Dès le 7 mai, le succès populaire au box-office Bon cop Bad cop fait son grand retour sur Crave, cette fois sous forme de série mettant en vedette Patrick Huard et Henry Czerny. Entre action, humour et enjeux actuels, le duo emblématique replonge dans une enquête qui promet de revisiter cet univers culte sous un angle résolument contemporain.
Voici nos entrevues réalisées avec Patrick Huard, Sarah-Jeanne Labrosse, Christine Beaulieu et Nathan Jean-Huard, ainsi que nos photos du tapis bleu présenté le 4 mai dernier.




Entrevues à venir
Patrick Huard (David)
Comment te sens-tu aujourd’hui, à l’aube de la mise en ligne de cette série que le public attend depuis longtemps ?
Je suis très fébrile, mais là, je commence à relaxer. Je commence à me détendre. À un moment donné, c’est ça : il faut l’abandonner, le donner au monde, puis attendre de voir comment les gens vont le recevoir et s’ils vont triper. Mais je me détends tranquillement.
Veux-tu me parler de la complicité que tu as développée avec les membres de la distribution principale ?
Ça a été des complicités faciles avec tout ce monde-là.
Henry Czerny, quand il est arrivé sur le plateau, après deux jours, c’était comme si ça faisait des années qu’on travaillait ensemble. Ça a cliqué. On se rejoint dans beaucoup de choses. On se ressemble à plusieurs égards.
Sarah-Jeanne Labrosse, ça dure depuis le premier film, mais on dirait que celui-là nous a encore plus rapprochés. J’aime tellement cette femme-là, je la trouve tellement extraordinaire. J’ai énormément d’admiration pour elle. Elle est formidable. Sa générosité avec tout le monde, sa façon d’être avec moi, mais aussi avec ses enfants, sa famille, son chum… Je la trouve admirable. Jouer avec elle, c’était juste du grand plaisir. C’était super facile.
Christine Beaulieu, on s’était croisés quelques fois. On a travaillé ensemble au conseil d’administration de Québec Cinéma, mais on se voyait peut-être deux ou trois fois par année. Je n’avais jamais travaillé avec elle et j’avais quand même écrit quelque chose où la chimie entre nos personnages était importante. Puis tu ne sais jamais si cette chimie-là va être au rendez-vous. Mais dès le début, il y a eu une méga chimie entre nous, autant derrière que devant la caméra. C’était super facile.
Joshua Odjick est arrivé sur le plateau et on a appris à se connaître et à travailler ensemble. Au début, je le sentais plus réservé, un peu trop obsédé par le stress de livrer la marchandise. À un moment donné, je lui ai dit : « Hey, relax, t’es vraiment bon. Fais juste jouer ton affaire. » Puis je l’ai senti se détendre. On s’est beaucoup rapprochés en parlant de toutes sortes de trucs sur le plateau.
Puis Robin Joël Cool, c’est la personne la plus facile au monde avec qui travailler.
Pour vrai, avec tout le monde, ça a été vraiment facile. Je ne sais pas comment expliquer cette complicité-là, mais elle s’est installée naturellement. Puis une chance, parce que c’est un projet qui était quand même ambitieux. Le fait d’avoir ça, ça a facilité énormément de choses et ça m’a enlevé beaucoup de pression.
Travailler avec la communauté autochtone, ça a aussi été une expérience vraiment unique que je n’oublierai jamais. Ça m’a challengé comme jamais, mais je suis vraiment content d’avoir vécu ça avec ces gens-là, qui sont extraordinaires.



Veux-tu me parler du documentaire, Bon cop Bad cop : Histoire de famille,qui accompagnera la série ?
Anik (Jean) a fait un documentaire. Au départ, elle devait simplement réaliser une espèce de making-of. Puis finalement, elle s’est dit : « Non, non, ça mérite plus qu’un making-of traditionnel. C’est un vrai documentaire. » On a beaucoup jasé et on s’est rendu compte que toute cette aventure-là était devenue une histoire de famille. Plein de gens qui ont travaillé sur le projet ont des liens familiaux. Il y en a énormément. On trouvait que c’était un beau filon.
Anik est donc partie avec cette idée-là et elle a construit le documentaire autour de ça. Moi, je l’ai vu pour la première fois dimanche et j’ai été vraiment bouleversé. C’est très touchant, mais il y a aussi des moments vraiment drôles. Il s’est passé tellement de choses pendant le tournage qu’il y avait même des événements que j’avais oubliés. En regardant le documentaire, je me disais : « Oh my God, c’est vrai, il y a ça aussi qui est arrivé. » C’est vraiment bon. Vous le regarderez. Ça va sortir tout de suite après le sixième épisode.


