Billy Talent et Alexisonfire ont ramené les amateurs de rock canadien 20 ans en arrière lors de leur passage au Centre Bell le 17 juillet 2026, dans le cadre d’une soirée spéciale célébrant les anniversaires de deux albums marquants de leur carrière. Pour cette rencontre unique en formule de co-tête d’affiche, Billy Talent a revisité Billy Talent II tandis qu’Alexisonfire a interprété Crisis, deux œuvres parues en 2006 qui ont contribué à définir l’identité de la scène punk et post-hardcore canadienne.
Notez bien : Les chansons des deux albums ont été interprétées dans leur ordre original. Ne cherchez donc pas d’analyse sur le rythme ou l’enchaînement des morceaux : les groupes ont simplement respecté la séquence originale des albums. Ce n’est qu’au moment du rappel que Billy Talent et Alexisonfire sont sortis de ce cadre en offrant quelques incontournables de leur répertoire.
Autre note : Plusieurs membres de l’industrie culturelle québécoise ont assisté au spectacle. J’ai notamment croisé Matt Lang, Étienne Joly et Jessy Fuchs.
20 ans plus tard, Billy Talent II n’a rien perdu de sa force
C’est au son d’un décompte remontant de 2026 à 2006, affiché sur l’écran géant, que Billy Talent a donné le coup d’envoi à la soirée. Le chanteur Benjamin Kowalewicz et ses comparses ont immédiatement frappé fort avec Devil in a Midnight Mass et Red Flag, deux pièces toujours présentes dans leurs spectacles réguliers. L’énergie est demeurée à son sommet avec This Suffering, une excellente chanson qui, malgré sa qualité, demeure l’une des plus sous-estimées du répertoire du groupe.
Le public était déjà bien réchauffé par la prestation d’Alexisonfire présentée un peu plus tôt. La transition s’est donc faite tout naturellement, autant dans les gradins que dans les mosh pits devant la scène, où l’intensité n’a jamais diminué.
Malheureusement, aucun effort particulier n’a été déployé du côté de la pyrotechnie. Le spectacle misait plutôt sur l’essentiel : la performance des musiciens, soutenue par un écran géant diffusant des visualizers et deux écrans latéraux présentant des images en direct. Parmi les visuels les plus marquants, on retrouvait notamment un porte-voix tirant la langue pendant Covered in Cowardice.
Au-delà de la mise en scène, c’est surtout la musique qui a retenu l’attention. En plus d’entendre l’incontournable Fallen Leaves, le public a eu droit à Surrender, une excellente chanson que le groupe n’interprète pas systématiquement en concert.
Un album toujours aussi marquant
Lors d’une interaction avec la foule, Kowalewicz a rappelé l’importance de Billy Talent II dans la carrière du groupe, tout en soulignant le plaisir de revenir jouer dans sa ville natale. Né à Pierrefonds avant de déménager en Ontario à l’âge de 11 ans, le chanteur entretient toujours un lien particulier avec Montréal, comme en témoignent les quelques mots en français qu’il a adressés au public.
Selon les statistiques de setlist.fm, Billy Talent II est l’album dont les chansons ont été le plus souvent interprétées par le groupe en spectacle jusqu’à aujourd’hui. Il faut toutefois relativiser ces chiffres, puisque la récente tournée anniversaire dédiée à l’album, à laquelle s’ajoute cette prestation spéciale avec Alexisonfire, influence forcément ces statistiques.
Une finale qui confirme la puissance du catalogue
Lors du rappel, Billy Talent a réénergisé la foule avec Rusted From the Rain. Les Ontariens ont tout donné avec Devil on My Shoulder, avant de conclure la soirée avec Viking Death March. Une grande partie du public a d’ailleurs commencé à quitter la salle au rythme de cette ultime chanson.
Durant Devil on My Shoulder, le chanteur a mentionné qu’il était un partisan des Maple Leafs de Toronto, mais que l’équipe avait été tellement décevante l’année dernière — manquant même les playoffs — qu’il s’était rallié aux Canadiens de Montréal lors des dernières séries.



























Avec Crisis, Alexisonfire déclenche le chaos dans le mosh pit
C’est avec un visualizer mystérieux en noir et blanc, plongé dans la noirceur, que le spectacle s’est ouvert. Une vidéo composée d’images d’actualité a ensuite été diffusée, avant que les musiciens d’Alexisonfire montent sur scène.
Comme introduction, la puissante Drunks, Lovers, Sinners and Saints a immédiatement activé et électrisé le parterre, qui s’est transformé en immense mosh pit dès les premières notes. La frénésie s’est maintenue toute la soirée, avec le mosh pit qui s’est même mué en circle pit par moments à la demande du chanteur George Pettit.
Les grands moments de Crisis repris en chœur par la foule
Le coup de tonnerre est évidemment arrivé avec l’interprétation de This Could Be Anywhere in the World et son célèbre refrain participatif : « City, this city is haunted; By ghosts (Ghosts) », alors que la foule reprenait en chœur chaque réponse avec le groupe.
Si ce n’était pas suffisant, le public a remis ça en accompagnant Pettit et Dallas Green sur We Are the Sound, reprenant avec eux cette phrase devenue un autre moment de communion avec la foule.
Un hommage à Gared O’Donnell avant de conclure Crisis
La chanson You Burn First a été dédiée à la mémoire de Gared O’Donnell (1976-2021), chanteur de Planes Mistaken for Stars, qui était la voix invitée sur la version originale. C’est Wade MacNeil, vêtu de son grand costume blanc rendant hommage à Leonard Cohen, qui a interprété sa portion vocale sur scène.
Pour conclure la portion dédiée à l’album Crisis, les musiciens ont présenté la mystérieuse Rough Hands, qui semblait littéralement sortir des pénombres.
Les classiques d’Alexisonfire pour une finale explosive
En rappel, pourquoi ne pas offrir la chanson la plus électrisante, à mon humble avis, de leur répertoire avec la seule et unique Accidents. Après avoir proposé une chanson de leur récent opus, soit Sweet Dreams of Otherness, les musiciens ont conclu leur prestation avec la solide Young Cardinals.



















Verdict
20 ans après leur sortie, Billy Talent II et Crisis démontrent encore leur capacité à rassembler une génération d’amateurs de rock canadien. Cette soirée au Centre Bell aura permis de revisiter deux albums marquants tout en rappelant pourquoi ces groupes occupent toujours une place importante dans le paysage musical.
Liste de chansons (de Billy Talent)
- Devil in a Midnight Mass
- Red Flag
- This Suffering
- Worker Bees
- Pins and Needles
- Fallen Leaves
- Where Is the Line?
- Covered in Cowardice
- Surrender
- The Navy Song
- Perfect World
- Sympathy
- Burn the Evidence
- Rusted From the Rain *début du rappel*
- Reckless Paradise
- Devil on My Shoulder
- Viking Death March
Liste de chansons (de Alexisonfire)
- Drunks, Lovers, Sinners and Saints
- This Could Be Anywhere in the World
- Mailbox Arson
- Boiled Frogs
- We Are the Sound
- You Burn First
- We Are the End
- Crisis
- Keep It on Wax
- To a Friend
- Rough Hands
- Accidents *début du rappel*
- Sweet Dreams of Otherness
- Young Cardinals

Frédéric Lebeuf | Journaliste
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
