop. J’essaie de garder un lien entre les deux.
En ce qui concerne le genre « pop », y a-t-il des éléments que tu considères clés pour une bonne chanson pop? Quelles sont les caractéristiques musicales ou plus techniques qui rendent la chanson accrocheuse?
La simplicité, mais la bonne simplicité. Une bonne mélodie et les accords qui nous font vivre des émotions.
Est-ce que tu aimes les fêtes sur la plage, ou est-ce que tu les aimais avant? Si oui, à quoi ressemble le beach party idéal?
J’adore les beach party sur la plage ! J’y suis allée à Miami, par exemple. Elles m’inspirent beaucoup. J’aime la chaleur et la mer, donc je suis très fan ! Le party idéal serait avec les feux d’artifices, les bons amis et beaucoup de rires. Aussi faire du sea-doo, se baigner et sauter des rochers ! Tout ça, c’est l’fun.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre et vit maintenant à Québec. Elle est francophone dans l’âme et aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Crédit photos: Dominic Courchesne
