La célèbre comédie musicale Pub Royal a captivé le public au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts durant le temps des Fêtes 2025. Depuis le 21 décembre, Cassandra Montreuil y incarne La Catherine, un rôle qui lui permet de plonger pleinement dans l’univers des Cowboys Fringants, entre chansons emblématiques et acrobaties. Nous avons rencontré l’interprète pour une entrevue sur son expérience dans ce spectacle qui se poursuit jusqu’au 3 janvier 2026.
Comment est venue à toi la proposition d’interpréter La Catherine dans Pub Royal ?
C’est un peu spécial, parce que j’ai été engagée comme répétitrice en août 2023 sur le spectacle. Autrement dit, je remplaçais lors des répétitions. Pendant ces deux années, on continuait de m’écrire pour me demander si je voulais revenir en répétition : lorsqu’il manquait quelqu’un, lorsqu’une personne était malade ou lorsqu’une urgence survenait. À force d’être présente en répétition, j’ai commencé à très bien connaître le spectacle. Il y a même eu une répétition où il fallait chanter. J’avais appris la chanson, Pub Royal, simplement parce que je l’avais entendue plein de fois, alors je l’ai chantée en répétition, tout naturellement. Le mot s’est passé par la suite.
Quand on a su que la comédienne que je remplace actuellement, Alexia Gourd, allait quitter le spectacle en raison de sa grossesse, l’opportunité s’est présentée. On m’a écrit, puis on s’est dit : « Hey, ça te tente-tu ? » C’était comme l’aboutissement de deux ans. C’est vraiment le fun. Tout ça parce que j’ai dit oui à un courriel pour dire que j’étais disponible pour venir remplacer lors d’une répétition.
Pour toi, est-ce que La Catherine avait une signification au départ ? Est-ce que tu la connaissais ou est-ce vraiment à travers la comédie musicale que tu as appris son existence ?
Désolé, c’est un peu un blasphème. Je ne suis pas une énorme fan des Cowboys Fringants à la base, mais je suis vraiment tombée en amour avec leur répertoire grâce au spectacle. Bien sûr, je connaissais L’Amérique pleure et Les étoiles filantes. Honnêtement, je connaissais la majorité des chansons, à l’exception des nouvelles qui avaient été écrites spécialement pour le show, celles du dernier album. Je suis tombée en amour avec les Cowboys, je suis tombée en amour avec La Catherine, puis on dirait que ça m’a donné l’opportunité de ne pas partir avec une idée déjà très conçue de qui elle est. J’ai donc pu me créer ma propre histoire dans ma tête par rapport à ce personnage-là.
Pour moi, La Catherine me ramène beaucoup à mes sources. La chanson Pub Royal parle de Chibougamau, de la région, et je suis moi-même une fille de région. J’ai des références de la Côte-Nord même si Chibougamau n’est pas tout près — ce sont quand même deux régions éloignées —, il y a beaucoup de parallèles que je peux faire dans ma tête avec des personnages, avec de vraies personnes que j’ai croisées dans ma vie, qui ont vécu des situations pas évidentes. C’est comme ça que j’ai réussi à me connecter avec elle. Je ne me connecte pas personnellement à ses problèmes ni à son histoire, mais j’ai grandi aux côtés de gens qui ont vécu des choses similaires à celles de Catherine. C’est ce qui m’a permis de me connecter à elle de cette façon-là.


Comment te sens‑tu de faire partie de la comédie musicale ?
Je me sens tellement chanceuse de jouer aux côtés de grands comme Richard Charest, Martin Giroux, Émilie Josset et Kevin Houle. Ce sont tous des artistes qui ont énormément d’expérience : c’est super intimidant et en même temps vraiment formateur, parce qu’on a constamment quelque chose à apprendre d’eux. Je me sentais un petit peu comme un petit poussin qui arrive ; je suis plus jeune que tout le monde. Au début, je trouvais ça un peu intimidant, mais j’ai vraiment tourné ça de l’autre côté. C’est vraiment inspirant. Je trouve ça vraiment, vraiment le fun de travailler avec eux.
Les danseurs, les techniciens, tout le monde, ils sont tellement fins. Au début de la tournée, j’étais backstage pendant que Alexia faisait les spectacles. Au cas où il y avait quelque chose, j’étais stand‑by. Ça m’a permis de passer du temps avec les techniciens — ce qui n’arrive pas souvent quand tu es sur scène — et aussi de passer plus de temps avec les danseurs en coulisses, parce que les chanteurs sont toujours sur scène. J’ai trouvé ça le fun, ça m’a donné une toute autre expérience.
Quels sont les défis pour toi ?
Chanter dans les airs. Je plaisante tout le temps en disant que je chante à 30 pieds du sol — je n’ai aucune idée de la vraie hauteur, et je pense que je préfère ne pas le savoir. Il y a aussi le défi d’être stand-by pendant trois semaines. Je n’avais jamais été stand-by, je n’avais jamais fait d’acrobaties.
Je n’étais jamais entrée sur un spectacle déjà en cours. C’est le fun parce que tout le monde connaît le spectacle, tu rentres, et tout le monde peut t’encadrer et t’aider. Mais en même temps, tu es la seule personne pour qui c’est nouveau, et il ne faut pas que ça se voie. C’est un défi en soi, parce que c’est un test de confiance : avoir assez confiance en tes capacités et en ce que tu as appris pour te dire « ok, je le fais ».
La réalité, c’est que lorsque tu rejoins un show déjà en cours, tu n’as pas beaucoup de répétitions avant de performer. Tu apprends sur le tas, avec les vidéos. J’avais eu un enchaînement avant mon premier show, mais seulement avec la moitié du cast. Je n’avais ni décors ni accessoires. Bref, mon premier vrai enchaînement, c’était mon premier spectacle.
Comment ça se passe jusqu’ici ?
Ça se passe bien. Je suis vraiment contente et fière de moi. Je trouve que c’est une belle manière de terminer 2025 et de commencer 2026.


