Lors de l’annonce du lancement des deux nouvelles chaînes numériques en continu sur ICI TOU.TV, Arthur L’aventurier et Ludivine Reding ont été présentés comme les porte-paroles de la chaîne Jeunesse et de la chaîne L’Agent Jean!, respectivement. Nous nous sommes entretenus avec eux lors du lancement tenu à la Maison de Radio-Canada le 27 octobre.



Ludivine Reding
Comment te sens-tu d’être le porte-parole de la chaîne L’Agent Jean ?
Je suis super honorée qu’on me l’ait demandé. Ça fait quatre ans que je travaille sur ce projet-là. J’ai une super belle relation avec Happy Camper, qui produit Mini-Jean et Mini-Bulle, ainsi qu’avec Radio-Canada. Je travaille chez Radio-Canada depuis plusieurs années maintenant, donc j’ai une très belle relation avec tout le monde. Quand on m’a proposé d’être porte-parole, j’ai trouvé que c’était une belle marque de confiance. J’avais envie de participer à ça, et je trouve que c’est une super initiative. C’est une initiative très importante, parce qu’on a besoin de se tourner vers le numérique, là où les jeunes sont. On ne veut pas les perdre, ces jeunes-là. Ils manquaient juste un peu d’outils, je crois.
Maintenant, on a cette chaîne-là qui rend l’accès au contenu d’ici beaucoup plus facile. Je pense que les parents pourraient plus facilement se tourner vers cette option plutôt que vers les grands compétiteurs internationaux comme Netflix. Sur cette chaîne-là, le contenu est de qualité. Il est pensé pour les enfants. Il n’y a pas de publicité. Quoi de mieux que ça ?
Comme tu disais lors de la conférence de dévoilement, on ne t’identifie pas nécessairement à ton personnage. Aujourd’hui, beaucoup vont apprendre que c’est toi qui fais la voix de Mini-Jean.
C’est ça qui est beau avec le doublage. C’est un métier qui se fait dans l’ombre. Tu incarnes des personnages et les gens ne savent pas forcément que c’est toi qui leur donnes vie, parce que le but, c’est de donner ta voix à un personnage. Mais ce n’est pas moi, c’est Mini-Jean. Je lui donne son identité en m’amusant avec ma voix, en m’amusant avec ma création. Les gens sont parfois surpris. Il y a plein de monde qui me dit qu’ils ne savaient pas que c’était moi. Le but, c’est qu’on ne me reconnaisse pas.
Les voix des jeunes garçons sont régulièrement faites par des filles, non?
Pas tout le temps. Beaucoup de gens ont auditionné. J’avais auditionné pour Mini-Bulle à la base. Finalement, je pense qu’ils ne trouvaient pas leur Mini-Jean. Mon père (Sébastien Reding) a même auditionné pour Mini-Jean, c’est drôle ! Finalement, ils se sont dits : « On aimerait entendre Ludivine sur Mini-Jean. » Je n’avais jamais fait de voix de petit garçon. Je me disais que je ne pouvais pas le faire. Finalement, je l’ai fait, et j’ai eu le rôle. C’est un des plus beaux projets en voix que j’ai faits dans ma vie, surtout au niveau de la création.[…] Quand on fait des ateliers avec les jeunes, ils ne comprennent pas le concept de doublage. Ils me voient, moi qui fais la voix de Mini-Jean, et on leur apprend des choses. C’est vraiment génial
Est-ce que vous allez régulièrement à la rencontre du public comme dans un Salon du livre ?
Lauriane S. Thibodeau et moi, on fait un atelier avec les personnages. On n’est pas comme Alex A à son kiosque où les jeunes font la file. Nous, les jeunes viennent pour un événement. Tous les jeunes sont assis et on lit un épisode devant eux avec nos voix respectives. Lauriane fait Mini-Bulle, moi Mini-Jean. Ensuite, on fait un atelier interactif où les jeunes viennent en avant pour lire les autres personnages connexes comme Eva ou Henry. On leur pose des questions. Ils sont super allumés et vifs d’esprit. Ils adorent ça. On fait ces ateliers au Salon du livre, pendant la semaine de relâche, et aussi dans des cinémas. On regarde des épisodes avec eux. Ce sont vraiment de beaux moments.


Est-ce que tu as l’impression de mettre du Ludivine même si ce n’est pas ta vraie voix, le même sexe, etc. ?
