Trois soirs au MTelus les 8, 10 et 11 avril, la salle idéale pour les spectacles emblématiques avec une charge émotive intense. La salle était archipleine de 2 300 fans de tous les âges qui se collaient pour crier, chanter et danser avec Zaho de Sagazan.
En première partie, le véritable architecte sonore Christian Sean, avec ses musiciens, a ouvert la soirée en nous emportant sur des beats sentis, laissant présager un moment fort de musique alternative.
Puis, l’hypersensible Zaho de Sagazan, 25 ans, avec une voix de sylphide, descendue d’un au-delà mystérieux, apparaît gracieuse à son piano pour nous enchanter autant par des moments de douce rêverie que des rythmes électro-pop. Les notes sonnent comme des cloches de campagne qui nous transportent dans un ailleurs devenu accessible. Zaho nous amène dans son sillon: elle est AVEC nous, presque en nous…
On ressent son génie et son authenticité tout le long du show, elle se livre naturellement avec toute son énergie et son talent rare. Elle parle de ses faiblesses et de ses rêves à chaque rencontre, de l’amitié qui est essentielle à la confiance. On peut dire qu’elle frappe fort, car elle parle vrai et ses compositions musicales sont touchantes. Sachant qu’elle a déjà été, pendant un an, « auxiliaire de vie » pour des personnes âgées en perte d’autonomie dans un EHPAD (CHSLD l’équivalent au Québec), on observe une grande humanité dans tout ce qui maintenant la porte dans son expression artistique.
Par surcroît, son corps devient céleste en bougeant, elle cristallise son art en occupant la scène, l’air lui appartient quand elle caresse l’esprit du vent. Ayant plusieurs années de danse à son crédit, son expression scénique est enrichie de ses gestes qui captivent sous les projecteurs bien synchronisés pour créer la surprise.


La dynamique avec ses musiciens est palpable. Rémi, Simon, et Tom sont solidaires dans la dynamique et la gestuelle, ils participent en feignant avec Zaho de tous tomber par terre pour finaliser la pièce Ô travers! La salle est en délire d’applaudissements.
Ses prestations mémorables au Festival de Cannes et lors des Jeux olympiques de Paris en 2024 en interprétant avec son aplomb et sa sincérité désarmante Modern Love de David Bowie et aussi Sous le ciel de Paris d’Édith Piaf… seront longtemps visibles sur YouTube.
Bref, Zaho nous apprend à accepter son hypersensibilité comme salvatrice et créatrice. Tant qu’à pleurer, aussi bien pleurer sur et avec son piano. Et voilà, son art la soigne et nous aide aussi à vivre et à rêver.

Michel Jolicoeur | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : @matthis_vandermeulen & Zoe Joubert