Qu’est-ce qui te rend le plus fière ?
Quand je vis des moments forts comme ça, je reviens toujours à la petite fille qui habitait à Forestville. Mon rêve, c’était simplement de faire des spectacles et d’être à Montréal. C’est exactement ce que je fais aujourd’hui. Je me remémore cette fille qui serait tellement émerveillée de savoir qu’aujourd’hui, elle se retrouve à la Place des Arts à performer devant des salles pleines.
On est vraiment chanceux de faire ce qu’on fait. Je suis juste fière d’être là et d’avoir la confiance pour le faire. Pouvoir me faire confiance pour monter sur scène et donner des shows comme ça, c’est vraiment le fun. On est vraiment chanceux.
En quoi ton expérience dans la comédie musicale Hair t’a aidée dans ton expérience avec Pub Royal ?
Sur le plan technique, c’est vraiment grâce à Hair que je suis entrée sur Pub Royal. Kathleen Gagnon, qui était la directrice de production sur les deux spectacles, m’a envoyée un courriel pour me demander si j’étais disponible pour venir à une répétition. Le lien entre Hair et Pub Royal, c’est vraiment elle. Je pense qu’on avait même pas encore fait les shows de Hair à Québec à ce moment-là. P
Pour moi, Hair a été mon premier vrai saut dans les gros shows de comédie musicale au Québec. C’était un spectacle énorme et très exigeant, physiquement difficile, qui a vraiment préparé le terrain pour les autres productions. Pub Royal comporte des acrobaties, mais pour le reste, ce sont des éléments que j’avais déjà abordés vocalement. Ça me stressait beaucoup moins parce que j’avais déjà vécu l’expérience physique intense de Hair. Donc, même si Pub Royal est exigeant, je ne partais pas de zéro.


La chanson Pub Royal est‑elle celle que tu préfères étant donné son importance pour ton personnage ?
C’est tellement un spectacle rempli de numéros incroyables que chaque jour, mon numéro préféré change. Pour vrai, je pense que la force de Pub Royal, c’est tout le monde ensemble sur scène. C’est l’effet de groupe. Donc souvent, les numéros de groupe sont pour moi plus marquants, même si la chanson Pub Royal, je la tiens évidemment très proche de mon cœur.
Est-ce que tu constates que le public peut influencer ton appréciation d’une chanson ?
Oui, aussi. Au début du show, quand le rideau se lève, certains publics applaudissent immédiatement, d’autres restent très silencieux. L’énergie n’est jamais la même. Certains publics sont plus attentifs, d’autres plus réactifs, et ça influence quel numéro ressort le plus. Parfois, le premier numéro est intense parce que le public est déjà excité. D’autres fois, il faut un peu plus de travail pour les chauffer, et à un moment donné, tu arrives avec un numéro et ils réagissent enfin. Mais personne ne peut rester indifférent au côté grandiose de ce spectacle.
Perçois‑tu une différence entre donner un show l’après-midi et le soir ?
Quand on a deux shows dans la même journée, on est vraiment bien réchauffés pour le soir. On est dedans, on reste dans l’énergie, du matin jusqu’au soir. Ça dépend aussi du jour de la semaine : jouer un mercredi versus un vendredi soir, ça crée une vibe différente. Les publics plus attentifs sont super agréables, et les publics très réactifs aussi. C’est amusant d’avoir des publics différents chaque jour. L’après-midi, il y a souvent des jeunes et des familles, et c’est vraiment plaisant de voir des enfants dans la salle chanter les chansons des Cowboys. C’est un vrai plaisir !

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