Évidemment que je mets de moi et de mes expériences. Je suis une grande consommatrice de dessins animés, alors je mets un peu de tout mon bagage de ce que j’ai aimé. Quand on reçoit les textes, ils sont sur papier. Pour nous, il s’agit de les mettre à l’oral. Je mets beaucoup de ma créativité et de comment j’imagine Mini-Jean. Plein de choses que Mini-Jean dit ou fait viennent de moi. Quand il fait « hop hop hop », avant de dire certaines choses, c’est moi qui ai rajouté ça. La musique aussi, on l’a créée nous-mêmes. C’est le fun, parce que ça fait quatre ans qu’on ramène toutes ces choses-là. Ça crée une identité propre au personnage, et c’est vraiment génial.
Est-ce que vous sentez que votre premier public fait encore partie de votre public ?
Je pense que oui. Bien sûr, à un moment donné, tu vieillis et tu écoutes un peu moins les émissions. Mais c’est fou à quel point l’univers de L’Agent Jean et de Mini-Jean traversent les générations. Mon frère (Godefroy Reding), qui a 25 ans, lisait L’Agent Jean quand il était jeune. Même s’il ne lit plus maintenant, les jeunes d’aujourd’hui lisent encore ce que mon frère lisait quand il était petit — il y a 12 ans ! C’est impressionnant. C’est ça qui est beau avec cet univers : ça traverse les époques et ça n’a pas de date de péremption. Toutes les nouvelles générations de jeunes embarquent dans cette aventure-là. C’est sans fin, au final.
Comme toutes les émissions de la chaîne Jeunesse sont animées, sauf Arthur L’aventurier, dirais‑tu que le phénomène du doublage est cool et pourquoi le considères‑tu comme un art à part entière ?
C’est génial ! Il y a plein d’artistes à la télé qui aimeraient faire du doublage. C’est vraiment un monde à part. Les gens qui font du doublage ne sont pas ceux qui n’ont pas réussi à la télé. Au contraire, le doublage, c’est un talent en soi. C’est un art. Il y a plein de professionnels qui en ont fait leur métier. Ce n’est pas par défaut, parce qu’ils n’ont pas réussi à la télé. C’est une passion. Il faut continuer à chérir et respecter cet art, parce que ça demande beaucoup de talent, et aussi de l’intelligence émotionnelle, pour reproduire ce que l’acteur original fait. Pour moi, c’est ma passion numéro un. C’est comme ça que j’ai commencé mon métier d’actrice, et je n’arrêterai ça pour rien au monde. J’espère que ça va continuer.
C’était quoi ton premier rôle de doublage ?
Je pense que c’était un petit rôle dans un film qui s’appelait Sylvia. Je jouais une petite fille qui mettait des paquets de cadeaux sous le sapin. J’avais 7 ans. Après ça, j’ai continué à en faire beaucoup, et je suis rendue à plus de 200 films en doublage.
Arthur L’aventurier
Comment te sens-tu d’être le porte-parole de la chaîne Jeunesse ?
Je trouve ça super cool. C’est un beau privilège et je me sens vraiment honoré de représenter la chaîne Jeunesse. C’est un grand moment dans l’histoire de la jeunesse de pouvoir faire rayonner des contenus, autant des productions actuelles que d’anciens contenus. Je me promène un peu partout dans le monde, alors de voir que l’aventure au Costa Rica, qu’on a faite en 2015, va revivre à travers une nouvelle cohorte de jeunes — ou que ce soit l’aventure en Australie ou en Afrique — je trouve ça le fun. Ça donne une deuxième vie à des contenus super intéressants qu’on a faits, mais qui parfois finissent par disparaître avec la cohorte qui a trippé dessus. C’est vraiment le fun, et ce sont des contenus qui demeurent très actuels.
Je trouve intéressant que Radio-Canada puisse rebrasser tout ça et le montrer à une nouvelle génération d’enfants. Ce sont des contenus intemporels, je te dirais même un peu magiques, comme quand on était dans les Rocheuses en 2019 et qu’Arthur a vécu une aventure avec Tom le cowboy pour faire découvrir cette région canadienne.
Tu as un tournage prévu à l’hiver, pourrais-tu m’en parler ?