Évidemment, tu as une complicité naturelle avec ton fils. Veux-tu m’en parler ?
Nathan (Jean-Huard) et moi, on passe beaucoup de temps ensemble. On est presque tout le temps ensemble. On se parle, on jase, on fait des jokes. Il m’appuie dans mes projets, il m’écoute. Autant que moi, je le fais pour lui. C’est vraiment réciproque et je suis extrêmement chanceux d’avoir un garçon aussi extraordinaire.
Quand on partait travailler ensemble sur le plateau de Bon cop, c’était tout untrip. Chacun avec notre petit café, on embarquait dans l’auto, on allait travailler ensemble, puis on jasait. « Hey, es-tu nerveux aujourd’hui ? » On se mettait dans le mood. Quand la journée finissait, on débriefait ensemble, on revenait sur ce qu’on avait vécu. Pour moi, ça va rester un souvenir impérissable.
Il m’a dit qu’il était meilleur que toi au basketball. Est-ce que c’est vrai ?
Oui, clairement.
Sarah-Jeanne Labrosse (Gabrielle)
Comment ça a été de retourner sur le plateau de Bon cop Bad cop, près de 20 ans après le premier film ?
C’était vraiment le fun. C’était quand même une expérience unique. C’était très différent aussi. C’était comme une nouvelle rencontre avec Patrick et avec toute l’équipe. On avait le temps de vivre les choses ensemble, contrairement à un film où tout va très vite. Là, on a vraiment pu approfondir les relations et prendre le temps, autant dans la série que dans la vraie vie. Je trouve que ça s’est transposé naturellement.
Comment tu t’es sentie, cette fois-ci, en devenant la collègue du personnage de Patrick, maintenant que Gabrielle est policière elle aussi ?
C’est vraiment intéressant parce que ça ajoute beaucoup à la dualité dans leur relation. Déjà, il y a une super belle complicité entre eux, mais il y a aussi une certaine pression. C’est comme attendu entre eux. Je pense que le fait qu’ils soient collègues rend tout ça encore plus compliqué émotivement, parce que, dans le fond, ils s’aiment et ils ont envie de bien s’entendre, mais ils ont chacun une façon de travailler complètement différente. Ça crée certaines frictions, même si, au fond, ils se ressemblent beaucoup.
En plus, Gabrielle est enceinte. Ça l’amène à un moment charnière de sa vie.
Oui, ça ajoute une certaine vulnérabilité à Gabrielle, mais aussi à David. Lui aussi se voit vieillir et devenir grand-père. Il aimerait être plus proche d’elle, alors qu’elle essaie de garder une distance à cause du travail. Ça donne lieu à de très belles discussions entre eux.
Et si j’ai bien compris, Gabrielle semble avoir un peu moins de malchance que David…
Elle fait mieux les affaires. (rires) Elle les fait comme du monde. Mais en même temps, David règle quand même beaucoup de dossiers. Ils ont simplement deux façons complètement différentes de travailler. Il y en a un qui coupe les coins ronds un peu plus que l’autre.