En janvier, on s’en va filmer dans le parc national du Serengeti, en Tanzanie, en Afrique, pour une série originale de 15 épisodes de 22 minutes qui va s’appeler Les Africanimaux d’Arthur L’aventurier. C’est le fun, parce qu’on va faire une série télé, mais aussi du contenu web. Tant qu’à être là, on va enregistrer des balados, des making-of, plein de matériel complémentaire. On sera dans une tente en plein milieu du parc du Serengeti, pendant la plus grande migration d’animaux sauvages de la planète — il y aura environ 2,5 millions d’animaux autour de nous !
Ça va faire du super beau contenu à mettre, entre autres, sur la chaîne jeunesse, pour que les gens puissent voir parfois le côté « undercover » ou le « making of » de comment se fait une émission d’Arthur. « Ils sont-tu là pour vrai ? Ils filment-tu sur un écran vert ou ils sont vraiment sur le terrain ? » Les gens vont voir que oui, on est vraiment là pour vrai. On est dans les jeeps, les éléphants sont là, les lions aussi, et il arrive toutes sortes de choses. C’est vraiment du live action, et c’est ce que je veux continuer à faire. Aujourd’hui, on a beaucoup parlé de bande dessinée et de dessin animé, mais Arthur L’aventurier, c’est vraiment du live action. Je veux poursuivre dans cette veine-là.


Est-ce qu’il y a un animal que tu as vraiment hâte de voir dans ton voyage en Afrique ?
C’est sûr que le lion mâle, avec sa grande crinière, c’est quelque chose ! Il faut dire que j’étais déjà allé dans le Serengeti en 2013 pour tourner un film d’Arthur, donc j’ai déjà vu pas mal d’affaires. Je me souviens, quand j’ai vu le fameux « roi lion », comme dans les films de Disney, ça a été un coup de cœur incroyable, parce que, mon Dieu, c’est impressionnant. Il y en avait un juste à côté de moi ! Je m’en souviendrai toujours : j’étais sur le toit du jeep, à quelques mètres d’un lion mâle, et tu sentais toute la prestance et la puissance de cet animal-là. J’avais été bien impressionné.
Mais aussi les girafes ! Un matin, en 2013, on s’est levés et il y en avait trois dans notre campement. Tu ouvres la porte de ta tente et tu tombes nez à nez avec trois girafes en train de brouter. C’est malade, parce qu’on est vraiment sur le terrain, pas dans un studio. Tout se filme directement là-bas. J’ai bien hâte d’y retourner.
Quand tu parlais de live action précédemment, est-ce que tu envisages d’incorporer du contenu filmé avec un cellulaire, qui peut parfois être un outil d’enregistrement plus rapide qu’une caméra professionnelle ?
Tu as une bonne vision de la patente, parce que Radio-Canada m’a demandé de faire aussi du contenu destiné aux adultes, aux parents, pour le numérique — et oui, avec des cellulaires. Parce que, des fois, tu as bien raison, c’est lourd de filmer avec des caméras professionnelles. On peut manquer des moments inusités.
Je me rappelle, en 2013, je m’étais levé un matin et il y avait une maman lion couchée en plein milieu du campement. Si ça arrive encore, c’est sûr que je vais sortir mon cellulaire ! Ça fait vraiment de la télé live, peut-être plus pour les adultes, qui vont apprécier ça. On ne veut pas briser l’imaginaire des enfants, mais ça va être cool. On va essayer de capturer du vrai, du spontané, parce qu’il se passe tellement d’affaires inusitées !
Je me souviens aussi d’une fois où on est arrivés dans un stationnement à l’entrée du parc du Serengeti. Le preneur de son était assis dans le camion, et le guide nous avait dit : « Fermez vos fenêtres, parce qu’il y a de la nourriture, et les babouins vont entrer dans le truck si elles restent ouvertes. » Il y a un gars qui n’a pas écouté… et un babouin est rentré ! Il a sauté sur le preneur de son, attrapé un sac de chips, repassé sur lui et est ressorti ! Si j’avais eu mon cellulaire à ce moment-là, je l’aurais filmé. C’était tellement inusité, et ce sont des choses qu’on ne voit pas toujours dans les émissions.
Pourquoi écouter la chaîne Jeunesse ?
Parce que, justement, c’est un contenu présélectionné par la direction des émissions jeunesse de Radio-Canada. Il n’y a pas de publicité, c’est 24 heures sur 24. Vos enfants ne sont pas exposés à autre chose que du contenu choisi soigneusement. Alors, honnêtement, je ne vois pas pourquoi on ne leur laisserait pas écouter ça.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