Comment ça a été de tourner pendant ta grossesse ?
Ça s’est vraiment bien passé. Ce n’était pas ma première fois, j’ai travaillé pendant mes trois grossesses. Honnêtement, ça a super bien été. C’était quand même exigeant parce que j’étais dans mon troisième trimestre et assez proche d’accoucher. On tournait beaucoup à l’extérieur et c’était physique, mais tout le monde faisait attention. [..] Ils avaient ma date prévue d’accouchement et l’horaire avait été organisé en conséquence. Tout s’est placé comme il faut.
Quelle est la scène la plus marquante pour toi ? Qu’est-ce que tu retiens principalement de ce plateau-là ?
Il y a plusieurs scènes qui me viennent en tête, mais je pense que la plus marquante est dans l’épisode 6, entre Gabrielle et son père, quand ils se disent enfin les vraies affaires.
Est-ce que Gabrielle participe quand même beaucoup aux scènes d’action ?
Quand même, oui. Elle est dans l’action, sur le terrain, vraiment.
Est-ce qu’il y avait certaines limites parce que ton personnage est enceinte ?
Pas tant que ça. On y allait quand même à fond.
Christine Beaulieu (Kim)
Présente-moi ta vision, aujourd’hui, de ton personnage.
C’est un très beau personnage. Je suis vraiment heureuse d’avoir la chance d’incarner Kim Dupuis parce que c’est un personnage en position de force. C’est la cheffe de la SQ. Donc, c’est cool d’avoir des personnages féminins en position de pouvoir comme ça dans une grande série comique policière. Mais elle est complexe parce que sa relation avec David est très complexe, comme on peut le voir dès le premier épisode. C’est super intéressant de jouer une femme en position d’autorité tout en ayant une attirance, un fling avec son employé. On sent qu’il y a une longue histoire derrière eux. On sent qu’ils se respectent énormément. Puis, tout au long des six épisodes, cette relation-là évolue, grandit et se transforme. C’est vraiment trippant à jouer parce que, pour une actrice, il y a plein de nuances à explorer.
J’ai eu énormément de plaisir à faire cette série. Et là, je suis super excitée qu’elle sorte parce que, pour moi, c’est un bonbon. Tout le monde peut écouter Bon cop Bad cop, la série. C’est vraiment pour tout le monde. Tu parles anglais, français ou mi’kmaq, tu t’intéresses aux peuples autochtones ou aux communautés, il y a quelque chose pour toi là-dedans. Je trouve que c’est rare qu’on fasse un projet qui rejoint autant de gens. Puis moi, comme Patrick, quand je travaille, je pense aux gens à la maison. Quand je joue au théâtre, je pense au public. Quand je tourne L’œil du cyclone, je pense aux mères et aux familles qui nous regardent. On a un peu le même intérêt pour les gens. Les projets portés comme ça, pour le public, ça me touche beaucoup.
C’est intéressant parce qu’on voit que ton personnage est en position d’autorité avec celui de Patrick, mais avec un ton beaucoup plus léger en dehors du travail…
C’est ça, le défi : demeurer en posture d’autorité tout en ayant des émotions. Elle n’est pas indifférente à lui. On sent qu’elle a aussi besoin d’affection. On comprend dès l’épisode 1 qu’elle est seule, qu’elle s’est séparée et que son ex s’est trouvé une blonde. C’est ça qui est le fun avec les personnages de série : ils ne sont pas unidimensionnels. Elle n’est pas seulement une figure d’autorité. C’est aussi une femme qui vit des enjeux personnels et qui a besoin de valorisation, comme tout le monde.

Est-ce qu’on va continuer à la voir dans les prochains épisodes, même si l’enquête quitte Montréal ?
Watch out ! À un moment donné, elle débarque. Puis elle est très impliquée dans l’enquête. Mon personnage est vraiment présent tout au long de la série. Je vais même conduire un avion, me battre… Il n’y a rien que je ne fais pas. C’est ça qui est cool : les femmes ont beaucoup plus d’importance dans la série que dans les films. Elles participent pleinement à l’action. Elles sont aussi capables de tout faire que les hommes. Le personnage de Sarah-Jeanne et le mien, on est deux policières et on est tout aussi actives et importantes.
Quelles ont été tes scènes les plus marquantes à tourner ?
Kim doit conduire un avion, alors ça, ça a été tout un défi. C’est certain que je n’oublierai jamais ça. Les scènes de bataille aussi, c’est rare qu’on fasse ça comme femmes, surtout au Québec. À un moment donné, il faut que je pète la gueule d’un gars sous un drap. Même avec Patrick, il faut que je le brasse un peu. C’est vraiment le fun à faire parce que c’est très rare qu’on ait l’occasion de jouer ce genre de scènes.
Honnêtement, j’ai eu un fun fou. Et je suis profondément touchée par le projet. Je suis touchée par ce désir de rencontre entre les trois solitudes. Ça me touche beaucoup qu’on essaie enfin de faire des projets en anglais, en français et avec les langues autochtones. Ça m’anime énormément et je suis vraiment fière de faire partie de ce projet-là.
Quand tu as vu Bon cop, Bad cop pour la première fois au cinéma, est-ce que c’est le genre de projet qui a encore plus nourri ta passion pour ce métier ?
Ces deux films-là, je les ai vus quand ils sont sortis au cinéma, puis à la télé ensuite. Avant de plonger dans la série, je les ai même regardés de nouveau. Puis j’ai encore ri. Les punchs sont vraiment bons. C’est super bien foutu. Étant donné que Patrick revenait au centre du projet, j’avais confiance en la continuité. Notre nouveau Martin Ward est formidable. Henry Czerny est vraiment extraordinaire.
Oui, c’est bouleversant d’avoir perdu Colm Feore, mais je pense qu’en deux secondes, les gens vont s’attacher à Henry. Le tour est joué. Puis la façon dont ils ont amené ça, je trouve ça tellement drôle. Quand ils disent : « Est-ce que t’as changé tes cheveux ? » — « Ah non, c’est la moustache. » C’est tellement assumé. C’est drôle et vraiment bien amené.
Nathan Jean-Huard (Elliot)
Parle-moi de ton expérience sur le plateau de Bon cop Bad cop.
C’était incroyablement le fun. On est allés à plein d’endroits différents. J’ai rencontré plein de monde différent. J’ai vécu vraiment beaucoup d’expériences trippantes sur le plateau de tournage.
J’ai aussi aidé à déplacer des affaires et j’en ai appris davantage sur comment ça fonctionne derrière la caméra, autant qu’en avant. Je trouvais ça vraiment unique comme expérience, surtout de vivre ça avec mes parents, mais aussi avec plein de gens que je ne connaissais pas et que j’ai appris à connaître. Ce sont vraiment des personnes amusantes avec qui être.
Est-ce que tu as seulement tourné des scènes dans le voisinage du personnage de ton père ?
Je n’ai pas fait d’autres scènes à part celles dans le voisinage de Patrick, mais j’étais là pour les autres scènes aussi, même quand je ne jouais pas dedans.
Présente-moi ton personnage.
Mon personnage s’appelle Elliot. C’est un gars de Montréal, un adolescent de 13-14 ans. C’est pas mal le seul ami de David, parce qu’il ne traverse pas la meilleure période de sa vie. Ils deviennent donc amis dans le quartier, ils jouent au basket ensemble et ils deviennent pas mal chummies.
Est-ce que c’est vrai que tu es meilleur au basketball que ton père ?
Je pense que oui.


Tu as sûrement déjà visité d’autres plateaux de tournage de ton père, comme Fear Factor Célébrités ou Lol: Qui Rira Le Dernier. Est-ce que tu avais aussi été sur celui de La Tour ?
Oui, j’en ai fait une coupe. J’ai été dans quelques épisodes de La Tour. À part Bon cop, c’est probablement le projet où j’ai le plus été présent, que ce soit dans la loge, sur le plateau ou même littéralement devant la caméra.
J’ai souvent suivi mon père. Je suis allé à Fear Factor aussi. Ma mère a également participé à La Tour, mais le vrai projet familial, c’était Bon cop Bad cop.
Qu’est-ce que tu retiens de toute cette expérience ?
Qu’il ne faut jamais abandonner. Il faut toujours continuer à pousser parce que, même si la route est difficile, le résultat à la fin vaut tout au monde.
Est-ce que tu aimerais devenir acteur ?
Acteur, ça m’intéresse vraiment beaucoup. L’improvisation aussi. Tout ce qui touche à l’art m’intéresse énormément. Clairement, je pense que c’est dans mon destin de rester dans ce domaine-là. J’aime vraiment ça.
Distribution & Invités
Notons la présence de Henry Czerny, Viviane Audet, Robin Joël Cool, Joshua Odjick, Tim Rozon, Anik Jean, Podz, Olivier Dion, Rita Baga, Barbada, Christophe Bogaerts, Tommy Lee Salvas, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques, Jean Bui, Jeremie Jacob, Jessica Larsen, Jay Lefebvre, Ricardo Larrivée, Patricia Paquin, Sami Landry, Tom-Eliot Girard, Noovo Info, Eva Lamontagne, Bérénice Tardif, Sam-Eloi Girard et bien d’autres.














































Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
